Les vertus d’une agence des transports

L’Agence des transports aurait comme mission d’assumer la gestion des actifs routiers et de réaliser la planification et l’exécution des travaux routiers et des infrastructures. Elle jouerait un rôle majeur dans l’activité économique du Québec
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’Agence des transports aurait comme mission d’assumer la gestion des actifs routiers et de réaliser la planification et l’exécution des travaux routiers et des infrastructures. Elle jouerait un rôle majeur dans l’activité économique du Québec

Comme toutes les citoyennes et tous les citoyens du Québec, mais d’autant plus à titre de ministre des Transports et des Affaires municipales […], j’ai été irrité d’apprendre que, selon l’analyse de SECOR-KPMG parue récemment, il y aurait eu une augmentation moyenne de 78 % des coûts d’une vingtaine de projets d’infrastructures publiques majeurs par rapport à leur estimation initiale. Cette donnée ne fait que me convaincre davantage de la nécessité de créer l’Agence des transports. Dans cet esprit, je considère important de faire part à la population, sous réserve des pouvoirs et des privilèges de l’Assemblée nationale […], de ma vision à l’égard de la mise en place d’un tel organisme.

À l’instar de nombreuses autres initiatives de notre gouvernement, […] la création d’une Agence est une réponse forte à une situation inquiétante. Ni la population du Québec ni notre gouvernement ne sauraient tolérer davantage de dépassements de coûts et de risques de collusion dans la réalisation des projets !


Par ailleurs, je constate qu’au fil des ans, l’expertise du ministère des Transports a été affaiblie par des départs à la retraite compensés par le recours au secteur privé. Dans une telle perspective, le retour de cette expertise au sein d’une future Agence des transports s’avère prioritaire afin de renforcer le savoir-faire de l’État.


Sa mission


L’Agence aurait comme mission, d’une part, d’assumer la gestion des actifs routiers et, d’autre part, de réaliser la planification et l’exécution des travaux routiers et des infrastructures, de leur conception jusqu’à leur mise en service, et ce, de l’appel d’offres à la coupure du ruban !


Par son déploiement dans toutes les régions, elle jouerait un rôle majeur dans l’activité économique du Québec. En ce sens, elle garantirait le maintien d’emplois de qualité en région et protégerait les acquis et les droits du personnel du ministère des Transports qui lui serait assigné.


Une culture de la vigilance serait également instaurée. L’Agence se doterait de règles de gestion, de processus de vérification et de suivi ainsi que d’un système de reddition de comptes rigoureux avec les plus hauts standards éthiques auxquels la population est en droit de s’attendre d’un organisme public.


De plus, issue d’une vision des transports du XXIe siècle, l’Agence s’appuierait sur une structure de gouvernance performante, responsable et autonome, relevant d’un conseil d’administration indépendant, et placerait tous les usagers de la route au coeur de sa mission.


Cela permettrait également plus d’efficacité et d’efficience, le tout dans le respect des objectifs du gouvernement au plan économique, budgétaire, social et environnemental. En redonnant une plus grande expertise professionnelle au sein de l’État, cela contribuera à redonner confiance aux citoyens en matière d’intégrité institutionnelle des organismes publics.


Je tiens à préciser que, parallèlement aux activités de l’Agence, le ministère des Transports continuerait d’agir comme un acteur de premier plan pour doter le Québec d’une vision intégrée des transports, améliorer la mobilité durable et définir les orientations qui en découlent. Il va de soi que le ministère conserverait ses mandats liés aux volets législatif et réglementaire.


Sa mise en oeuvre


Dès mon arrivée en poste, j’ai confié aux responsables du ministère des Transports le mandat de définir les balises permettant d’instituer une agence. Mon intention est de présenter un projet de loi créant cet organisme tôt en 2013. Dans la mesure où l’Assemblée acceptera d’en être saisie, la création et la mise en place éventuelles de cette agence devront faire l’objet d’échanges ouverts et constructifs […].


Tout au long de cette démarche, je ferai preuve de transparence et d’ouverture avec l’objectif d’assurer, le cas échéant, une transition harmonieuse et réussie vers ce nouveau modèle de gouvernance aussi important que souhaitable. Sachez que je le ferai dans le plus grand respect des employés du ministère et surtout au bénéfice du Québec. Il est plus que temps que les Québécois redeviennent fiers de ce qui a été pendant longtemps un fleuron de notre société, soit la réalisation de grands projets d’infrastructure.

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Sylvain Gaudreault - Ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire

5 commentaires
  • Charles F. Labrecque - Inscrit 1 décembre 2012 08 h 39

    Grande idée de l'avenir.

    Monsieur le ministre je tiens à vous félicitez pour votre conception intelligente du transport chez nous. A cette idée n'oubliez pas d'y greffer le transport en commun qui doit faire parti intégral au transport partout sur le territoire. Cependant à mon avis la plus grande difficulté que vous aurez à faire face ce sera l'assurance et prévu dans la loi, que les nominations du personnel seront axent de toutes influences politiques. Si non se sera à recommencer.

  • Gaston Carmichael - Inscrit 1 décembre 2012 09 h 20

    Il faur réparer la roue, plutôt que d'en créer une cinquième

    "Une culture de la vigilance serait également instaurée. L’Agence se doterait de règles de gestion, de processus de vérification et de suivi ainsi que d’un système de reddition de comptes rigoureux avec les plus hauts standards éthiques auxquels la population est en droit de s’attendre d’un organisme public."

    Est-ce à dire que vous avez renoncé à imposer ces beaux principes au Ministère des Transports?

    Allons-nous créer une nouvelle structure pour chaque problème rencontré? Dans quelques années, on va sans doute découvrir que cette agence et le MdesT sont en concurrence, et se marchent sur les pieds.

    Il est peut-être nécessaire de brasser la cage au MdesT, mais je suis loin d'être convaincu que cela passe par la création d'une nouvelle agence. C'est sans doute la solution la plus facile, qui nous évite d'avoir à affronter le problème (et la bureaucratie en place) de façon frontale.

  • Richard Laroche - Inscrit 1 décembre 2012 11 h 54

    L'illusoire indépendance des CA

    Rien ne saurait représenter l'intérêt public dans la confidentialité.

    C'est donc sous prétexte de protéger le pouvoir exécutif d'une partisanerie rongée par le corporatisme que vous le confiez à un tiers.

    Une agence soit-disant "indépendante" dont le conseil d'administration serait choisi par le gouvernement. Et quand nous aurons la liste des heureux membres de ce CA, il suffira de suivre les tentacules et de voir quels sont leurs intérêts, dans quelles autres organisations ils sont impliqués et dans quels porte-feuilles ont-ils des parts.

    Donc une agence qui représenterait l'intérêt des membres du CA, comme Hydro-Québec en fait. On sait ce que ça donne ces agences avec un CA au service des holdings d'énergies fossiles, avec le dossier d'Anticosti, de l'auto électrique et de la production d'hydrogène.

    En ces temps où la confiance n'est plus aveugle, il faudrait cesser de faire des acroires. Le seule chose à laquelle sert une "agence" versus un ministère, c'est d'éloigner le pouvoir exécutif des élus et de la surveillance du Public en rendant opaque sa structure, derrière une prétendue indépendance.

    Privatisez ou pas, mais assumez. Créer un oligopole déguisé en Agence indépendante n'aidera en rien. Ce que vous allez faire, ce n'est pas d'augmenter l'efficacité, mais seulement de mieux dissimuler l'abberrant. Tant qu'à moi, privatiser les routes et les infrastructures serait mieux car alors le Ministère pourrait réellement réguler un marché LIBRE. Sinon, ouvrez votre ministère, assumez les erreurs et laissez l'oeil public et la critique motiver la performance.

    Je le répète: rien ne saurait représenter l'intérêt public dans la confidentialité.

  • Jean Lengellé - Inscrit 1 décembre 2012 14 h 11

    Bel aveu d'impuissance!

    Quand on est confronté à un problème qu'on ne saurait résoudre, la sempiternelle solution est bien évidemment la création d'un comité, ou dans le cas concret d'une agence, nouveau terme, et donc qui devrait pogner!.
    Aurait-on oublié la vieille histoire suivante?
    Qu'est-ce qu'un rhinocéros?
    C'est une souris, conçue par un comité ou une agence!
    Visiblement, le ministre a peur de son ombre et cherche d'avance quelqu'un à blamer en cas d'échec!
    Attendez que je me souvienne...
    N'est-ce pas ce même Ministère des transports qui a si longtemps refusé les photo-radars sur les routes? C'était alors, nous disait-on, pour la protection non pas de la vie des citoyens, mais de la "vie privée" des chauffards et des soulons, sans doute plus importante que d'être "privé de vie" par les irresponsables en question.
    Encore un autre qui n'est pas plus crédible que ses nombreux prédécesseurs!

  • Bernard Moffett - Inscrit 1 décembre 2012 16 h 06

    Du rez-de-chaussée au soubassement?

    M. Gaudreault, vous avez peut-être raison, mais n'est-ce pas avouer l'échec de la chose publique que d'avoir à retirer des mains du parlement le gouvernement directe des supposés biens du peuple. Je dis 'supposé' parceque votre démarche comme l'indique votre texte, "Dès mon arrivée en poste, j’ai confié aux responsables..." peut conduire comme par réflexe et atavisme-1867 à une autre kyrielle de gestes 'de gouvernement de nobliaux' avec discours, harangues, négotiations et tutti quanti sans qu'au préalable on ait daigné lancer la discussion dans l'espace publique, la vraie, pas celle truquée d'avance et réservée qu'aux intéressés experts. Comprennez-moi bien. D'avoir à seulement penser que l'aspect critique de mon propos pourrait ẽtre récupéré par la bande d'ilotes des neuf dernières années me rend malade. Identifiez bien les problèmes avant de bouger et faites en sorte que nous soyons certain de votre bonne compréhension. Vous dites: " il y aurait eu une augmentation moyenne de 78 %". 'Il y aurait'. Vous en êtes donc pas certain? Rapido-presto, retranchez le cornichonnesque supposé 30% des 'faux frais à bord' de votre 78% et on en est toujours à 48%! Votre agence, est-ce une autre trappe à caser une myriade d'indéfinissables 'garanties de qualité' carburant aux 150K$ et + pour tasser les 'décriés' syndicats? Surprenant et Leclerc, n'ont-ils-pas été plus facilement épinglés parcequ'ils se trouvaient encore dans la 'zone radar' du public, la zone plus 'visible'?
    Pour ma part je crois qu'une révision du droit public serait plus appropriée que la découpe sélective. La vermine s'est infiltrée par la tuyauterie des pouvoirs discrétionaires et des différentes prérogatives laissés au corps ministériel. Frapper la tête en premier. D'abord séparer nettement le législatif de l'exécutif et du judiciaire pour mieux laissé l'état visible des fenêtres du rez-de-chaussée, on risque un bien meilleur résultat global que de tout enfouir au sousbassement.