Le premier budget Marceau - «La responsabilité conjuguée à l’ambition»

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, est applaudi pendant son discours du budget à l’Assemblée nationale.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, est applaudi pendant son discours du budget à l’Assemblée nationale.

Voici quelques extraits du discours sur le budget du ministre des Finances du gouvernement Marois.

Depuis 1976, les gouvernements successifs du Parti québécois ont été animés par une même ambition : faire progresser le Québec. […] C’est […] un gouvernement du Parti québécois qui, en 1998-1999, et ce, pour la première fois dans l’histoire du Québec moderne, a atteint l’équilibre budgétaire. Et c’est encore un gouvernement du Parti québécois qui redresse aujourd’hui nos finances pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2013-2014.


[…]


L’ancien gouvernement [avait] abandonné tout sens des responsabilités à cet égard. Ce budget vise d’abord et avant tout à redresser nos finances publiques en équilibrant le budget et en réduisant le poids de notre dette.


Malgré une situation difficile, nous commençons déjà à remplir les engagements de notre gouvernement. Nous le faisons dans la mesure de nos moyens, de façon prudente et en ciblant nos priorités. Une fois la situation rétablie, nous pourrons accélérer la réalisation de nos engagements. […]


Un gouvernement proche des familles


Le gouvernement améliorera le sort des familles. Le budget permettra de restaurer une justice fiscale essentielle au bon fonctionnement de notre société. Les familles de la classe moyenne, qui peinent à boucler leur fin de mois, verront donc leur fardeau financier diminuer.


En contrepartie, l’État exigera des plus fortunés d’entre nous un effort supplémentaire. Nous demanderons également plus d’efforts aux banques et aux autres institutions financières.


Dans la mesure de ses moyens, le gouvernement aidera également les parents de jeunes enfants, ces familles qui bâtissent au quotidien l’avenir de la nation québécoise.


Nous allons continuer d’investir en santé, en éducation et en culture.


Miser sur l’investissement privé


Le contexte mondial demeure difficile et incertain, ce qui ralentit notre économie. Le gouvernement prévoit, pour le Québec, une croissance économique de 0,9 % en 2012 et de 1,5 % en 2013. C’est insuffisant. Il nous faut donc agir pour stimuler notre économie en misant sur les investissements privés.


Depuis des années, la croissance de l’économie québécoise repose en effet beaucoup trop sur les dépenses publiques et l’endettement. L’utilisation de la carte de crédit de l’État donne l’illusion de la prospérité. Mais il s’agit d’une illusion dangereuse qui, à terme, mène à l’appauvrissement.


D’ailleurs, malgré l’ampleur des dépenses publiques, notre économie tourne au ralenti. Il devient donc urgent de changer de direction, de reprendre la route de l’investissement privé pour accélérer la croissance.


Le gouvernement est déterminé à agir avec force pour attirer des investissements stratégiques majeurs qui paveront la voie à l’enrichissement durable de tous les Québécois.


Un gouvernement responsable


Cette capacité que nous avons collectivement de nous entraider et de prospérer dépend de la rigueur avec laquelle nous administrons l’argent qui nous est confié par des millions de Québécois. Il y a là une grande responsabilité, l’exigence que chaque dollar soit dépensé au mieux. Je veux insister sur l’exigence d’intégrité, qui guide l’ensemble de l’action gouvernementale. Cette exigence s’applique aussi à la vision économique du gouvernement.


La lutte contre la corruption et la collusion est à la base d’une économie saine, transparente et attrayante pour les investisseurs. Un climat d’affaires propice aux investissements exige des moeurs politiques irréprochables. Les règles d’attribution des contrats publics doivent être claires et s’appliquer à tous, de façon équitable.


L’irresponsabilité libérale


J’ai été secoué par la réalité que j’ai découverte en prenant connaissance de l’état des finances publiques dont nous avons hérité. Le précédent gouvernement n’a tout simplement pas agi de manière responsable. Nous pouvons le regretter, mais cela ne nous fait pas avancer. Il faut plutôt nous retrousser les manches et agir avec fermeté et célérité. Tous les ministères et organismes sont déjà à l’oeuvre pour combler le manque à gagner de 1,6 milliard de dollars de l’année financière en cours.


Nous avons également constaté que les dépenses effrénées des dernières années en infrastructures nous rattrapent. Le gouvernement précédent nous laisse un lourd héritage. Cette année, pour la première fois de notre histoire, le service de la dette a franchi le cap des 10 milliards de dollars. Il accapare une portion de plus en plus grande des dépenses de l’État et celles-ci deviennent de moins en moins soutenables.


En outre, sous l’ancien gouvernement, la gestion des projets d’infrastructures comportait des lacunes importantes qui ont mené à des explosions de coûts. L’écart entre les revenus et les dépenses s’élargissait dangereusement pour les prochaines années.


Il fallait redresser la situation sans attendre. Malgré tout, nous gardons le cap sur les cibles que nous nous sommes fixées. J’annonce que le budget sera équilibré en 2013-2014 et les années suivantes. L’équilibre budgétaire nous donnera un avantage marqué. C’est ce qui nous différencie de nos prédécesseurs, la responsabilité conjuguée à l’ambition.


La souveraineté


Nous faisons le maximum avec les moyens qui nous sont impartis, mais nous pourrons aller beaucoup plus loin en disposant de tous les moyens d’un pays souverain. La fiscalité, par exemple, est un outil puissant. En la contrôlant entièrement, nos mesures pour stimuler l’investissement privé seront d’autant plus performantes. L’élimination des nombreux doublons administratifs entre Québec et Ottawa permettra d’économiser des milliards de dollars et d’alléger considérablement le fardeau réglementaire et administratif pour tous.

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Nicolas Marceau - Ministre des Finances du gouvernement du Québec

3 commentaires
  • André Giasson - Inscrit 21 novembre 2012 08 h 50

    Les intentions

    C`est quand meme extraordinaire que j`apprenne les intentions du gouvernement par une lettre du ministre ce matin.Comme j`ai l`impression que les liberaux de Justin tentent de me recuperer dans l`espoir d`usurper notre identite encore une fois,je devrai disparaitre encore jusqu`a mon retour qui ne saurais tarder.
    Je sais que j`ai manque le discour d`hier mais les analyses bien que souvent objectives laissent peu de place pour comprendre l'intention.Il faut croire que la pedagogie de masse jouera un role majeur au cour des prochains mois.J`ai bien hate au printemps.

    Andre bientot du Quebec.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 21 novembre 2012 08 h 52

    Vieille rengaine

    C'est la faute à mon prédécesseur. On entend cela depuis trente ans. Il faudrait peut-être dire, plutôt, suite à son arrivée au gouvernement: "J'ai enfin compris" grâce aux explications du ministère des Finances.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 21 novembre 2012 11 h 59

      Et grace aux medias tellement "objectifs",aux explications tellement "logiques"des ex du gouvernements en attendant ou entendant ce que la Comm.Charbonneau nous montre et montrera et que dire du rapport Secur.....