«Un homme sans ambitions personnelles»

Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec

Mon dernier contact, ç’a été une semaine avant sa mort, parce qu’il m’avait invité chez lui avec mon épouse, Louise Beaudoin et François Dorlot. On a eu un dîner remarquable, où Lévesque a réaffirmé ses convictions indépendantistes. Mais, par ailleurs, on sentait bien qu’il commençait à être éteint. Il parlait plus lentement, il avait de la difficulté. […]

Il faut retenir de René Lévesque son exemple inspirant. C’était un homme extrêmement intelligent et cultivé. Il avait tout lu, en français et en anglais. Deuxièmement, c’était un homme d’une honnêteté absolue qui n’avait pas d’ambitions personnelles. […]

Troisièmement, c’était un communicateur extraordinaire. C’est pour ça qu’il avait choisi le métier de journaliste. Une des phrases qu’il prononçait le plus souvent dans ce temps-là, c’était : « Être informé, c’est être libre. » […] Et, enfin, c’était un des premiers internationalistes québécois. Il était fasciné par l’international. Il suivait tout ce qui se passait en Russie, en Algérie, partout. Sans compter un charme indéfinissable qui s’est exercé de toutes les manières. […]

Quand Lévesque a fondé le Parti québécois, les indépendantistes étaient dans la marginalité. Si Lévesque s’était fié aux sondages, il n’aurait pas fondé le Parti québécois. Ce n’était pas un homme de sondages, c’était un homme de courage. […]

Les deux plus grands hommes politiques de notre histoire, ce sont Louis-Joseph Papineau et René Lévesque. Les deux voulaient l’indépendance du Québec.

Propos recueillis par Robert Dutrisac
Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec

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