Sommet de Kinshasa - Utiliser le festif pour promouvoir le français

Le XIVe Sommet de la francophonie s’est déroulé en octobre dernier.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Le XIVe Sommet de la francophonie s’est déroulé en octobre dernier.

Le XIVe Sommet de la francophonie s’est tenu en République démocratique du Congo en ce mois d’octobre 2012. J’ai lu attentivement les actes publiés, plus particulièrement le chapitre consacré à la Politique intégrée de promotion de la langue française. J’observe que le constat proposé insiste sur le fait que « la mise en valeur de la langue va au-delà de sa simple promotion dans les moyens d’information et de communication » (article 6, Valoriser l’usage de la langue française) dans un monde, où, est-il précisé, « les médias, l’audiovisuel et l’univers numérique influencent de plus en plus fortement la vie quotidienne des citoyens ».

La production d’une cérémonie comme celle que l’Association des trophées francophones projette de créer répond tout à fait à ce constat et forge concrètement un outil de promotion qui illustrera avec éclat la place du français face à la domination de l’anglais (laquelle est soulignée de façon récurrente dans les autres sections de ce chapitre).


Un des enjeux, est-il mentionné, est de « véhiculer une image moderne et positive de la langue française », ce que la tenue d’un gala télévisé reprenant les formes qui font la réussite de galas similaires nationaux permet de toute évidence. Construire un dispositif qui récompense les meilleurs films et artisans du cinéma francophone lors d’une émission télédiffusée à l’échelle de la planète répond à cet enjeu. En mettant en valeur les talents formidables et l’incroyable richesse des cinématographies francophones à travers le monde, on comble un manque mis en évidence par les rédacteurs du chapitre. Ils insistent également sur la mobilisation des grands instruments culturels - ce qui est le cas lorsqu’un de nos partenaires comme TV5 Monde nous apporte son soutien - pour servir cette ambition de rendre encore plus visible et attirante l’utilisation du français dans l’espace culturel international.

 

Objectif visé


Deux des objectifs prioritaires énoncés sont « d’assurer la présence du français dans des programmes populaires, intéressant des pans larges de la population », et de « mobiliser les médias francophones pour une meilleure communication à destination des grands publics sur les actions et manifestations de la Francophonie ». C’est exactement ce que l’Association des trophées francophones, que j’ai l’honneur de présider, se propose de faire avec la cérémonie.


Ce moment festif, mettant en scène un plateau de vedettes internationales de renom et une production qui allie différentes facettes de l’expression culturelle francophone issues de tous les horizons, répond à cette volonté de rejoindre les publics les plus variés qui ont la langue française en partage tout en attirant un coup de projecteur sur la vitalité du septième art.


De plus, comme nos règlements le stipulent, nous réservons une place de finaliste dans chaque catégorie aux représentants des films en provenance du pays hôte de la cérémonie, ce qui garantit la présence d’artistes et d’artisans nationaux. Cette présence favorisera la mise en valeur de la cinématographie d’un pays différent chaque année et, par conséquent, aura un effet d’attraction auprès du public local tout en offrant une réelle possibilité que les finalistes de ces pays gagnent un prix.

 

Favoriser des initiatives


Mentionnant que les acteurs de la francophonie institutionnelle, s’ils sont indispensables à la réalisation concrète des objectifs envisagés, doivent s’assurer « que les États et gouvernements de la Francophonie définissent des stratégies nationales volontaristes, ambitieuses et coordonnées de promotion de la langue française », les conclusions de ce texte appellent à une implication accrue des puissances politiques.


Comme activité exemplaire, le Forum de la langue française qui s’est tenu à Québec en juillet 2012 est salué comme une initiative remarquable et mobilisatrice à la fois des professionnels et des intellectuels ainsi que des représentants de la société civile. Ce rapprochement est un gage de dynamisme et de succès dans la promotion du français au sein des populations francophones.


Il est donc souhaitable que les institutions publiques, dans la mesure de leurs moyens, puissent aider et favoriser les initiatives comme la nôtre afin d’accorder leurs politiques de promotion du français aux objectifs entérinés par le Sommet. Il y va d’une certaine cohérence dans la démonstration que ces grands événements qui rassemblent les chefs d’États et de gouvernements sont l’impulsion vers des opérations de promotion de la langue française.


Un gala télévisé qui met en lice des cinéastes, acteurs, techniciens du cinéma francophone permet précisément de créer cet espace de promotion et tisse un lien étroit entre les publics de tous les pays et le cinéma dont la puissance de séduction et d’attraction est souvent tributaire de la domination de l’anglais. Dans cette optique, toute fenêtre qui ouvre sur l’expression de créateurs francophones est un atout qui satisfait, me semble-t-il, aux attentes exprimées lors du Sommet de Kinshasa. Les Trophées francophones du cinéma viennent à point nommé pour remplir ce rôle qui, je n’en doute pas, sera bien plus qu’un rôle de soutien.