Financement des partis politiques - Ensemble, entreprenons le ménage!

Les récentes allégations entendues notamment à la commission Charbonneau, lors du témoignage de Lino Zambito, ont entaché la réputation de la classe politique de tous les ordres.
Photo: - Le Devoir Les récentes allégations entendues notamment à la commission Charbonneau, lors du témoignage de Lino Zambito, ont entaché la réputation de la classe politique de tous les ordres.

Rarement a-t-on eu, dans l’histoire du Québec, une si belle occasion de démontrer la volonté de la classe politique tout entière d’assainir le financement des partis politiques que maintenant. Le gouvernement du Québec entend déposer en effet dès la rentrée parlementaire un projet de loi sur cette question conformément à l’engagement pris lors de la dernière campagne électorale.

Le Parti québécois proposait notamment comme mesure de limiter à 100 $ le maximum des contributions populaires en éliminant le crédit d’impôt qui y est rattaché.


Les économies ainsi générées seraient transférées aux partis politiques en fonction des résultats obtenus lors des élections. Une mesure à coût nul qui éliminerait les contributions intéressées et qui accorderait le financement des partis politiques à la volonté démocratique des Québécois telle qu’exprimée au scrutin.


À titre de ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, j’invite les délégués du Parti libéral du Québec (PLQ), réunis en conseil ce dimanche, à interpeller leurs élus afin qu’ils appuient notre mesure. Je vous invite à donner un coup d’épaule et à travailler avec nous afin de regagner la confiance de la population que trop de révélations scabreuses ont entamée ces dernières années.


Redorer l’image du PLQ


Le PLQ est un grand parti québécois qui a contribué de manière extraordinaire à faire avancer notre nation. Il suffit de penser aux gouvernements de Jean Lesage ou de Robert Bourassa qui nous ont donné le ministère de l’Éducation, la nationalisation de l’électricité ou l’assurance maladie, pour ne nommer que quelques réalisations. Il est temps pour vous, libéraux, de redorer l’image de votre parti et l’adhésion de vos élus à un financement des partis politiques, tel que nous le proposons, permettra de rétablir les ponts avec la population québécoise.

 

Unanimité espérée


La Coalition avenir Québec a indiqué qu’elle était favorable à une telle mesure et il n’y a pas lieu de croire que Québec solidaire s’y opposerait. Nous pouvons donc d’ores et déjà espérer que ce principe obtiendrait une majorité d’appuis à l’Assemblée nationale, mais notre ambition n’est pas une majorité. Nous aspirons à l’unanimité sur cette question.


Unissons-nous et entreprenons tous ensemble le grand ménage des pratiques politiques québécoises en commençant par mettre un terme à l’influence des grands collecteurs de fonds.


Les récentes allégations que nous avons entendues notamment à la commission Charbonneau ont entaché la réputation de la classe politique de tous les ordres. Soyons clairs, financer un parti politique qui correspond à nos valeurs, à notre façon de voir les choses, à nos aspirations, est un geste profondément démocratique. C’est une façon de montrer un appui tangible à une cause et, au Parti québécois, nous avons le plus sincère respect pour ces femmes et ces hommes qui soutiennent de façon désintéressée, simplement par conviction, leur option.


Fin du système des prête-noms


Nous proposons donc de casser le système des prête-noms, de mettre fin à l’influence des grands collecteurs de fonds qui donnent en échange de considérations futures et de permettre aux citoyens de continuer à appuyer financièrement le parti politique de leur choix.


Déjà, deux de vos candidats à la chefferie, MM. Jean David et Philippe Couillard, se sont dits en accord avec ce principe. Permettez-moi, délégués du PLQ, de vous demander de persuader vos élus et, en particulier, votre chef intérimaire, M. Jean-Marc Fournier, et les candidats à la chefferie, MM. Raymond Bachand et Pierre Moreau, de suivre leur exemple et commencer, avec nous du gouvernement du Québec, la réparation des pots cassés. Bon conseil général.

À voir en vidéo