Gentilly-2 - La fin de la saga nucléaire québécoise

Quand Hydro-Québec s’est lancée dans la construction de Gentilly-2 en 1973, les modèles standards à eau lourde avaient déjà fait leurs preuves, notamment à la centrale de Pickering, en Ontario (ci-dessus).
Photo: La Presse canadienne (photo) Frank Gunn Quand Hydro-Québec s’est lancée dans la construction de Gentilly-2 en 1973, les modèles standards à eau lourde avaient déjà fait leurs preuves, notamment à la centrale de Pickering, en Ontario (ci-dessus).

L'annonce récente de la fermeture de la centrale Gentilly-2 à la fin de l’année 2012 marque la fin de la saga nucléaire québécoise qui avait débuté cinquante ans plus tôt. C’est en effet en 1963 qu’Hydro-Québec avait repris contact avec Énergie atomique du Canada limitée (EACL), société de la Couronne responsable depuis le début des années 1950 de la promotion et du développement nucléaire au pays.


Après avoir convaincu l’Ontario de se lancer dans cette aventure qui incarnait alors le «progrès» - la construction du réacteur de Douglas Point ayant été décidée en 1959 -, EACL avait intérêt à enrôler aussi le Québec si elle voulait s’assurer que le marché de l’électricité d’origine nucléaire soit pancanadien. De son côté, Hydro-Québec ne voulait pas passer à côté de ce que les discours dominants des années 1950 et 1960 présentaient comme l’énergie de l’avenir. Et les politiciens sont toujours très sensibles aux discours sur les dangers d’être « en retard » sur quelque chose…


Au moment où Hydro-Québec commence à s’intéresser au nucléaire, les ingénieurs d’EACL planchent justement sur un nouveau prototype qui devait diminuer les coûts de construction et de fonctionnement. Alors que les centrales ontariennes fonctionnent avec de l’eau lourde dans le coeur du réacteur (pour ralentir les neutrons) et dans le système de transport de la chaleur produite (le caloporteur), le nouveau modèle envisagé et proposé au Québec utiliserait de l’eau légère comme caloporteur.


En principe cela diminuerait les coûts de façon significative, car l’eau lourde est un produit très coûteux. Hydro-Québec saute alors sur l’occasion de développer une filière nouvelle et de former au Québec des experts dans le domaine nucléaire : c’est le projet Gentilly-1, signé en 1965.

 

Un optimisme technologique démesuré


On oublie souvent de noter que, contrairement au réacteur de Douglas Point, celui retenu pour Gentilly-1 était expérimental et n’existait encore que sur papier, alors que Douglas Point avait eu comme prédécesseur le prototype NPD (Nuclear Power Development). En 1965, de nombreux tests restent donc à faire pour fixer tous les paramètres et se feront en parallèle de la construction.


En théorie, ce réacteur de 250 mégawatts électriques (MWe) serait ensuite développé pour atteindre 500MWe, échelle correspondant mieux aux besoins du marché. Or, on découvre en 1967 que le paramètre qui caractérise la stabilité du réacteur (le coefficient de réactivité du vide) est beaucoup plus élevé que prévu, ce qui le rend instable et élimine la possibilité qu’il puisse fonctionner à haute puissance.


EACL abandonne donc l’idée de construire des réacteurs de type Gentilly-1 de 500MWe, ce qui condamne ce modèle à eau légère. On décide tout de même de terminer la construction pour compléter la courbe d’apprentissage sur ce prototype. Les problèmes avec Gentilly-1 se multiplient lorsque, en 1971, EACL doit vider le réacteur de son contenu d’eau lourde, alors en pénurie, pour l’utiliser dans les centrales ontariennes jugées prioritaires. En 1973, Hydro-Québec s’engage tout de même à construire une autre centrale nucléaire, Gentilly-2, mais en utilisant le modèle standard à eau lourde qui a fait ses preuves en Ontario avec Pickering.

 

Contraire aux prévisions


Les opposants aux centrales nucléaires se sont surtout concentrés sur les questions de santé, de sécurité et d’entreposage des déchets radioactifs. Mais il est aussi important de souligner que la promotion des centrales nucléaires a reposé sur un optimisme technologique et une confiance à toute épreuve dans des prévisions de croissance à long terme qui font aujourd’hui sourire.


Or, non seulement Gentilly-1 s’est avérée, contrairement aux prévisions, trop instable pour avoir un avenir, mais la croissance prévue de la demande d’électricité fut également erronée, car fondée sur des extrapolations optimistes sur un quart de siècle, comme si l’avenir n’était que l’extrapolation à peu près linéaire du présent.


Ainsi, en 1975 Hydro-Québec prévoyait un taux de croissance annuel moyen de la demande de 7,5 % jusqu’en l’an 2000. À un tel rythme, le complexe de barrages de La Grande, une fois terminé au milieu des années 1980 n’aurait plus suffi et il aurait fallu construire un réacteur nucléaire par an entre 1980 et 1985, deux par année entre 1990 et 1995 et trois par an entre 1995 et 2000 !


À la fin de cette période, l’électricité d’origine nucléaire aurait compté pour le tiers de l’énergie électrique produite en 2000, au lieu du maigre 2 % actuel. Bien sûr, les crises de l’énergie de 1973 et de 1979 ont changé radicalement la donne et rendu certains experts moins naïfs quant à la valeur des prévisions sur plus de dix ans.

 

Une technologie rigide et complexe


Étant donné l’incertitude inhérente au futur, il est important de tenir compte de la rigidité plus ou moins grande des choix technologiques. Or, une caractéristique importante de l’industrie nucléaire est qu’elle est très rigide : non seulement il faut une décennie pour construire un réacteur, mais il y a très peu de standardisation et chaque construction est en quelque sorte unique.


Il est alors très difficile de prédire les coûts de construction et les dépassements sont la norme et non l’exception. Non seulement les deux centrales Gentilly ont coûté beaucoup plus que prévu, mais l’usine de Laprade, qui devait être construite pour répondre à la demande d’eau lourde, a elle aussi, vu ses coûts de construction augmenter en flèche alors même que la « demande » prévue ne se matérialisait pas. Le gouvernement Trudeau a d’ailleurs dû faire marche arrière et annuler la construction de l’usine à la fin des années 1970.

 

Choisir la flexibilité technologique


Cette rigidité intrinsèque a des conséquences importantes : pendant la longue période de construction, la demande d’électricité peut varier en raison de crises économiques imprévues ou de changements culturels (prise de conscience de l’importance des économies d’énergie). Or, si un réacteur à moitié construit ne sert à rien, imaginons-en plusieurs en chantier comme le faisait Hydro-Québec en 1975 !


Pour bien saisir le sens de cette rigidité technologique, il suffit de comparer le nucléaire à l’éolien, aux mini-centrales hydrauliques ou encore à l’énergie solaire pour des maisons individuelles. Ces technologies sont moins complexes et plus flexibles : un plan de développement peut s’adapter plus facilement aux fluctuations de la demande et l’ajout de nouvelles éoliennes ou de surfaces solaires sur des maisons peut se faire de façon continue et de façon décentralisée. Aussi, les mises à niveau sont facilement prévisibles pour ces technologies stabilisées, alors que le nucléaire demeure assez imprévisible : on le voit avec les coûts de réparation des centrales qui augmente sans cesse, car l’expérience acquise est peu transmissible et chaque rénovation est en fait assez unique, comme d’ailleurs chaque construction. Sans compter les problèmes de gestion des déchets radioactifs.


Contrairement à d’autres pays, le Québec n’a aucune raison de continuer d’investir dans une technologie qui, après un demi-siècle, n’a pas encore réussi à se «routiniser». En annonçant la fin du nucléaire au Québec, le gouvernement de Pauline Marois a pris une décision rationnelle et courageuse. Tant pour des raisons économiques, de précaution que de planification, mieux vaut miser sur des technologies flexibles qui peuvent s’adapter en cas de révisions des prévisions de croissance.


En ce sens, l’hydroélectricité, associée à l’éolien et au développement de l’énergie solaire, devrait suffire pour répondre à la demande d’énergie. Surtout si l’on fait la promotion de technologies et de pratiques culturelles qui permettent de minimiser la consommation d’électricité.

***
 

Yves Gingras - Chercheur au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie de l’UQAM

37 commentaires
  • Gabriel Claveau - Inscrit 15 octobre 2012 02 h 17

    Pourquoi la demande d’énergie n’a pas suivi la courbe

    Pourquoi la demande d’énergie n’a pas suivi la courbe ?

    C’est que la « culture » dont parle l'article est en faite celle d’un empire d’exploitation nommé mondialisation financière. Voilà le secret.

    C’est à cause du néolibéralisme mondialisé. Dans les faites nous sommes entrés en décroissance de l’économie réelle productive depuis le milieux des années 70. Mais la nouvelle façon de calculer le PIB, qui fait passer l’accumulation de capitaux comme une croissance de la richesse, a permis de camoufler l’appauvrissement réel par l’augmentation de la dette. C’est la magie du monétarisme.

    Dans les faits nous sommes pratiquement devenus une société post-industrielle parasitaire. Comme jamais dans l’histoire, nous sommes totalement incapables de tenir notre niveau de vie par nous même. Sans les milliers de travailleurs asiatique, traité comme du bétail humain par le soin de nos multinationales (soutenue par nos fonds de retraites), jamais ont n’aurait le niveau de vie actuelle.

    C’est les mégafabriques de misère de la Chine et de l’Asie du Sud-est qui s’occupe d’ une bonne partie de la création des utilités (et futilité) pour l’occident aujourd’hui. Voilà pourquoi ont consomme moins d'énergie.

    Au lieu d'avoir investie dans l'industrie et la technologie, ont a investie dans l’exploitation de la misère humaine. C’est aussi simple que ça.

    Alors, soit on accepte la décroissance massive de l'occident soit ont assume le progrès de l’économie réel par la science, la technologie et la créativité humaine.

    On ne pourra pas continuer longtemps à garder notre niveau de vie sur l’exploitation des pays de sud tous en se désindustrialisant plus. Nous devons assumer la réalité et faire un choix du coeur et de la raison pour le meilleur des mondes possibles. La raison et le coeur doivent reprendre le pouvoir sur la civilisation contre l'égoisme et la prédation actuelle. C'est une urgence mondiale.

    • Jean Lépine - Inscrit 15 octobre 2012 09 h 45

      Monsieur Claveau.
      Vous faites un résumé clair des thèmes essentiels qui doivent nous préoccuper tous. Ce résumé est certainement le résultat de nombreuses lectures. Les thèmes de décroissance, de développement durable, des inégalités...de l'économie "verte"
      me préoccupent...Auriez-vous des lectures à me (nous) conseller?
      Salutations.
      Jean Lépine_Québec

    • France Marcotte - Abonnée 15 octobre 2012 10 h 32

      «C’est les mégafabriques de misère de la Chine et de l’Asie du Sud-est qui s’occupe d’ une bonne partie de la création des utilités (et futilité) pour l’occident aujourd’hui. Voilà pourquoi ont consomme moins d'énergie.»

      Donc, sans ces «futilités», qu'elles soient fabriquées ici ou ailleurs, on consommerait tout de même moins d'énergie.

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 octobre 2012 18 h 23

      Je ne sais pas quels sont vos sources mais votre façon de présenter votre vision des choses est extrêmement intéressante. Bravo continuez à nous alimenter par vos commentaires.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 octobre 2012 10 h 16

      Même si la fermeture de G2 demeure une bonne décision, cela ne nous empêche pas de revoir les conditions d'exploitation de l'éolien. En ce sens, les interventions de Mm. Savard et Arès ont leur mérite en nous incitant à le faire.

      Les coûts d'exploitation de l'éolien sont-ils trop élevés? Si oui, cela dépend-il de la technologie elle-même ou bien est-ce parce que nous faisons des cadeaux injustifiés au privé dans les ententes d'exploitation avec celui-ci? Ne serait-il pas préférable d'exploiter nous-mêmes cette énergie si cela peut être rentable en le faisant de cette manière?

  • Catherine Paquet - Abonnée 15 octobre 2012 05 h 47

    Curieuse précaution...

    On affirme à répétition que ce serait Hydro-Québec qui a pris toutes les décisions au sujet de la construction des cenrales de Gentilly (sans doute pour éviter d'attribuer au PQ certaines décisionns essentielles pourtant prises par le PQ) et on souligne cependant que c'est le gouvernement de Pauline Marois qui prendrait la seule bonne décision, celle de fermer ces mêmes centrales.

    • André Chevalier - Abonné 15 octobre 2012 09 h 16

      Monsieur Paquet vous faites preuve de mauvaise foi et de partisanerie aveugle.

      Les décisions qui pouvaient être justifiables à l'époque concernant la construction des centrales de Gentilly ont été prises bien avant l'élection du Parti Québécois en 1976, sous un gouvernement libéral.

    • lawrence desrosiers - Inscrit 15 octobre 2012 09 h 16

      M Paquet, le contrat de GEntily 1 a été signé en 1965 et celui de Gentily 2 en 1973, soit 3 ans avant que le PQ prenne le pouvoir pour la première fois. Le deux signatures se sont faites lorsque le PLQ formait le gouvernement.

    • Claude Smith - Abonné 15 octobre 2012 09 h 19

      Évidemment, il fallait s'attendre à ce que vous faisiez porter au PQ la responsabilité des déboires du nucléaire. Je ne sais pas si je réussis à comprendre votre propos ou vos contorsions. Je me pose la question à savoir ce que le PQ a à voir avec la contruction des centrales de Gentilly alors qu'il n'existait même pas en 1965.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 octobre 2012 10 h 17

      Le PLQ a bel et bien fait preuve de courage politique en décidant de fermer Gentilly 2 (G2). Ni le PLQ ni la CAQ n’avaient parlé de fermer G2) ou d’annuler sa réfection durant la dernière campagne électorale. Cette fermeture est au programme du PQ depuis 2009. Même encore maintenant, le PLQ et la CAQ font du chichi quant à la décision de fermer G2! De plus, le gouvernement Charest avait été avisé par Hydro-Québec (HQ) de ce que la réfection de G2 était un gouffre financier.

      Quant au fait d’attribuer les décisions de construire G1 et G2 à HQ plutôt qu’au gouvernement, l’auteur ménage ainsi davantage le PLQ que le PQ car ces décisions ont été prises en 1965 et en 1973, sous deux gouvernement libéraux. Peut-être qu’à ces époques, ces décisions étaient vues comme des décisions techniques relevant totalement d’HQ alors qu’aujourd’hui, elles sont davantage perçues comme étant politiques.

    • Bernard Terreault - Abonné 15 octobre 2012 10 h 24

      Quand en 1973 la décision a été prise de construire Gentilly-2 les libéraux étaient au pouvoir. Mais le PQ, c'est vrai, était d'accord, car le nucléaire c'était "le progrès". En 2012, on en sait plus, et c'était la bonne décision à prendre pour le Québec (mais probablement pas pour d'autres pays). Et je pense cela même si j'ai été physicien nucléaire de formation et physicien "généraliste" de profession.

    • Yves Gingras - Abonné 15 octobre 2012 11 h 02

      L'espace a manqué pour toutes ces nuances mais notez que Gentilly-2 a été commandé sous le gouvernement de Robert Bourassa et que c'est sous le gouvernement du Parti québécois qu'un moratoire sur le nucléaire a été décidé en 1977. Les libéraux de Jean Charest voulaient la réfection de Gentilly-2 tout en sachant que les coûs étaient exhorbitants. Le PQ a été cohérent en annonçant la fermeture. Donc c'est le PQ qui depuis 1977 a été le plus cohérent dans sa démarche. Il est vrai, par contre, qu'il était pour le nucléaire entre 1970 et 1975. Comme tout monde d'ailleurs, mais après 1976 il a compris les limites de cette source d'énergie.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 octobre 2012 13 h 46

      Monsieur Gingras, vous qualifiez d'exorbitant les coûts de la réfection de Gentilly 2.

      Pourtant les parcs éoliens en construction ont des coûts du même ordre de grandeur pour le même nombre de TWH promis d'être livré chaque année.

      L'éolien est donc «a coût exorbitant»?

    • Raymond Labelle - Abonné 15 octobre 2012 15 h 16

      À M. Arès. Si l'éolien était exploité directement par Hydro-Québec même, une fois amorti le coût d'une éolienne et du terrain sur lequel elle se trouve et à partir de ce moment, le coût de production d'électricité devient très bas (entretien) et le produit de la vente de l'électricité presque un pur profit.

      Quant au nucléaire, une fois amorti le coût d'une centrale, il faut faire une réfection qui coûte les yeux de la tête pour continuer à l'utiliser - sinon généralement, du moins dans le cas de G2, dont je ne suis pas sûr que même les coûts de construction soient amortis.

      Peut-être que le régime de propriété actuel de l'éolien est problématique: HQ assume les coûts de la construction pour le privé qui, une fois la construction amortie, empoche le produit de la vente pour de l'électricité produite à bas coûts. HQ pourra-t-il alors exiger une baisse de prix? Le privé pourra-t-il exporter au prix de son choix à volonté? Je l’ignore.

      De toute façon, il est très clair que l'hydroélectricité produite ici l'est à coût beaucoup moindre que celle produite par G2 et cela suffit à prendre la décision quant à G2.

      Et même dans l'hypothèse où l'éolien serait mal exploité, une mauvaise décision est moins pire que deux mauvaises décisions ou encore, une mauvaise décision ne corrige pas nécessairement une autre mauvaise décision.

    • Georges Washington - Inscrit 15 octobre 2012 21 h 01

      M. Labelle,

      «...si l'éolien était exploité par HQ...» Mais il ne l'est pas.

      Deuxième chose, le coût des parcs doit être amorti sur environ 25 ans si j'en juge par les tarifs et la durée des contrats que HQ signe avec les propriétaires des parcs. Après 25 ans, quel sera le coût d'entretien de ces éoliennes? Je doute beaucoup qu'il sera très bas. Par contre, le kWh au prix du marché sera probablement au prix que HQ le paie aujourd'hui aux exploitants.

      Troisième chose, personne ne peut prédire quel sera le coût de la prochaine réfection de Gentilly-2. Il pourrait être beaucoup plus bas que maintenant. La technologie nucléaire continue d'évoluer, elle n'est pas figée dans le temps. Il est vrai que le choix obligé du Candu vs une technologie étrangère a probablement joué en défaveur de Gentilly-2. Maintenant, rien ne dit que le futur sera le même. Si le nucléaire est plutôt stagnant au Canada, ce n'est pas le cas ailleurs dans le monde et les filières évoluent. Personne n'en tient compte semble-t-il.

      Même les méthodes de traitement et reconditionnement des déchets évoluent. D'autres pays sont beaucoup plus contraints que le Canada à ce niveau et ont donc des intérêts beaucoup plus grands de développer ces technologies, notamment la France, le Japon et l'Angleterre.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 octobre 2012 09 h 34

      M. Savard. Il serait intéressant de véritablement connaître le coût pour installer une éolienne - et le coût moyen d'un terrain. Il serait intéressant aussi de véritablement connaître les frais d'entretien une fois le coût amorti. Intuitivement, un peu comme pour les barrages hydroélectriques, j'ai l'impression que le gros du coût est dans la construction et qu'une fois la construction faite, il ne s'agit que d'entretenir à faible coût relatif.

      Je ne suis même pas sûr que l'amortissement corresponde à la durée des contrats et aux tarifs - il serait intéressant de connaître les données directes plutôt que de les déduire de ces contrats et tarifs.

      Il est également bon de savoir que si les coûts sont trop élevés, cela n'est pas attribuable à la technologie éolienne par elle-même, mais plutôt au mode de propriété et aux types d'ententes entre HQ et le privé.

      Quant au nucléaire, le débat change de perspective selon les circonstances, les lieux et les coûts estimés. Ici, la nucléaire n'est pas nécessaire à notre approvisionnement et les coûts obligeraient à exporter à perte, du moins si on procède par la voie de la réfection de G2. De plus, nous avons eu une expérience récente de réfection au Nouveau-Brunswick montrant l'explosion des coûts de réfection de ce type de centrale.

    • Georges Washington - Inscrit 16 octobre 2012 13 h 09

      M. Labelle,

      si HQ est prête à payer 12,5¢/kWh aux propriétaires de parcs éoliens, il est évident que si elle paie le même prix à un exploitant privé de Gentilly-2 elle n'aura pas de problème à trouver une acquéreur pour la centrale.

      Il serait peut-être intéressant d'avoir tous les détails que vous demandez, mais je ne pense pas que ça irait dans le sens que vous voulez. Lisez plutôt ceci: http://bit.ly/OTCgqu

      L'Allemagne commence déjà à rechigner sur le prix des énergies vertes en remplacement du nucléaire. Pourtant, le prix du kWh en Allemagne était déjà passablement plus élevé qu'ici.

      Toute cette attention dirigée vers Gentilly-2 alors que nous allons financer à coups de dizaines de milliards de dollars des propriétaires d'éoliennes. Je pense que ça s'appelle de la diversion.

      Je serais, moi aussi, très curieux d'avoir les noms qui se cachent derrière les propriétaires de parcs éoliens. Ça ressemble pas mal à l'arnaque du siècle pour ce qui me concerne.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 16 octobre 2012 13 h 33

      L'éolien coute au moins aussi cher que le nucléaire mais ne donne pas l'assurance de disponibilité du nucléaire ou de toutes autres formes de production ou l'on a le plein contrôle de l'instant de production.

      Le prix de l'éolien n'a rien de mystérieux et il est très facile a connaître. Il y a plein de pays ou il s'en installe des éoliennes et ce dans un marché tout a fait compétitif.

    • Pierre Paquin - Inscrit 16 octobre 2012 20 h 53

      Je regarde vos commentaires très interessant.
      Je ne suis pas nécessairement pour ou contre le nucléaire, mais avec un peu de recule, il faut admettre que toutes l’électricité du Québec repose sur l’hydro-électricité, vous avez probablement oublié le petit barrage qui a eu un problème au lac St-Jean qui as détruit un village complet, la petite maison blanche vous aideras surement a vous rappelez. La plupart des barrages du Québec sont aussi dus pour une réfection. C’est normal qu’a demi vie on restaure ces équipements. Tout ça pour dire que peux importe le type de production, il y a toujours un risque et je ne parle même pas de période de sécheresse d’été qui mettrait le Québec dans une très mauvaise position pour l’hiver. Pour ce qui est des éoliennes ça coûte encore plus cher que le nucléaire et si il n’y a pas de vent on est pas plus avancé…

      Si on met le même incident du verglas de la Montérégie sur les tours électriques qui partent du nord pour alimenter le Québec au complet, ça aurait été un vrai désastre. La central Nucléaire de Gentilly dans toutes sortes de situations permettrait au Québec d’être auto suffisant en cas de plusieurs type de situations d’urgence, je pense aussi qu’ il est très important de diversifier sa production d’énergie. Si Mme Marois et Hydro-québec jugent que ce n’est pas viable au niveau économique je comprend, mais je pense que la central est indispensable pour avoir une sécurité énergétique pour le Québec.
      Biensure Hydro-Québec n’est pas un constructeur, je comprend la réticence a vouloir faire une réfection. Mais des compagnie Ontarienne ont déclaré avoir fait des réfection pour moin de 2 milliards.
      La technologie Candu est la plus sécuritaire et en plus Canadienne, Candu vend ses réacteur partout dans le monde sans qu’il n’y ait aucun probleme.
      Fukushima n’était pas un Candu…
      Il existe actuellement environ 430 central nucléaire dans le monde dont environ 105 au États-Unis. Une Central nucléaire fonctionne beau temps, mauvais temps,

    • Raymond Labelle - Abonné 17 octobre 2012 09 h 46

      Quant au fait que l'éolien ne fonctionne pas sur demande et dépende des circonstances (le vent, quoi!), c'est justement là qu'il forme un très beau couple avec l'hydroélectricité. Lorsque l'éolienne fonctionne, on peut laisser l'eau monter dans le barrage, que l'on peut utiliser lorsque l'éolienne fonctionne moins ou pas. En fait, le barrage sert en quelque sorte à accumuler l'électricité pendant que l'éolienne fonctionne.

      Sur la question financière, nous pouvons remercier M. Savard de sonner l'alerte sur les conditions dans lesquelles est acquis l'éolien par HQ et, quant à ceci, on semble avoir les données. Ce que nous ne savons pas, ce sont les coûts qu'encourrait HQ et les revenus occasionné par l'éolien si HQ
      exploitait lui-même cette source d'énergie.

      Pour me prononcer avec la paix de l'esprit sur cette dernière question, ça me prendrait les renseignements suivants. Quelle est la durée de vie d'une éolienne? En vendant l'électricité de l'éolienne au prix moyen qu'elle se vend au Québec, combien cela prend-il de temps pour amortir le coût de la construction de ladite éolienne? Le terrain où se trouve l'éolienne est-il acheté ou loué - s'il est acheté, temps d'amortissement du coût du terrain et de l'éolienne, s'il est loué, coût récurrent. Une fois ce temps d'amortissement écoulé, quel est le coût de l'entretien - ce coût devient-il si petit que l'on tombe dans un cycle de rentabilité? Et pour combien de temps? À partir de quand l'entretien ne suffit plus et qu'une nouvelle éolienne doit être remplacée? Et le bilan final: quand cet ultime moment est arrivé (la mort de l'éolienne), l'éolienne aura coûté combien et aura rapporté combien, en supposant un prix de vente de l'électricité à son prix moyen?

    • Raymond Labelle - Abonné 17 octobre 2012 10 h 21

      Bonjour M. Savard. J’ai lu avec intérêt l’article que vous avez suggéré. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, il porte exclusivement sur la question des risques pour la santé de vivre près d’une centrale nucléaire – donc n’aborde pas la question des coûts, qui est une question différente. J’en ai compris ceci : il n’y a pas de preuve de relation de cause à effet entre le fait de vivre près d’une centrale et le fait d’avoir un risque plus grand de contracter la leucémie. Même quant à la corrélation entre ces deux phénomènes, certaines études concluent qu’il y en a une et d’autres pas. Même celles qui établissent une telle corrélation envisagent la possibilité de coïncidence et la possibilité que l’incidence plus grande de leucémie près des centrales puisse être attribuable à d’autres causes que la radioactivité. Il faut aussi ajouter aux mentions de cet article comme fait que le réacteur Candu de la centrale de Gentilly 2 émet de 20 à 30 fois plus de tritium (de la vapeur d’eau radioactive) que n’importe quel autre réacteur dans le monde, lesquels ont fait l’objet des études pré-mentionnées. Et enfin, que la population près de Gentilly est trop petite pour qu’il soit possible de faire une inférence statistique démontrant une relation de cause à effet entre la proximité de la centrale et la leucémie et ce, même si une telle relation existait effectivement.

      Je dirais que la science s’arrête là. Tous devraient s’entendre sur ce qui précède et reconnaître qu’à partir de là, le débat devient un débat de valeurs : sachant ceci, le risque en vaut-il la peine? Ce qui implique la connaisance d'autres faits variant d'un pays à l'autre: possibilités plus ou moins grandes d'obtenir l'énergie de d'autres sources, risques comparatifs avec les autres sources, et bien sûr, le coût économique (par exemple, d'autres faits pourraient être pertinents).

    • Georges Washington - Inscrit 18 octobre 2012 02 h 24

      M. Labelle,

      il y a erreur d'aiguillage sur mon lien précédent. Voici le lien que vous auriez dû lire: http://bit.ly/Ru8U2e

    • Raymond Labelle - Abonné 18 octobre 2012 10 h 15

      Bonjour M. Savard. J’ai bien lu l’intéressant article du Figaro de votre dernier lien. Je crois comprendre que cet article écrit qu’une grande partie du coût supplémentaire serait attribuable au raccordement et au transport des énergies renouvelables qui, parce que les installations devraient être installées dans le nord du pays (ici, l’Allemagne), l’électricité devrait être transportée vers le sud.

      Bien sûr, il faut tenir compte de ce que les conditions en Allemagne sont très différentes de celles du Québec. Une première question – nous transportons beaucoup de notre électricité souvent de très loin ici, de la Baie James, nous envisageons la Romaine, la Manic, etc. – et pourtant, le consommateur paie son électricité à un prix très bas ici, en tout cas comparé au reste de l’Amérique du nord. Or, dans le cas de l’Allemagne, transporter l’électricité du nord au sud sur des distances plus courtes qu’ici ferait exploser les coûts. Cela mérite explication (sans mettre en doute l'article).

      La dynamique du problème en Allemagne est peut-être très différente qu’ici. Le remplacement du nucléaire implique ne plus se servir de plusieurs centrales auxquelles il reste une longue vie active – ce qui est une sorte de gaspillage. . De plus, une grande partie de l’énergie est actuellement de source nucléaire en Allemagne – un remplacement a donc plus de conséquences et coûte plus cher. Ici, l’énergie de source nucléaire représente une fraction assez petite, de façon relative, de l’énergie totale produite – donc moins de conséquences quant à la fermeture de notre unique centrale nucléaire, laquelle est d'ailleurs en décrépitude.

      Aussi, rappelons-nous que l’éolien représente malgré tout une proportion assez petite de la production d’électricité au Québec, principalement de source hydroélectrique – et que c’est avec ce dernier type de production que la comparaison demeure plus pertinente pour évaluer les coûts relatifs de la réfection de G2.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 octobre 2012 10 h 47

      Bonjour M. Savard. Je suis encore habité par la lecture du lien précédent vers lequel vous m’avez involontairement dirigé.

      Je voudrais préciser le sens des mots « la science s’arrête là » dans mon intervention du 17 octobre, à 10h21. La science s’arrête là, maintenant – des découvertes futures sont possibles. Et s’arrête là, bien sûr précisément quant à la question des effets sur la santé de résider près d’une centrale nucléaire. Autre fait sur lequel tous s’entendent : il y a unanimité (en tout cas parmi les gens sérieux) qu’au-delà d’un certain seuil d’exposition aux radiations, le risque de cancer augmente – par exemple, je ne crois pas qu’il y ait de controverse sur le fait que les radiations soient la cause principale de l’augmentation de cancers chez les enfants de Tchernobyl durant une période donnée. Il y a controverse quant aux expositions en-deçà d’un certain seuil.

      J’ajouterais que, au nom même de l’esprit scientifique, il faut quand même rester critique. La lobotomie était supposément une excellente pratique d'après les plus nobles institutions. L'hystérectomie était proposée sans nécessité aux femmes en ménopause par les plus grands médecins pendant une longue période, etc. Et combien de temps a-t-il fallu pour arriver à la vérité sur les dangers de la cigarette, avec l'opposition de supposées autorités. On peut aussi se méfier lorsque beaucoup d'intérêts économiques sont en jeu.

      Vous m’avez quand même convaincu que le mode d’exploitation actuel de l’éolien (dévolution au privé dans le type précis d’ententes en vigueur) au Québec méritait révision.

    • Georges Washington - Inscrit 18 octobre 2012 14 h 27

      M. Labelle,

      lisez les études périodiques que HQ doit effectuer dans l'environnement autour de Gentilly-2 pour maintenir son permis d'exploitation de la centrale et vous verrez que le danger est inexistant. Cela fait 30 ans que la centrale est en fonction et il est impossible de démontrer une fréquence d'occurrence de cancer dans la population qui dépasse le bruit de fond statistique de l'ensemble de la population.

      Les doses mesurées sont nulles dans la plupart des cas et très minimes dans les autres cas, en tout cas, dans les mêmes marges que le régime de bananes qui trône dans votre épicerie. Sachez que vous émettez entre 6000 et 8000 Bq de radioactivité, laquelle est surtout concentré dans le potassium de votre organisme. Sachez qu'une banane seule émet 14 Bq. La radioactivité naturelle existe et est omniprésente. Les mesures autour de la centrale ne permettent pas de déceler un danger quelconque.

      Maintenant, dites-vous bien que si nous procédons au démantèlement de Gentilly-2, il faudra déplacer quelques tonnes de déchets radioactifs, qui eux, présentent un danger à travers le Québec pour aller le mettre je ne sais trop où. Que direz-vous quand HQ ou le gouvernement annoncera que la convoi doit passer dans votre cour? Ou qu'il lui faut traverser Montréal? Ou franchir le fleuve? Ou s'embarquer sur un cargo à destination de l'Inde?

      Les développements des filières nucléaires présentement permettent de croire qu'un retraitement des déchets sur place sera éventuellement possible. Le problème des déchets est beaucoup plus aigu ailleurs qu'ici et certains pays sont beaucoup plus motivés que nous de trouver des solutions, de retraiter le combustible, de lui donner une seconde vie, etc.

      Aussi, le Candu pourrait opérer au thorium qui produit beaucoup moins de déchets et des déchets moins nocifs.

      Je crois que le verdict populaire devrait être retenu dans le cas de Gentilly-2.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 octobre 2012 22 h 45

      Bonjour M. Savard. Je vais sérieusement considérer les éléments que vous soulevez sur le degré d'émission (et étudier la question).

      Quant au problème des déchets - il me semble que celui-ci devrait s'accentuer si la centrale ne ferme pas - ça ferait encore plus de déchets qu'il faudra entreposer quelque part et transporter vers ce quelque part.

  • Louis-Marie Poissant - Abonnée 15 octobre 2012 08 h 45

    Excellent article!

    C'est bien la première fois que j'ai une vue d'ensemble de ce dossier délicat et litigieux! Merci!

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 octobre 2012 18 h 33

      C'est vrai que cet article est excellent mais où sont les opposants au nucléaire quand il est temps de supporter le gouvernement dans cette décision. Pendant que les tenants du tout à l'économie manifestent à Bécancour ils sont absent du débat. Il faut aussi savoir être pour quelque chose que de manifester que lorsqu'on est contre. Sinon le gouvernement qui a le courage de poser de tels gestes n'aura d'autres choix que de reculer.

      Mobilisez-nous c'est urgent!!!!

  • Brigitte Blais - Inscrite 15 octobre 2012 09 h 01

    À retenir

    Merci pour ce cours d'histoire ! histoire qui semble se répéter dans plusieurs dossiers énergétiques. Là où il y a des hommes, il y a de l'hommerie...

  • France Marcotte - Abonnée 15 octobre 2012 10 h 07

    Coeur nucléaire des politiques

    Ce que je retiens surtout de cette saga, c'est que des décisions politiques qui touchent toute la population et pour longtemps peuvent être prises à partir de données pointues qui peuvent être erronnées ou trop optimistes et qui ne sont pas portées à la connaissance des électeurs à cause de leur complexité.

    On présente alors les projets aux électeurs sous un angle simplifié qui réduit alors la réalité des enjeux.

    Est-ce acceptable que des décisions d'intérêt général aient pour origine les cogitations d'un petit groupe d'initiés ou bien toutes les politiques devraient-elles être compréhensibles à la plupart des citoyens?