Lettre à la minorité révoltée - Connaissez-vous la majorité silencieuse?

Manifestants à Montréal, à la fin mai.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Manifestants à Montréal, à la fin mai.

Contrairement à ce que semblent croire les détracteurs du gouvernement libéral, la majorité silencieuse est, pour la plupart des gens, extrêmement politisée et consciente des enjeux actuels. Ce sont des gens de tous les jours, ces gens qui ont élu le Parti libéral en lui donnant une majorité, et qui plus est sont satisfaits du leadership de Jean Charest.


Sans risquer de lancer une comparaison irrespectueuse (comme ces « étudiants » qui ont osé comparer le combat des rebelles syriens au nôtre), je dirais que la situation actuelle ressemble à l’état de la religion islamiste à travers le monde ; bien que 99 % des musulmans soient pacifiques et ne désirent que la paix, le pourcentage restant, composé lui-même d’une minorité d’extrémistes violents, suffit à donner au reste du monde une image négative de tout ce qui touche de près ou de loin à l’islam. De même, jour après jour, l’on clame toutes sortes d’absurdités et d’insultes, aussi grossières qu’inappropriées envers M. Charest et ses libéraux. Comme le déplorerait John Stuart Mill, nous sommes en train d’assister à une minorité « tyrannisant » une majorité.

 

Pas tous les Québécois…


Ce ne sont pas tous les Québécois qui croient aux absurdes allégations de corruption rapportées dans le rapport Duchesneau, rapport créé par un policier à la retraite dont la subjectivité est matière à discussion. C’est la pression d’une minorité, criant au scandale sans même s’informer sérieusement, qui a poussé le gouvernement à investir des millions dans une commission d’enquête inutile… et qui par la suite se plaint de manque de fonds pour d’autres domaines tels que la santé.


De plus, si cette minorité s’était évertuée à suivre l’évolution de la commission Charbonneau, elle se serait rendu compte que l’affaire a été grandement amplifiée par une clique d’animateurs de radio et de « journalistes » plus préoccupés d’augmenter leur cote d’écoute et leur lectorat que d’offrir de l’information valable. Les maigres cas de corruption, grâce à la complicité de médias subjectifs et non professionnels, sont passés des faits divers à un enjeu politique superficiel et sans aucun fondement. De plus, il me semble contraire à l’éthique d’accuser le gouvernement actuel d’être corrompu alors que ladite commission n’a pas encore rendu ses travaux et ses conclusions.


Ce ne sont pas tous les Québécois qui s’opposent au Plan Nord et à sa gestion, un des plus grands projets de développement durable au monde, dont les retombées économiques se chiffreront en milliards de dollars, tourné en ridicule par quelques pseudo-experts et une minorité de journalistes et d’étudiants mal informés. Dans l’Histoire, tous les dirigeants ayant eu de l’ambition et de grands projets pour leur communauté se sont fait attaquer par ceux qui n’avaient pas l’intelligence de les comprendre, ou par pure jalousie devant la capacité d’autrui à accomplir ce qu’ils n’auraient jamais pu même concevoir.


Ce ne sont pas tous les Québécois qui portent le carré rouge. Faut-il le rappeler, les étudiants en grève ne représentent qu’une minorité dans la catégorie « étudiante », qui elle-même représente une minorité dans la population… Pourtant, ce sont leurs clameurs et leurs arguments illogiques que l’on entend partout. Ces mêmes étudiants qui disent se battre pour la « démocratie », alors que, paradoxalement, ils encouragent l’anarchie.


Le gouvernement actuel a été élu de façon démocratique, et une fois en place, il doit se faire respecter. Il est donc de son devoir d’ignorer le chantage provenant de n’importe quelle classe sociale, étudiants comme banquiers. Dans cette optique, le gouvernement Charest a agi de façon exemplaire, allant même jusqu’à s’abaisser et à accorder une place aux « dirigeants » des associations étudiantes, ces « dirigeants » qui, du haut de leur diplôme d’études collégiales, croient être en mesure de juger et de comprendre toute la portée des enjeux politiques défendus par les libéraux.


Ces mêmes associations jugent le gouvernement actuel antidémocratique. Quand on dit que le ridicule ne tue pas…

 

De l’opportunisme


La majorité des Québécois est révoltée par l’opportunisme flagrant de Léo Bureau-Blouin et de Pauline Marois. Ces mêmes Québécois trouvent risible l’opposition à la loi 78, jugée « liberticide », alors que c’est l’arrogance même et le refus de négocier des manifestants qui a acculé les libéraux à voter cette loi, dans le but de défendre la majorité qui veut continuer à étudier. Ce sont ces Québécois qui étudient en sciences politiques et travaillent réellement pour l’avenir de notre future nation. C’est cette majorité qui travaille durant les vacances pour payer leurs études, et qui se fait déranger les soirs d’été par le tapage de casseroles d’enfants gâtés qui sont en vacances depuis six mois déjà… Il est grand temps que cela cesse.


Il est toujours plus facile de crier que de réfléchir. De blâmer plutôt que de comprendre. D’accuser au lieu de s’informer. De tout mettre sur le dos du méchant gouvernement.


Et pour ces velléitaires bruyants qui peuplent nos rues, je tiens à leur rappeler que nous sommes, que vous l’acceptiez ou non, en démocratie. En démocratie, le gouvernement et les partis politiques d’un État reflètent la population qui la compose. Si vous trouvez que notre gouvernement est pathétique, corrompu et menteur, eh bien… je vous laisse finir le raisonnement.

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Pascal-Olivier Prémont - Étudiant en sciences humaines – Enjeux et politiques

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