Il n’y aura pas de deuxième tour aux élections québécoises

Une hypothétique victoire de la gauche après un nouveau mandat pour le PLQ ne pourra plus rien changer au gaz de schiste déjà extrait et aux ressources naturelles déjà bradées.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une hypothétique victoire de la gauche après un nouveau mandat pour le PLQ ne pourra plus rien changer au gaz de schiste déjà extrait et aux ressources naturelles déjà bradées.

Lettre à quelques-uns de mes jeunes (et moins jeunes) amis

Si je vous connais bien, vous auriez, si vous en aviez eu le droit, voté Melenchon au premier tour de la dernière élection présidentielle française. Je vous comprends, j’aurais fait comme vous. Au deuxième tour, vous auriez probablement décidé, comme la plupart de mes amis français, de voter pour François Hollande. Je les comprends, j’aurais fait comme eux. Parce qu’enfin, cinq années de Sarkozy, c’était déjà beaucoup trop, et que cinq années de plus, c’était impensable. Il s’agissait, et de toute urgence, de limiter les dégâts.


Mais voilà, nous sommes Québécois et il n’y a ni proportionnelle ni deuxième tour à nos élections.


Alors, que faire ? Parce qu’enfin, neuf ans (neuf ans !) de Charest, c’est vraiment trop, et cinq années de plus…

 

Le gouvernement manqué de 2008…


Je rappelle à ceux qui l’ont oublié qu’aux élections de 2008, si les votes exprimés en faveur de Québec solidaire ou du Parti vert s’étaient reportés sur le Parti québécois, nous aurions élu, de justesse, un gouvernement minoritaire du PQ, et Jean Charest aurait été battu dans sa circonscription. Il est impossible de savoir ce qu’aurait été la vie politique québécoise après pareil résultat, mais enfin, nous aurions selon toute vraisemblance évité la terrible dégradation de la vie publique que nous avons connue ces dernières années et fait l’économie de nouveaux scandales dans la construction en plus d’éviter l’affaire des garderies ainsi que les crises du gaz de schiste et des droits de scolarité. Et je ne vous parle pas de cette grande braderie de nos richesses naturelles qu’annonce le Plan Nord.


Dans le cadre d’un gouvernement minoritaire, je ne crois pas que nous aurions fait beaucoup de progrès vers l’indépendance (ni vers le socialisme…), mais nous aurions stoppé la décomposition programmée de l’État québécois au profit exclusif des puissances d’argent.


Certains de mes jeunes amis me disent : « Voter pour le PQ, c’est changer quatre trente sous pour une piastre. » Eh bien non ! Regardons derrière et jugeons sur les neuf dernières années de ce que les libéraux ont fait et que le PQ n’aurait pas fait. Et devant nous, sur les cinq prochaines années, pensons à ce que les libéraux veulent faire et que le PQ ne fera pas, en santé, en éducation, dans la gestion de nos ressources naturelles. Il y a un monde entre les deux.


Non, le PQ n’est pas à proprement parler un parti de gauche, et certainement pas un parti de ce que les Français nomment « la gauche de la gauche ». Mais enfin, il y a au PQ des principes et un sens du bien commun (très visibles dans le programme du parti) qui n’existent pas chez les libéraux, tout entiers voués à la défense de ce que François Mauriac appelait autrefois « les intérêts ».


Il est vrai que madame Marois a fait bon marché de ses principes dans l’affaire de l’amphithéâtre de Québec, mais elle a été rappelée à l’ordre par une base militante qui, elle, dans une très large mesure, n’a pas cessé d’y croire. À ce propos, les défections vers la CAQ m’apparaissent comme une bonne nouvelle, puisqu’elles éloignent les éléments responsables d’une dérive opportuniste et droitière du parti. Le Parti québécois, les commentateurs des médias dominants nous le rappellent assez, ne se laisse pas aisément mener : c’est encore le parti d’une idée et de quelques grands principes, ce qui vaut tout de même mieux que d’être le parti d’une caste et de quelques grands intérêts.

 

Travail de sape en marche


Un jeune homme pour qui j’ai de l’estime répondait à mes arguments : « Mieux vaut encore cinq ans de Charest : les gens en auront vraiment ras-le-bol et ils seront prêts à un véritable changement. » À l’horizon de 2017, que les gens acceptent enfin de changer après 14 années de régime Charest, je n’en doute pas un instant. Seulement, je ne suis pas certain qu’ils seront prêts à choisir la gauche.


Le travail de sape idéologique se sera poursuivi dans des médias toujours plus omniprésents et toujours plus inféodés aux grands intérêts, et la croyance néolibérale continuera à être prêchée par des prosélytes grassement payés qui confondent intérêt personnel et bien commun. Qui sait si l’électorat québécois n’ira pas alors plus, ou autrement, à droite ? Si les libéraux n’arrivent pas à renouveler leur personnel politique, les caquistes seront fins prêts à prendre du service. Que ne feraient-ils pas pour être invités à Sagard ?


Mais quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse d’une victoire libérale, la déconstruction de l’État québécois se sera poursuivie et des dommages irréparables auront été faits au système de santé, au système d’éducation et à l’environnement. Une hypothétique et lointaine victoire de la gauche ne pourra plus rien changer au gaz de schiste déjà extrait et aux ressources naturelles déjà bradées, aux lacs et aux sources empoisonnés, aux paysages dévastés, à la transformation marchande de l’université et aux malades abandonnés devant les portes des cliniques faute d’assurance privée. La politique du pire est la pire des politiques.

 

Tous responsables


En démocratie, les citoyens sont responsables de leur gouvernement : ce gouvernement, nous l’avons élu. Nous sommes responsables des neuf années au pouvoir de Jean Charest.


Qu’on me comprenne bien : la responsabilité est collective et les électeurs de Québec solidaire ne sont pas plus responsables que l’immense majorité des citoyens qui pense davantage à ses petites affaires qu’au bien commun et au destin de la nation, que les non-francophones qui donnent des scores staliniens au Parti libéral ou que les péquistes (et leurs chefs, démissionnaires ou non) qui ont laissé leur idéal et leur parti se déliter. Il y a, et c’est terrible à dire, un affaissement général de la moralité publique (essayez par exemple de faire faire des travaux chez vous sans qu’on vous offre de payer « en dessous de la table ») qui se reflète dans la politique. Nous sommes tous responsables, comme nous serons demain responsables du prochain gouvernement.


Il importe de garder une voix de gauche à l’Assemblée nationale, et c’est pourquoi le mandat d’Amir Khadir devra être reconduit. Mais dans toutes les autres circonscriptions « gagnables » par le Parti québécois (je ne pense pas qu’un vote « stratégique » ait beaucoup de sens à Westmount), il faut voter comme si c’était le deuxième tour. C’est Charest ou Marois, comme en France en mai dernier c’était Sarkozy ou Hollande.


Et rappelez-vous les présidentielles françaises de 2002, c’était Le Pen ou Chirac. La gauche a voté Chirac. Toute la gauche, en bloc. C’était une question de salut national. Je crois que nous en sommes là. L’élection sera trop serrée pour risquer de perdre une seule circonscription aux libéraux à cause de la division du vote progressiste. Nous porterons la responsabilité de notre choix.

***

Bernard Émond - Cinéaste

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82 commentaires
  • Anne-Marie Bilodeau - Abonné 4 août 2012 00 h 34

    Tant que le Québec ne sera pas indépendant!

    Le Québec faisant partie du Canada, monarchie constitutionnelle, ne pourra pas changer son régime politique électoral à moins qu'il ne devienne indépendant. C'est la prérogative royale qui s'applique.
    QS, parti pro-NPD, fédéraliste, fait de fausses représentations aux citoyens, tant sur le changement de mode de scrutin que sur la souveraineté

    • Luc-Olivier Leclerc - Inscrit 6 août 2012 10 h 03

      Sérieux, quand on a rien à dire, on sort que QS est un parti fédéraliste, alors que dans les faits, beaucoup de leurs membres ont tout simplement mit la souveraineté de côté et ont voté NPD (pour le temps de cet élection.)

      Et bon sang, vous ne savez pas ce qu'est la prégotive royale pour dire qu'elle nous empêche de réformer notre scrutin.

      Même comme Province, le Québec, peut modifier comme il le veut, sa constitution et sa comprend les élections

  • Guillaume Labelle - Inscrit 4 août 2012 02 h 33

    deuxième tour

    Que faites vous du deuxième tour du 2 mai 2011? Au Québec, aurions-nous eu droit à Duceppe-Harper, ou Layton-Harper?

    Il n'y a pas de deuxième tour. Aussi, je ne ferai pas semblant qu'il y en a un. Le PQ a eu tant et tant d'occasions de gagner mon vote; il ne l'a pas fait, peut-être dans le but d'en gagner davantage en étant mi-figue, mi-raison dans à peu près tous les dossiers.

    • Monique Hamel - Inscrite 5 août 2012 23 h 42

      D'accord avec vous...

      De plus, les gens auraient intérêt à lire ce texte sur le vote stratégique au lieu de se laisser manipuler par les campagnes de peur du PQ.

      http://www.lequebecois.org/chroniques-de-carlo-mos

  • - Inscrite 4 août 2012 05 h 34

    Amphithéâtre et immigration

    Ne serait-ce que pour ces deux raisons, il m'est impossible de voter PQ.

    Un parti qui appuie une loi baîllon afin de museler les citoyens n'aura pas mon vote.

    Un parti qui a le même discours que la défunte ADQ au sujet de l'immigration n'aura pas mon vote.

    Je ne vais pas marcher sur mes principes de Justice et de respect des droits humains pour faire entrer une Djemilla --le pendant féminin de Martineau-- ni une Agnès Maltais, grande amie de la finance.

    • Bruno Lacroix - Abonné 4 août 2012 13 h 41

      Vous aurez donc Charest!

    • Eric Walter Schaffner - Inscrit 4 août 2012 17 h 35

      Mme Lauzier,
      Je vous comprends à 100%. J'ai même déchiré ma carte du PQ après l'appui de Mme Marois à la fameuse loi baîllon. Mais il faut reconnaître que dans le discour de M. Émond, qui est limpide et aussi frappant qu'une bonne claque sur la gueule, le choix de cette élection n'a jamais été aussi simple. Il faut parfois regarder au-dessus de l'épaule de la personne trop proche denous pour voir plus loin. Aprèsavoir exulté ma colère envers le PQ je sais toutefois que pour éliminer les libéraux du pouvoir il faut agir uniquement sur cette option. Car peu importe les défaillances du PQ, rien ne peut être pire qu'un retour des libéraux au pouvoir. Mettons nos idéologies de côté et changeons ce gouvernement corrompu, menteur, voleur, intéressé, à la solde des oligarques, arrogant, hautain, et Jean passera pas! Ensuite nous aurons quatre années pour travailler, pas s'asseoir sur son derrière, mais travailler, militer pour le parti qui vous interpelle. Pour l'instant il faut obéir à la loi du talion et non de la passion. Nous devons nous unir avec la même détermination que nos jeunes étudiants nous ont démontrée. Car les anglo et les libéraux sont tissés serrés et c'est cela qui semble faire défaut chez nous, les francophones du Québec. Nous sommes des gens de coeur et de passion, ce qui est très bien mais pas toujours. SVP! Unissons-nous pour éjecter ce parti qui fera tout pour être élu à nouveau et pour eux, la fin justifie les moyens. Rappelez-vous le référendum de 1995. Souvenez-vous, Madame, des moyens tordus utilisés par les libéraux de Jean Chrétien, peu importe que ce soit au fédéral, ils sont de la même famille. Souvenez-vous que pour gagner: La fin justifie les moyens. Serrons-nous les coudes, Madame Lauzier, car comme M. Lacroix vous a répondu: vous aurez Charest, NOUS aurons Charest encore pour quatre ans. Merci d'y réfléchir. De mon côté je n'écoute plus rien ni personne. Mon seul objectif étant de sortir les rouges au plus sacrant. Eric W. Schaffner

    • - Inscrite 5 août 2012 16 h 37

      @ Eric Walter Schaffner

      J'ai lu et relu votre réponse. C'est un cri du coeur. Là où je ne vous rejoins pas c'est quand vous parlez des anglos et aussi du NOUS.

      Parmi d'autres raisons qui m'empêchent de voter PQ, c'est le rapport aux anglos. De mon point de vue, ils font partie du NOUS et ils ne sont pas mes ennemis ni même mes adversaires. Ils ont le droit, comme "nous" de voter selon leur conscience et leurs intérêts. Ils ne sont pas des Québécois de seconde zone. Ils ont autant de dignité que "nous.

      Reconnaissez avec moi que le PQ est un "nique" d'anti anglos. Un nique d'anti anglos et d'anti allophones. Que vous le reconnaissiez ou pas. Juste pour ça, je ne peux pas m,associer avec ce parti politique qui ne ressemble plus en rien au PQ du temps de René Lévesque. Ce PQ la était honorable. Il ne l'est plus, bien que certains de ses membres le soient toujours. Le noyau de xénophobe est trop important dans vos rangs.

      Québécoisement vôtre, ML.

    • - Inscrite 5 août 2012 16 h 51

      En terminant, je ne suis pas responsable de la ré-élection de qui que ce soit. Je suis reponsable de mon vote et mon vote ira pour un parti vraiment de gauche.

      Si un parti veut mon vote, il n'a qu'à me démontrer:
      qu'il est pour la justice sociale,
      qu'il ne s'associe pas à Québécor en appuyant une loi baîllon,
      que le NOUS est inclusif,
      qu'il ne parle pas d'immigration façon Martineau,
      qu'il ne parle pas d'immigration façon feu ADQ,
      qu'il renonce au nationalisme ethnique quitte à perdre des votes auprès d'une partie de la population.

    • Daniel Lessard - Abonné 5 août 2012 18 h 10

      Vous mettez vos principes un peu haut, bien au dessus de la réalité, le PQ a fait bien des erreurs, mais il en a surtout fait sous Lucien Bouchard, ce traître. je suis une militante depuis longtemps et le PQ a toujours plus entendu le peuple et changer ses politiques que les Libéraux, dans ma vie, j'ai beaucoup milité, mais jamais je me suis butée à une si grande méprise du peuple. Pensez-y!

    • Eric Synnott - Inscrit 8 août 2012 11 h 13

      Agnès Maltais, grande amie de la finance? Elle est bonne!

  • François Ricard - Inscrit 4 août 2012 06 h 51

    Quatre trente sous pour une piastre

    Rien de plus vrai.
    La décomposition de l'État a commencé en 1995 avec Lucien Bouchard et un gouvernement péquiste.
    Jonh James Charest a pris la relève. Et si on regarde le programme dePauline Marois, surtout en ce qui concerne nos richesses naturelles, il n'y a aucun changement majeur.
    Pour être maîtres chez nous, il nous faut lÙ'indépendance maintenant. L'ON veut cette indépendance.

  • Claude Paradis - Abonné 4 août 2012 07 h 09

    Merci Bernard Emond

    Cette réflexion, toute personnelle et libre qu'elle soit, m'apparaît d'une logique implaccable. Nous ne pouvons pas prendre le risque de remettre au pouvoir le Parti libéral de Jean Charest. Étaler toutes les erreurs et toutes les preuves de corruption donne déjà toutes les raisons nécessaires de congédier le gouvernement actuel. Mais lorsqu'on ajoute l'arrogance dont font preuve les libéraux devant les allégations de corruption et la suffisance hautaine qu'ils déploient à l'égard de tous ceux qui ont eu le courage de descendre dans la rue, il faudrait que tout un peuple soit ou corrompu, ou cynique, ou masochiste pour remettre ce parti au pouvoir! Le 4 septembre, nous devrions choisir entre un gouvernement Charest ou un gouvernement Marois. Y a-t-il vraiment quelqu'un qui puisse remettre en question l'intégrité et l'honnêteté de Pauline Marois? Cependant, je ne pense pas que personne ne serait en mesure d'assurer ni l'intégrité de Jean Charest ni celle de son parti! Quant à leur honnêteté, la question ne se pose même pas!

    • Dubuc Gadou - Inscrit 4 août 2012 13 h 38

      J'habite le Pontiac. Est-ce que je devrais aller militer pour la CAQ? On s'entend qu'ici, le PQ n'est même pas proche d'être 2ième. Pourtant, je suis pour QS. Mais, si je comprend votre logique, je devrais non seulement voter mais, en plus, militer pour la CAQ. Je ne sais pas si vous jouez au Poker des fois, mais, je vous donne un conseil, mettez pas vos cartes sur la table en partant. Tu attends de voir la réaction des autres un peu et de voir les cartes sur la table. À moins que tu n'ais vraiment pas confiance en ce que tu as entre les mains.

      SVP, les péquistes, profitez donc du début de la campagne pour expliquer pourquoi on devrait voter pour le PROGRAMME du PQ. À la fin de la campagne, là vous pourrez augmenter la mise et prétendre que vous avez un Royal Flush.

      Depuis le début de la campagne, je ne fais ue me réconforter dans ma décision de voter QS. Un peu par la campagne de David et Khadir mais, surtout par la campagne du PQ.

      Ça sent le mois de mai!!!

    • Victoire Selye - Inscrit 5 août 2012 12 h 05

      En réponse à Dubuc Gadou, j'aimerais dire ce qui suit.

      Chacun a sa théorie sur la manière dont on doit voter, et malheureusement, la manière de voter la plus sincère, comme tous devraient voter en tout temps, c'est à dire de simplement voter pour celui dont on croit qu'il va le mieux représenter les intérêts de la nation, est hors de notre portée car notre système électoral échappe à la proportionnalité (ce qui explique largement pourquoi nous sommes pris avec un parti au pouvoir depuis une décennie alors que la majorité d'entre nous n'a pas voté pour lui).

      Jugez le vote stratégique autant que vous voulez, mais je crois que dans les circonstances, il est tout à fait pertinent et même légitime. Donc, si le parti pour lequel vous auriez voté n'a aucune chance de remporter le siège dans votre circonscription, votez pour le candidat qui a le plus de chance de l'emporter contre le parti que vous ne voulez pas voir prendre le volant, et ce, même si vous ne souhaitez pas le voir prendre le pouvoir. Rien ne vous empêche parallèlement de donner des sous à votre parti privilégié et de militer pour lui.

      Les libéraux misent beaucoup sur la division du vote. Mais leur vote peut aussi bien être divisé par la CAQ! À l'instar d'ON, il est évident que la CAQ ne pourra former de gouvernement ce tour-ci. Tout ce que la CAQ peut faire, c'est diminuer le nombre de sièges que pourraient récolter les libéraux. Elle ne peut servir à rien d'autre.

      La brèche est là. Suffit-il d'en profiter. Le but étant non pas d'élire un tel parti mais plutôt d'en empêcher un autre d'être réélu, le vote stratégique mérite votre considération. Une fois cet objectif rempli, nous aurons quatre ans pour juger nos politiciens et serons prêts à enfin élire le gouvernement qui fait le bonheur du plus grand nombre. Mais pas avant - pour savoir à qui on doit prêter le volant, il faut leur donner une chance de se prouver, et tant que les libéraux sont au pouvoir, ils n'auront pas cette chance.