Nous sommes «à venir» : réflexions sur le Manifeste de la CLASSE - Le Canada anglais et les étudiants : l’impact des mots vidés de leur sens

La lutte et la mobilisation étudiante ne trouvent pas écho dans les autres provinces canadiennes.
Photo: François Pesant Le Devoir La lutte et la mobilisation étudiante ne trouvent pas écho dans les autres provinces canadiennes.

Bien que le manifeste des étudiants souffre d’un certain manque d’élégance, on ne peut le rejeter en bloc. Le texte témoigne d’une volonté claire de réinventer le langage (perdu) de la dissidence et de (re)formuler les termes d’un refus quasi global tout en évitant le piège d’une novlangue néolibérale.


À cet égard, le manifeste Nous sommes avenir n’est ni un « jeu de mots », ni «désincarné», comme certains l’ont prétendu. Dans quelle langue pourrait-on bien parler d’un « apprentissage de l’humanité », d’une « essence » de la grève des étudiants ?


Le manifeste va au-delà de la hausse des droits de scolarité et soulève un « malaise plus profond ». Les droits de scolarité sont indéniablement liés à la violence des inégalités socioéconomiques, au sexisme, au racisme, au néocolonialisme, à l’homophobie, à la surexploitation de l’environnement, à la marchandisation de l’éducation et à la poussée antidémocratique des politiques gouvernementales et des lois, tels que les projets de loi 78 et C-38.


Ceux qui lisent le manifeste sont appelés à se situer au regard de la violence systémique et structurelle dont fait preuve l’État néolibéral, un dispositif de pouvoir encore plus nuisible que la force répressive des matraques, du poivre et des gaz lacrymogènes. Dans cette optique, les principes exprimés dans le manifeste ne sont ni idéalistes, ni fascistes, comme le soutient Normand Lester lorsqu’il écrit : « Mussolini serait fier. » Au contraire, le manifeste cherche à critiquer un tel système qui autorise et tolère la violence systémique et structurelle, dont au final elle profite, violence désormais normalisée et imposée au nom de la démocratie et du développement économique et social. Le manifeste critique la manière dont cette violence étatique est rationalisée et tolérée, tout comme le sont les coûts sociaux et les dommages collatéraux qu’entraîne cette crise sociale sans précédent.


Le manifeste est intrinsèquement un appel à la prise de parole, donc au langage. En mettant en avant-plan le problème de la légitimité politique - et non seulement sa légalité -, la CLASSE demande : qui a droit à la parole ? Et il exige de nous tous que nous revendiquions la responsabilité de nos discours, ainsi que les conditions dans lesquelles ceux qui parlent peuvent se faire entendre ou non.

 

La parole suspendue


Ceci explique peut-être pourquoi le mouvement étudiant n’arrive pas à mobiliser le Canada anglais. Mis à part quelques supporteurs qui s’agitent casseroles en mains, une fois les frontières culturelle et linguistique franchies, un silence souverain règne. Quelque chose a dû se perdre dans la traduction de ce qui se passe au Québec.


Après la lecture du manifeste, les lecteurs anglophones seront probablement enclins à le qualifier de banal et de vide. Ce n’est pas parce que les mots nous manquent, ou qu’ils sont exprimés dans une autre langue, mais plutôt parce qu’ils sont vidés de leur sens et banalisés. Nous avons tous perdu la parole, le bien commun, la justice sociale, l’égalité et les principes de démocratie directe. De plus en plus, la langue est marchandisée, néolibéralisée et globalisée au service de principes d’efficacité et d’utilité crasses. Le sens des mots est « suspendu », de même que les lois spéciales suspendent les droits démocratiques au nom de la démocratie elle-même.


Si notre gouvernement fédéral s’expose à un outrage au Parlement, peu importe. Si les scientifiques de toutes allégeances politiques dénoncent les politiques du gouvernement et se trouvent eux-mêmes muselés, peu importe. Si notre ministre d’État des Sciences et de la Technologie a des opinions fondamentalistes sur l’évolution, peu importe. On nous dit que le droit, la science et la technologie devraient servir la « nouvelle économie ». Bref, que la main invisible du « libre » marché nous guide : «Business as usual.»


Cette science se développe au sein du « secteur des études supérieures », comme on l’appelle maintenant ; les universités sont gérées par une administration lourde et bien rémunérée, qui soumet l’éducation supérieure aux modèles de l’entreprise privée, exigeant l’« innovation », l’« entreprenariat », les « résultats commercialisables » et les « partenariats public-privé ». Officiellement, les étudiants sont importants, dans la mesure où ils sont des « clients » et représentent des « BIU » (Basic Income Units - unités de revenu de base).


C’est dans ce discours « totalisant » que le langage et les discours sont cooptés, de même que l’éducation et la santé sont « corporatisées », que nos forêts et nos terres sont surexploitées, que les citoyens sont devenus une forme de capital, de « ressources humaines » dont on extrait une plus-value ou un profit. Dans ces conditions affligeantes, le manifeste de la CLASSE risque d’être ignoré, car il refuse d’adopter la novlangue du managérialisme ou d’indiquer exactement de quelle façon son programme sera « opérationnalisé ».

 

La parole rassembleuse


Peu importent les lacunes qui se trouvent dans le manifeste, les étudiants cherchent désespérément à réinventer et à partager une langue « commune » et rassembleuse à travers laquelle sont véhiculés des discours touchant la responsabilité collective des personnes et leurs rôles dans les systèmes sociaux, politiques et économiques ; il s’agit d’une action, une politique réparatrice et émancipatrice dans laquelle tout un chacun assume ses responsabilités face à la violence systémique et structurelle, face à la discrimination et face à l’importance et au devoir d’éduquer les générations à venir. La manière d’y arriver est un projet collectif dont la responsabilité n’incombe pas seulement aux étudiants, mais bien à toute la société civile.


Nous sommes avenir/à venir : ce slogan impose la voix, la constitution rhétorique d’un « nous », d’un nous qui nous est promis et à venir. C’est une stratégie discursive que certains trouveront menaçante, tandis que d’autres y trouveront un gage d’ouverture et d’espoir. Attendons de voir si ces mots prendront racine et sauront mobiliser une population avide de changements.


Le manifeste soulève des questions pressantes, importantes et fondamentales, dont, en filigrane, celle-ci : Allons-nous enfin saisir l’occasion d’une prise de parole citoyenne et changer les structures qui nous oppriment ?

***
 

Stuart J. Murray - Professeur agrégé, Chaire de recherche du Canada en rhétorique et éthique, Université Carleton, Ottawa

32 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 31 juillet 2012 00 h 21

    Vaine rhétorique … !

    Vaine rhétorique laudatrice et acritique d’un texte déjà mis au rancart de l’Histoire avant d’y être parvenu !

    Monter en Chaire n’est pas toujours la meilleure posture pour dénouer les écheveaux du social et de son discours.

    Yves Claudé

    • Richard Laroche - Inscrit 31 juillet 2012 08 h 52

      Ce doit être pour ça que tu prends la peine d'y répondre en plein milieu de la nuit.

    • Yves Claudé - Inscrit 31 juillet 2012 13 h 56

      Monsieur Richard Laroche

      Avez vous de véritables arguments relativement à ce texte de la CLASSE, qui ne mérite pas le nom de « Manifeste » … et qui aurait dû rester ce qu’il est, c’est-à-dire un document de travail, en vue d’une position commune des quatre associations étudiantes, dans un esprit unitaire et solidaire ?

      Yves Claudé

      PS : Il n’est pas nécessaire ni convenant de me tutoyer.

    • Yves Cazelais - Inscrit 31 juillet 2012 14 h 19

      Méchant argument, mon cher Richard! Faut croire que t'es pas amanché pour veiller tard!

    • Richard Laroche - Inscrit 31 juillet 2012 16 h 01

      L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

      Yves, tu peux me tutoyer aussi, à moins que j'ai perdu des bouttes d'histoire depuis l'époque féodale. Malgré toute mon éducation, je ne suis pas lettré au point de tenir des discours aussi jimcorcoranisés. D'ailleurs, merci pour la leçon régulière de vocabulaire. Question politesse, considère ma familiarité comme d'l'amour!

      Bon on va pas s'ostiner à savoir si oui ou non le document publié par la classe est un manifeste, un pamphlet une circulaire de chez maxi ou tout autre "type de texte".

      Et mon intervention au départ visait simplement à dénoncer la contradiction dans l'acte d'écrire sur cette tribune pour souligner que "Monter en Chaire n’est pas toujours la meilleure posture pour dénouer les écheveaux du social et de son discours"...

    • Yves Claudé - Inscrit 31 juillet 2012 16 h 45

      «Novlangue» de la CLASSE et … «grève sociale» … ?

      Ecumant maladroitement la surface du discours avec d’inefficaces outils de «rhétoricien», Monsieur Stuart J. Murray n’est pas à même de mettre en contexte les pratiques discursives de la CLASSE et de les interpréter dans leur dynamique sociopolitique.

      Dans cet étalage prétentieux de clichés qui se présente abusivement comme un «Manifeste», il n’y a aucune «réinvention du langage», mais plutôt un exercice de «novlangue» qui n’est pas à même de convaincre un «peuple» que l’on prétend convaincre et en même temps incarner…

      Les seules innovations notables sont la reconnaissance d’une hétérophobie …, ce qui aura généralement échappé aux lecteurs, mais aussi et surtout la promotion inquiétante d’une version réductrice de la démocratie.

      Le rhétoricien n’évoque aucunement un élément stratégique majeur du texte de la CLASSE, l’appel à une «grève sociale» à propos de laquelle les “appeleurs” n’ont daigné apporté aucune précision, alors que le PLQ l’attend de tous ses voeux dans le cadre de sa stratégie électorale de crise et de tension.

      Dans le prolongement du manifeste, et en lien avec le concept de «démocratie directe» qui y est mis de l’avant, comment peut-on interpréter la conjonction de deux opérations, soit la tenue d’assemblées d’étudiantes sur la prolongation ou non de la grève, et d’autre part le mot d’ordre relayé par le site de la CLASSE, «Bloquons la rentrée» ?

      Yves Claudé

    • Guillaume Mercier - Inscrit 2 août 2012 15 h 11

      Dû à votre ignorance je me suis sentis obligé de vous répondre Mr Claudé. Le site BLOQUONS LA RENTRÉE n'est de la CLASSE mais une initiative citoyenne indépendante. Le site que la CLASSE a fondé au début du conflit est BLOQUONS LA HAUSSE. Voilà qui prouve que vous ne comprenez rien à rien au mouvement étudiant et en parallèle la crise sociale qui se vit au Québec.

    • Julie Blaquière - Inscrite 5 août 2012 20 h 37

      Il est peut-être un peu tard pour répondre mais je reviens d'une vacance absolument nécessaire pour me reposer d'une lutte "personnelle" contre ce système dont on parle dans cet article et qui m'a drainé passablement d'énergie depuis plus de quatre ans. Je regrette d'avoir eu à souffrir autant pour me rendre compte que les attitudes et les comportements des subalternes d'un système sont directement liés à ceux qui sont à la tête. Les étudiants l'ont compris eux et réformer une société en fonction des besoins des citoyens et non ceux du pouvoir ne devrait pas être si compliqué en autant que tout le monde y mette de la bonne volonté. Quand les citoyens auront compris qu'ils ont réellement un pouvoir sur ce qui leur arrive et qu'ils seront prêts à s'engager dans la société en tant qu'"acteurs" et non plus comme "voyeurs" on pourra procéder aux changements nécessaires. Personnellement avec le début de la crise étudiante je me suis senti pousser des ailes... et je continue de lutter, informer et convaincre qu'améliorer sa vie vaut mieux qu'y être résigné en croyant que tout est joué d'avance et qu'il n'y a plus d'espoir quand un système devient si plein de lui-même et si opprimant. La preuve en est qu'il n'admet jamais le débat comme s'il avait toujours raison tout en invoquant à tort la démocratie parce qu'il a été élu "démocratiquement"... et il condamne les idées et la logique de jeunes issus de son propre système d'éducation accordant plus de crédit aux gestionnaires des établissements, sous-entendu qui gèrent comme lui, sans pratiquement jamais rendre de compte à personne. Et bien si c'est ça la démocratie... vivement des élections et des proportionnelles en plus...(?)

  • Martin Lavallée - Abonné 31 juillet 2012 00 h 54

    Canada/Québec: deux conceptions de la société

    Si le manifeste reçoit peu d'écho dans le Canada anglo-saxon, c'est peut-être à cause du fait que le monde anglo-saxon est celui-là même qui a le plus contribué à mettre de l'avant l'anthropologie libérale classique (ou néolibérale) de l'individu atomisé à la recherche de ses intérêts égoïstes et en concurrence avec ses semblables.

    Selon cette anthropologie, la société ne forme pas un tout collectif, mais une collection d'individus atomisés et consommateurs égoïstes protégés dans leur égoïsme par les Chartes des droits et libertés individuelles.

    Au Québec, malgré un récent changement de paradigme depuis quelques années, nous avons toujours plus ou moins adhéré à une conception collective de la société, sans toutefois jamais renier l'autonomie des individus. Les Chartes sont également présentes chez nous, mais nous avons toujours mis de l'avant certains droits et programmes collectifs qui nous étaient chers, comme la Loi 101, par exemple.


    L'exacerbation de l'individu et des ses droits de consommateurs dans le modèle néolibéral vient à diluer la société et rend impossible de penser la société comme un tout, comme une collectivité. C'est pourquoi un sain équilibre entre individu/collectif, comme nous avons préconisé au Québec avant le règne du Parti libéral, permet de respecter les droits et libertés de l'individu tout en permettant à ce même individu de ‹‹faire société›› avec ses semblables.

    • Max Windisch - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 51

      Très joliment dit.

      À mon sens cette philosophie est également inscrite dans les vulgarisations répandues des théories de Darwin (en bref, on se contente de résumer l'explication de toute cause par son utilité pour l'individu - voire pour le gêne). La giraffe a un long cou parce qu'elle peut ainsi manger les feuilles des arbres. Les grandes entreprises utilisent des paradis fiscaux parce qu'elles peuvent ainsi engranger plus de profits.

      On le voit également en science-fiction, qui a conquis une grande part de notre imaginaire collectif. Bien que notre science n'ait découvert aucune trace de vie intelligente ailleurs que chez nous, aucun extra-terrestre susceptible de témoigner de notre Histoire (s'il fallait que nous nous fassions disaparaître à force de bombes ou de catastrophes écologiques), et assez peu d'espoir de découvrir quiconque à une distance qu'on puisse franchir, malgré tout cela la science-fiction a réussi à nous convaincre que notre avenir est ailleurs, et que cet ailleurs n'a rien à voir avec Dieu. Nous avons donc une utilité, nous ne savons seulement pas laquelle, et l'idée qu'on puisse exister pour travailler au mieux-être de notre voisin est écartée. Peut-être serons-nous la bouffe d'une civilisation plus avancée, c'est plus plausible à nos yeux que l'idée de Dieu.

      N'est-ce pas la religion qui nous appelait jadis à marcher dans l'autre direction, particulièrement au Québec? À nous retrouver en famille le dimanche, plutôt que travaillant seul jusqu'à minuit dans un super-marché? À appliquer une critique fondée sur des principes d'amour et de charité, face aux gestes de nos politiciens et de nos financiers? Peut-être porté-je des lunettes un peu roses, mais c'est en tout cas ma perception.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 juillet 2012 09 h 55

      En quoi la loi 101 protège-t-elle des droits collectifs? On pourrait tout aussi bien dire qu'elle protège le droit individuel de chaque Québécois de vivre en français. Après tout, la Charte canadienne des droits et libertés ne protège pas le droit d'un immigré afghan de vivre en pachtoune, non? Alors, deux langues, une seule, par rapport aux milliers de langues du monde, ça ne fait pas une si grande différence.

    • - Inscrit 31 juillet 2012 12 h 25

      Vous avez raison jusqu'à un certain point quand vous dites que le monde anglo-américain est plus individualiste que la société québécoise mais c'est très réducteur et ça fait fi de la réalité que le ROC (ou Canada anglais) est en fait devenu un melting pot de cultures et qu'il y a de moins en moins de gens là-bas qui peuvent se dire d'origine anglo-saxonne. De plus vous faites fi des communautés autochtones qui sont très nombreuses dans l'ouest du pays et qui sont naturellement collectivistes et qui influencent aussi les mentalités du ROC, jusqu'à un certain point.

  • Vincent Delorme - Inscrit 31 juillet 2012 02 h 07

    Eh bien!

    Sur fond de tristesse, je suis tout de même agréablement surpris de me rendre compte que ceux qui n'ont pas peur des mots, comme la CLASSE, soient encore compris de quelques vieilles âmes.

    Aussi, je suis heureux de constater que je ne suis pas le seul à appréhender fortement cette novlangue néolibérale ou tous les mots sont vidés de leur sens ou encore démonisés (juste part, grève/boycott, syndicat, discussion/négociation)...

    Un des graves effets collatéraux de cet appauvrissement linguistique est que quiconque utilise les mots justes, sans détours, semble alors extrémiste ou utopiste.

    Enfin... certains, comme ce merveilleux professeur ontarien, sont encore là pour y voir clair!

  • Catherine Paquet - Abonnée 31 juillet 2012 06 h 16

    La CLASSE n'est pas incomprise...

    La CLASSE est plutôt bien comprise.
    On perçoit qu'elle cache sous une avalanche de mots et de formules, comme ce bon professeur Murray, son rejet de la démocratie représentative qu'elle voudrait voir remplacée par ce qu'elle nomme la démocratie directe. On parle de "changer les structures qui nous oppriment", sans donner un seul exemple. C'est à dire de laisser une Nomenklatura décider en secret de ce qui est bon pour le peuple. Une Nomenklatura qui n'a pas d'assise démocratique, mais qui parlerait et se prononcerait sur tout, qui ne procède pas par délégation de pouvoirs puisqu'elle les aurait tous accaparés, sans semander au peuple de lui donner un mandat, comme on le fait maintenant dans notre système électoral, imparfait peut-être, mais qu'on ne doit pas mettre à la poubelle sans en mesurer les conséquences.

    Faisons un test: Expliquez moi par quel cheminement obscur de cette démocratie directe le porte-parole de la CLASSE n'a-t-il pas pu obtenir le mandat de condamner la violence.
    Est-ce que c'est de cette façon que seraient prises toutes les décions dans cette belle démocratie directe?

    • Kevin Charron - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 21

      Vous avez l'imagination très fertile. Vous parlez d'une nomenklatura. Quelle nomenklatura? Comment un groupe pourrait "tous accapaer, sans demander au peuple de lui demander un mandat", alors que la démocratie directe remet entièrement le pouvoir entre les mains du peuple. Nomenklatura et démocratie directe sont incompatibles.

      Si vous voulez parler de nomenklatura, regardez dans la famille libérale qui passent leur fin de semaine dans le domaine de Sagard.

      Par ailleurs, des exemples de système de démocratie directe, il en existe plusieurs. De nombreuses idées ont été élaborées. Il suffit d'ouvrir quelques livres pour le découvrir.

      Et pour ce qui est de la condamnation de la violence, vous déformez les faits.

      La CLASSE a bel et bien dénoncer l'usage de violence après de longues heures de délibérations en congrès.

      Abandonnez vos préjugés M. Paquet. Vous comprendriez beaucoup mieux le discours de la CLASSE.

    • Richard Laroche - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 22

      Georges, tu me désespères... Comment peut-tu associer l'idée de la démocratie participative avec le communisme Russe?

      Étrangement, moi j'aurais utilisé le terme Nomenklatura pour désigner le corporatisme caractéristique de l'oligarchie.

      As-tu assisté à une assemblée étudiante? Moi j'ai l'honnêteté de dire non. Peut-être y a-t-il vraiment une supercherie, un petit groupe derrière cette fausse façade de démocratie directe. Mais me semble qu'avec le nombre d'étudiants membres, on aurait entendu ces dénonciations bien avant les tiennes non? Ton affaire, ça ressemble d'avantage à une belle théorie du complot.

      Mais par contre, concernant ton dénigrement de la démocratie participative, je suis allé au parc au cours du mouvement "occupation" l'automne dernier. Je peux te dire que la démocratie directe c'est très lent et pénible, mais irréprochable moralement.

      Maintenant, à l'ère où nous pouvons tenir ces débats, ici, devant tout le monde, à l'ère où on vote "like" des dizaines de fois par jour, dans un société de communications accélérées où il y a d'avantage de monnaie numérique que de billets physiquement imprimés, où nous donnons une absolue confiance aux transactions bancaires numériques... dans une ère où nos représentants sont si loins et distants, étrangers en contraste avec nos concitoyens qui diffusent volontairement et en toute transparence leur vie... ne crois-tu pas qu'il y aurait de la place pour un peu plus de participation citoyenne?

      Je n'insinue pas d'éliminer la représentation. Peu de citoyens voudraient voter en démocratie directe sur des sujets pointus et ennuyants, comme les quotas de pêche aux huitres. Mais n'y aurait-il pas un juste milieu, entre le corporatisme oligarchique et la loi de la rue?

      N'y a-t-il pas lieu d'instaurer un contre-pouvoir, contre un système représentatif datant d'une époque où même le téléphone n'existait pas, qui imposait une délégation au représentant aujourd'hui devenue excessive et abusée?

      www.le-message.org

    • Nicolas Blackburn - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 54

      "Le mandat de condamner la violence"

      Quelle violence ? Les quelques vitrines cassées, ou les milliers de personnes matraquées, poivrées ? La plupart des manifestations se sont toutes déroulées dans le calme et la paisibilité.

      Analysons rationnellement les événements depuis février. Les plus gros actes de violence n'ont pas été commis par des manifestants, mais bien par des agents de police.

      Bon, maintenant, je peux comprendre les craintes de certaines personnes face à la remise en question. Il est toujours plus facile de se fermer les yeux et de ne rien faire que de se remettre en question et d'agir en conséquence. Cela demande patience, intelligence et courage. Cela demande un effort et ce ne sont pas nécessairement des valeurs cultivées et portées très hautes par la majorité des membres de notre société.

      Ceci étant dit, ça ne fait pas de mal au moins de commencer à se remettre en question. Sans même commencer à changer des choses, on peut se demander si il n'y a pas des aspects de notre société qui ne pourraient pas être mieux, plus justes, se fixer des buts ? On verra par la suite comment on fait pour y arriver.

      À mon avis, soyons ouverts, intelligents et altruistes et nous formerons une société meilleure.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 31 juillet 2012 12 h 05

      Une chose inacceptable dans l'épisode de la condamnation de la violence, c'est que dès que l'on demande à un groupe de «condamner la violence», c'est qu'on suppose qu'on ne peut pas déjà croire par supposition qu'un groupe ne s'en servira pas ou n'y incitera pas. Si la question est même soulevée, c'est déjà pour salir la CLASSE (et tout autre groupe de qui on l'exige). Le but, c'est qu'ensuite, d'autres gens qui n'ont pas suivi ce qui se passe vont supposer que si le gouvernement l'a exigé, c'est parce qu'il avait des raisons de croire que la CLASSE encourageait ou organisait la violence.

      C'est un peu comme dire en public « as-tu arrêté de battre ta femme ? » à quelqu'un dont tu connais rien, ou dont tu sais qu'il n'en est rien ; mais dans ce cas-ci, c'est plus sous-entendu et hypothétique.

      Dans ce sens-là, je crois que même les personnes les plus pacifiques qui soient devraient refuser de jouer un tel jeu, et à la place dénoncer la question.

      Ça expliquerait l'hésitation de la CLASSE à obéir aux conditions du gouvernement. (Je ne les connais pas mais j'ai cru comprendre qu'ils pensaient comme moi)

    • Catherine Paquet - Abonnée 31 juillet 2012 17 h 00

      On procède et on décide par approximation. On ne sait pas qui ils sont, mais on les aime.
      Mathieu Bouchard souligne qu'il ne connaît pas les leaders de la CLASSE, ceux qui donnent les mendats précis et ad hoc à leur porte-parole.
      Mathieu, vous n'êtes pas seul. Personne ne sait comment fonctionne exactement cette nébuleuse démocratie directe. Ce que l'on sait, c'est que la CLASSE invite ses membres et tout le public à ne pas aller voter. Belle démocratie... Qui rendra compte de quoi, et à qui?
      Est-ce sous ce genre de direction que vous souhaitez vivre?
      Est-ce que vous croyez vraiment qu'il vaut mieux ne pas aller voter, comme le recommande la CLASSE?

  • Michel Richard - Inscrit 31 juillet 2012 07 h 26

    Enflure verbale

    En quoi les droits de scolarité ont ils un lien avec la surexploitation de l'environnement ? Un état que vous dites "néolibéral" (il ne l'est pas) serait plus nuisible que des matraques ?
    Vous n'en avez pas reçu beaucoup, des coups de matraque, pour écrire ça.
    Peut-être aussi que le conflit étudiant n'a pas trouvé écho à l'extérieur du Québec simplement parce que le discours de la CLASSE est jugé extrémiste à l'extérieur de nos frontières !

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 31 juillet 2012 10 h 03

      Il y a une haussse de la surexploitation de l'environnement; une croissance infinie dans un monde fini n'est pas possible dixit le Club de Rome, 1970.
      Voyez: www.liberaux.net sur l,absence du néolibéralisme . 50% du Québec est analphabète fonctionnel. Et j'ajouterais que tout ce qui est lu l'est par 10% de ceux et celles qui sont alphabétisés. Donc le savoir demeure caché faute de lecture.

    • André Le Belge - Inscrit 31 juillet 2012 11 h 12

      Tout se tient Monsieur Richard. De"faire sa juste part" à"la suexploitation de l'environnement", c'est le modèle que nous offre le néo-libéralisme c'est-a-dire faire du fric sur le dos du citoyen.

    • Michel Richard - Inscrit 31 juillet 2012 14 h 34

      M Saint-Jarre: vous dites qu'il existe une surexploitation de l'environnement. Vous dites que le savoir reste caché faute de lecture. Vous ne faites aucun lien entre les deux, aucune cause à effet.
      Le fait que deux phénomènes se produisent en même temps ne signifie aucunement qu'un lien existe.
      M Lorimier.
      1) Je persiste, le "néolibéralisme" n'existe pas au Québec. Le gouvernement occupe une plus grande partie de l'espace économique aujourd'hui qu'il y a 5, 8 ou 9 ans.
      2) Votre affirmation que le néo-libéralisme est défini comme "faire du fric sur le dos du citoyen" est un non-sens. C'est la société au complet qui choisit son modèle, par des élections aux quatre ans. (je sais, la démocratie c'est plus qu'un vote aux quatre ans - mais aux quatre ans, on fait des grands choix, et le reste du temps on utilise d'autres mécanismes pour faire des choix souvent plus quotidiens). Et la société au complet ne peut pas décider de faire du fric sur son propre dos, comme vous dites.

      C'est beau, dire "faire du fric sur le dos du citoyen". Vous oubliez que la majorité des impôts sont payés par une petite minorité des contribuables.