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La déontologie du ministre de la Santé

Tous les experts en santé, y compris l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Association médicale canadienne et l’Institut National de santé publique du Québec (INSPQ) condamnent l’utilisation de l’amiante considérée comme un produit hautement cancérigène. Ainsi, l’OMS estime que plus de 100 000 personnes par année meurent à cause de l’utilisation de l’amiante. Au Québec, 70 % des cas de compensation couverts par la CSST sont dus aux problèmes causés par l’amiante !


Toutefois, le ministre de la Santé du gouvernement Charest, Yves Bolduc, lui-même médecin, va jusqu’à défendre son utilisation. Au cours d'un passage à Asbestos faisant suite à l’annonce du gouvernement d’octroyer un prêt de 58M$ à un consortium privé pour assurer la réouverture de la mine d’amiante Jeffrey, le Dr Bolduc aurait commenté : « Au Québec, nous avons fait le choix d'exploiter l'amiante de façon sécuritaire. Et lorsqu'il est exploité dans les règles, il n'y a aucun danger pour la santé .» Or l’amiante qui y sera produit est destiné principalement à l’exportation en Asie et ce, au moins pendant les 20 prochaines années. Les acheteurs seraient tenus de signer une entente s’engageant à l’utiliser de façon sécuritaire… Pourtant, même au Québec, et toujours selon les experts de l’INSPQ, on n’arrive pas à faire suivre les règles permettant d’utiliser l’amiante de façon sécuritaire.


La soi-disant « utilisation sécuritaire de l’amiante» est tellement inapplicable dans la réalité que le monde a dû se résoudre à reconnaître, pour ce motif précis, que le seul moyen de protéger l’humanité contre les risques de l’amiante, était de renoncer complètement à son utilisation. D’où l’appel provenant de tous les horizons et exigeant de bannir l’extraction, la transformation et toute autre utilisation de l’amiante.

 

Code de déontologie


L’obligation professionnelle du ministre de la Santé exige qu’il dénonce toute fraude scientifique susceptible de menacer la santé de la population.


Notre ministre de la Santé, un médecin a le devoir de placer le Code de déontologie des médecins du Québec au-dessus de tout autre intérêt. Or ce Code stipule que le médecin :


doit s'abstenir de participer à une action concertée de nature à mettre en danger la santé ou la sécurité d'une clientèle ou d'une population (Chapitre II : 13) ;


doit s'abstenir de faire des omissions contraires aux données actuelles de la science médicale (Chapitre III, section V : 47) ;


doit informer la population des opinions conformes aux données actuelles de la science médicale sur le sujet (Chapitre III, section VII : 89) ;


ne peut faire ou permettre que soit faite en son nom de la publicité fausse, incomplète, intempestive, trompeuse ou susceptible de l'être (Chapitre III, section VII : 91).


Il s’agit d’engagements moraux fondamentaux que le ministre de la Santé du Québec, devrait être particulièrement tenu de respecter.


Or comment expliquer que le Dr Bolduc contribue à propager le mensonge sur l'amiante en cautionnant l’action de son gouvernement?


L’utilisation sécuritaire de l’amiante est une fausse représentation en terme de protection de la santé publique et nous soumettons que le Ministre de la santé a le devoir de le faire comprendre à ses collègues du cabinet.

8 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 12 juillet 2012 05 h 43

    Comment expliquer que le Dr Bolduc contribue à propager le mensonge ?

    ‎.

    «Comment expliquer que le Dr Bolduc contribue à propager le mensonge sur l'amiante en cautionnant l’action de son gouvernement?» ...dit l'article.

    À mon avis, c'est comme tout le reste des magouilles du Parti libéral.

    C'est un retour d'ascenseur pour les tis-namis amis du parti, où l'argent et les profits des requins de ce macabre commerce passe avant la santé publique.

    Une autre ignominie du capitalisme sauvage.

    Dans nos sociétés capitalistes, le sens moral a été remplacé par le sens du capital. Ce qui est économiquement rentable devient moralement justifiable.

    J'ai bien hâte de voir ce que Bolduc va répondre à ça !

    Merci à Amir et à Micheline Beaudry de nous avoir informé et d'avoir confronté le Ministre de la pollution publique.

    Christian Montmarquette
    Montréal

    .

  • Linda Dauphinais - Inscrite 12 juillet 2012 06 h 07

    Honte à vous M. Charest et à tous vos sbires

    n'ayant pour conscience
    qu'un vil goût pour l'argent
    argent qui détruira vos vies
    soyez-en conscients et avertis...

    Merci à toutes les âmes nobles qui osent
    se lever et dire non à l'inertie aliénante,
    non à l'insignifiance d'un gouvernement
    prêt à vendre n'importe quoi pour la piastre
    et ce au péril de la vie, au péril de l'environnement...
    On voit bien qu'il n'y a rien d'acquis
    que nous devons toujours soupeser le pourquoi, le comment, le quoi, qu'il nous faut défendre la DÉMOCRATIE qui se fait détruire depuis des années au Québec et ailleurs sur la planète, que nous sommes tous liés en tant qu'êtres humains et que nous devons être solidaires les uns des autres... Merci à QS qui s'est levé encore une fois pour dire NON à l'inacceptable... Merci d'être là... On se sent bien accompagnés et compris!

    http://www.reptox.csst.qc.ca/PMSD.asp?no_produit=8

  • Roland Guerre - Inscrit 12 juillet 2012 06 h 38

    Hippoccrate

    Le serment d' Hippocrate s'efface-t-il, disparaît-il, devant la charge ministérielle qui suffirait à justifier toutes les "erreurs" ? La décision prise est un mauvais coup pour la santé publique, un camouflet pour les citoyens.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 12 juillet 2012 07 h 20

    Que fera le Collège?

    Excellente intervention de Micheline Beaudry. Le Collège des Médecins sanctionnera-t-il un collègue qui enfreint publiquement son code d'éthique?

    À moins qu'il estime que le rôle de ministre, qui consiste largement à mentir, a préséance sur celui de médecin.

    Desrosiers
    Val David

  • François Dugal - Inscrit 12 juillet 2012 08 h 30

    Les banques

    Quand les banques be prêtent pas, c'est qu'il y a un os en quelque part.
    Quant au ministre, il est libéral, ne l'oublions jamais.