Conflit étudiant - La part de l’étudiant

Voilà plus de trois mois que des associations étudiantes ont pris la rue pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Voilà plus de trois mois que des associations étudiantes ont pris la rue pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Après trois mois de grève, un nombre incalculable de manifestations et autant de débats, on serait tenté de croire que, sur l’éducation supérieure et son financement, tout a été dit. Mais au coeur de ce vaste débat, il demeure un trou noir, un élément opaque. Cet élément opaque, c’est ce qu’on a appelé la « juste part » des étudiants. Or qu’est-ce exactement que cette fameuse « juste part » ?

On sait que lorsque les partisans de la hausse des droits de scolarité invitent les étudiants à « faire leur part », ils souhaitent par là les voir couvrir une portion supérieure du coût de l’éducation. À cela, les opposants à la hausse répondent que les étudiants « feront pleinement leur part » en contribuant au financement du réseau universitaire sitôt qu’ils obtiendront un emploi et disposeront par la même occasion d’un revenu imposable.


La « part » de l’étudiant apparaît ainsi, de part et d’autre, comme une contribution financière nécessaire au bon financement du système d’éducation québécois. Il s’agirait alors de savoir si cette « part » doit être versée par l’étudiant sous forme de droits de scolarité ou plutôt par le truchement de l’impôt sur le revenu.


Seulement, raisonner de la sorte équivaut à faire l’impasse sur ce qui, en matière de contribution étudiante, importe le plus. Car leur « part », les étudiants la font d’abord et avant tout en donnant le meilleur d’eux-mêmes en classe — et non pas en payant une quelconque facture. La tâche première des étudiants, celle qui compte avant tout, n’est pas d’investir dans leurs études, mais bien de s’invertir en elles.


La double tâche


On me dira :« Il va de soi que les étudiants doivent privilégier leurs études, mais cela ne les empêche pas de travailler les soirs et les fins de semaine pour amasser de quoi payer l’éducation qu’ils reçoivent. » Or c’est là tout le problème. On persiste à croire qu’obliger les étudiants à occuper un emploi (fût-ce à temps partiel) en marge de leur cheminement universitaire a peu ou pas d’impact sur la qualité de leur formation.


La réalité, pourtant, est tout autre. En exigeant des étudiants québécois qu’ils fassent leur « part » au financement de l’éducation, on empêche bon nombre d’entre eux de s’engager sans contrainte dans leurs études et d’ainsi tirer le maximum des ressources que, collectivement, nous mettons à leur disposition.


Disons-le sans détour : l’imposition de droits de scolarité — sans parler de la hausse —nuit directement à l’effort d’apprentissage et, par conséquent, à la qualité de l’éducation. Car trop souvent les étudiants doivent assumer la double tâche études/emploi pour parvenir à payer leur « part ». Et il faudra bien l’admettre un jour ou l’autre : poursuivre des études postsecondaires et travailler pour en assumer le coût constitue des impératifs divergents, sinon contradictoires.


Si, au-delà du désaccord actuel, notre souhait commun est d’offrir une éducation qui, en plus d’être accessible à tous, soit de la meilleure qualité possible pour tous, peut-être devrions-nous profiter de cette accalmie pour repenser ce que représente la « part » de l’étudiant. Et si l’on convenait que la « part » attendue des étudiants est de tirer tout le potentiel que renferme l’occasion d’apprentissage que leur offre la société québécoise — en y engageant leur talent, leur créativité, leur audace —, il faudrait alors conclure que ce qu’on entend aujourd’hui par « juste part » est un contresens, ou plutôt un détournement de sens, par rapport à ce qui constitue la véritable contribution d’un étudiant à sa société.


Si nous voulons que nos diplômés puissent « briller parmi les meilleurs », comme l’a déjà affirmé le gouvernement en place, encore faudrait-il se donner les moyens d’y arriver. Offrir aux étudiants québécois la possibilité de s’investir à temps plein dans leurs études m’apparaît, à cet égard, un incontournable prérequis.

28 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 15 juin 2012 06 h 03

    Pour une formation de qualité

    Bon texte qui arrive à point! Car on n'a peu parlé, à ce jour, de la qualité de la formation reçue dans les universités. Et aussi du talent ou de la capacité des étudiants qui ont accès à l'université. Comme ancien professeur d'université, j'ai pu constater qu'un certain nombre d'étudiants n'étaient pas à leur place à l'université. Mais qu'ils y étaient en raison d'une fausse conception égalitariste des études universitaires. En d'autres termes, à peu près tout le monde, selon certains, pouvait accéder à un programme universitaire(pas tous!), sans guère de prérequis. Une telle ouverture, non seulement comporte des coûts financiers, mais a aussi un effet sur le niveau de qualité de la formation reçue. Un professeur ne peut faire abstraction de la qualité moyenne du groupe d'étudiants devant lui. La pression vers la baisse de niveau est inévitable.

    Je n'aurais aucune objection à la gratuité scolaire à l'université, mais pour autant que celle-ci soit réservée à ceux qui ont réellement les capacités pour réussir un tel enseignement. Je souhaiterais aussi qu'ils puissent faire des études à plein temps avec l'aide de bourses. En contrepartie, on ne pourrait pas entrer à l'université comme dans un moulin. Il y aurait un sérieuse sélection à l'entrée.

    Je pense bien que le temps est venu au Québec de créer une commission d'enquête sur tout l'enseignement supérieur. Les questionnements sur celui-ci me semblent trop nombreux et importants. Et ceci dit, alors que je me méfie des palabres universitaires...!


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université

    • Yvan Dutil - Inscrit 15 juin 2012 08 h 41

      Tout à fait d'accords, c'est la façon de faire en Europe. Mais, essayez de faire cela içi et je vous prédis des émeutes encore pire.

    • France Marcotte - Abonnée 15 juin 2012 08 h 47

      Pour vous instruire de belle façon, messieurs, je vous renvois au Devoir de philo du 3 mars 2012.

      Le Devoir de philo - Pierre Bourdieu porterait un carré rouge
      Le sociologue nous permet de comprendre que l'institution scolaire peut perpétuer des inégalités sociales

      Par Caroline Dawson , Maxime Marcoux-Moisan.

    • France Marcotte - Abonnée 15 juin 2012 09 h 03

      ...renvoie...c'est plus élégant.

    • France Marcotte - Abonnée 15 juin 2012 10 h 04

      Je disais donc que je vous "renvoie", messieurs, au Devoir de philo du 3 mars 2012.
      «Le Devoir de philo - Pierre Bourdieu porterait un carré rouge
      Le sociologue nous permet de comprendre que l'institution scolaire peut perpétuer des inégalités sociales.»

    • Marc Davignon - Abonné 15 juin 2012 10 h 13

      Oui et non, cher professeur.

      Oui, pour la gratuité et la chance pour tous. Non, quand vous dites qu'il y a des gens qui ne sont pas à leurs places!

      En effet, il y a sûrement des gens qui n'y sont pas à leurs places et cela, ça vient avec la volonté de donner la chance à tous. Mais, en fait, qui sont ces gens qui ne sont pas à leurs places? Ça, c'est une question plutôt dangereuse à répondre. Est-ce ces gens accumulent les échecs? Ne devraient-ils pas s'éliminer par eux même (comme les «Darwin Awards») ? Ou ceux qui ne pensent pas comme nous? HA! HA!

      Percevez-vous la pente glissante? Il y aura toujours des gens qui ne pensent pas comme nous (frustrant, n'est-ce pas). Combien plus harmonieuse pourrait être la vie si tous pensaient comme nous? N'est-ce pas là une idée qui nous poignarde souvent l'esprit? Enfin, ceci devient absurde quand on nous dit qu'il faut penser «hors de la boîte» (out of the box). Ceci devient un problème inextricable quand il faut penser différemment, mais comme les autres!

      Bonne glissade.

    • Gilles Arpin - Inscrit 15 juin 2012 10 h 16

      Partie 1: Solutions à considérer par le gouvernement pour résoudre la crise scolaire du post secondaire:

      Modifier tel que suit les programmes de Prêts et Bourses :

      • Première année: Éliminer les prêts et octroyer des bourses à tous les étudiants acceptés aux programmes post secondaires.

      • Deuxième année et années subséquentes, incluant maîtrise et doctorat:
      1. Bourses plus généreuses, sinon complètes, pour l’étudiant ayant maintenu une note de 75% ou supérieure
      2. Réduction des bourses et augmentation des prêts à l’étudiant ayant maintenu une note de 65 à 75 %
      3. Élimination des bourses à l’étudiant ayant obtenu une note inférieure à 65%, mais il demeurera éligible aux prêts
      4. L’étudiant requis de reprendre une session sera inéligible au programme de bourses, mais demeurera éligible aux prêts.

    • Gilles Arpin - Inscrit 15 juin 2012 10 h 16

      Partie 2: Ces solutions rencontrent plusieurs objectifs:

      1. Établir une norme assurant que tout étudiant désirant une éducation post secondaire puisse la compléter la première année sans frais, peu importe sa situation financière.
      2. Établir des critères de rendements permettant à l’étudiant de bénéficier financièrement du « système » selon son rendement académique.
      3. Éliminer les frais de l’état reliés aux coûts d’offrir une éducation à l’étudiant qui n’a pas soit l’intérêt, la maturité ou les capacités intellectuelles de poursuivre une éducation post secondaire (seulement 28% des étudiants qui s’inscrivent à l’université terminent leur BAC).
      4. Assurer aux contribuables que les sommes dédiées à l’éducation post secondaire sont utilisées à bon escient.

      Cette formule assurerait vraisemblablement que les investissements ponctuels en éducation seront judicieusement utilisés par et pour des étudiants sincères dans leur poursuite d’une éducation supérieure.

    • Viviane Genest - Inscrite 15 juin 2012 11 h 34

      Et comment determinez-vous ceux ont reellement les capacites?

      Des cours difficiles en premiere annee font ce travail sans discrimination, ou comme une taxe a l'echec.

    • linda brault - Inscrite 15 juin 2012 15 h 45

      Qui na pas sa place??Un etudiant qui travaille peut se retrouver avec une note plus faible.J ai deux enfants qui ont des difficultes d apprentissage reliees a leur etat mais ils sont tres travailleurs et assidus....mais ils nont pas 99% dans leurs bulletins va t on refuser aux dysphasiques,dyslexiques etc les etudes universitaires et collegiales au moment meme ou on commence a leur offrir des services afin qu ils puisent faire eux aussi des etudes post-secondaires....ces personnes travaillent 10 fois plus qu un autre etudiant

    • Gilles Arpin - Inscrit 15 juin 2012 16 h 21

      @ Viviane Genest: Re: Et comment déterminez-vous ceux ont réellement les capacités? »

      J’imagine que vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe un processus de sélection qui comporte des critères d’admissibilité communs pour accéder aux études collégiales. Le cas échéant:

      http://www.sracq.qc.ca/guide/info/accueil.asp

      Au niveau universitaire, chaque institution définie ses critères, selon les restrictions imposées par le contingentement. C’est ainsi que ceux et celles qui n’ont pas réellement les "capacités" sont restreints dans leur choix.

      Re: Des cours difficiles en première année font ce travail sans discrimination, ou comme une taxe à l'échec.

      Commentaire plutôt simpliste, à mon avis. Tout étudiant accepté en première année a déjà été évalué et jugé capable de réussir.

      SVP expliquer: une taxe à l’échec…

    • Yvan Dutil - Inscrit 15 juin 2012 22 h 04

      Monsieur Arpin, je ne suis pas d'accord. Le critère d'admission n'ont que pour fonction dans le monde réel de limiter les dégats. En pratique, les étudiants peuvent admits sous conditions et on leur offrent du «soutien pédagogique» pour les maintenir le plus longtemps possible dans le système.

      Pour ce qui est du niveau de compétence des étudiants, un petit sondage au près du corps professoral m'indique qu'il est de l'opinion générale qu'entre le quart et la moitié des étudiants n'ont pas les compétences minimales attendues pour suivre leur cours. Mais, cela n'est pas grave parce que les institutions d'enseignement sont tant qu'ils sont inscrit.

      Le néolibéralisme fait aussi qu'un étudiant est une source de revenu pour une institution d'enseignement.

    • Gilles Arpin - Inscrit 16 juin 2012 12 h 30

      M. Dutil: Vous mettez le doigt sur un paradoxe typiquement québécois. D’une part, on vante un système où tout étudiant a "droit" à une éducation postsecondaire. D’autre part, on admet des étudiants qui sont mal préparés à ces études, et on tente de compenser leurs lacunes par un "soutien pédagogique". Résultats: non seulement un taux de décrochage très élevé, mais aussi des étudiants qui s’endettent dans la poursuite éphémère d’un niveau d’éducation hors de leur atteinte. Voir le tableau du Devoir sur le pourcentage de diplômés universitaires chez les 25-34 ans au Québec.

      http://www.ledevoir.com/galeries-photos/diplomes-l

      Concernant votre deuxième paragraphe, il y manque malheureusement un mot clé pour bien comprendre son sens: … "Mais, cela n'est pas grave parce que les institutions d'enseignement sont ??? tant qu'ils sont inscrit."

      Je devine que c’est "compensées financièrement", ce qui est un vrai scandale.

      Votre dernier paragraphe souligne l’ampleur du problème, car notre "société" s’acharne à "gaspiller" d’énormes ressources pour maintenir des corps chauds (warm bodies) sur les bancs universitaires, au détriment de toute logique.

      Finalement, les étudiants motivés, comme les enfants de Mme Brault, sont ceux qui méritent que la société fasse des efforts titanesques pour assurer leur réussite.

    • Kevin Charron - Inscrit 16 juin 2012 21 h 38

      La réponse à la question «qui n'est pas à sa place» est fort simple: Les étudiants peu talentueux.

      Si des étudiants se rendent à l'université sans avoir les capacités intellectuelles et la volonté de faire l'effort, c'est qu'il y a défaillances au niveau du tri.

      Premièrement, la cote R au cégep. Cette cote sert de comparaison pour les universités afin de savoir qui sont les meilleurs étudiants. Or, la cote R est injuste, car elle est dépendante de la performance des autres étudiants. Un excellent étudiant se trouvant dans une classe d'excellent étudiant aura une cote R faible, mais un étudiant moyen se trouvant dans une classe médiocre verra sa cote R grimper en flèche.

      Résultat, certains se trouvent avec des cotes R non représentative de leur talent. Or, il s'agit du seul point de référence utilisé par les universités.

      Deuxièmement, la facilité d'être accepté dans une université. Si un programme n'est pas contingenté, un cégépien peut passer sur la peau des fesses sans se forcer son DEC et entrer à l'université au côté de ses camarades qui se sont donné corps et âme pour avoir des 90%.

      Si on pouvait changer d'indice de comparaison et resserer les conditions d'accès aux universités, la qualité de l'éducation serait rehaussé sans dépenser le moindre sous.

      L'accès à l'Université doit être déterminé par le talent et la volonté des étudiants à accéder à l'université et non pas par sa capacité de payer.

      Donc, gratuité et resserrement sur les conditions et prérequis d'admissions aux études post-secondaires pour une Éducation de qualité accessible à tous ceux qu'ils veut bien faire l'effort d'y réussir.

    • Yvan Dutil - Inscrit 17 juin 2012 10 h 59

      Madame Charron, votre argument aurait du sens s'il n'était pas erroné. La cote R a été mise en place justement pour compenser pour la force du groupe pour que ce soit plus juste. En effet, il y avait des étudiants de certains cégeps qui avait des cote z incroyable au cégeps, mais qui étaient des étudiants moyen rendu à l'université, simplement parce qu'ils se trouvaient dans des groupes faibles. Cela créait des distorsions au point au certains étudiants allaient dans les cégeps poche pour avoir la cote z la plus haute possible. La cote R vient corriger cette distorsion.

      Ceci dit, il faudrait resserer l'admission à l'université. Mais, selon mon expérience, cela est aussi innaceptable sinon plus que la hausse de frais de scolarité.

    • Yvan Dutil - Inscrit 17 juin 2012 11 h 02

      Monsieur Arpin dans tous les sytèmes d'éducation, les universités sont payés à l'étudiant. Il y a donc une forte pression à baisser le niveau d'exigence. Cela s'est traduit en Amérique du Nord en conversion de la cote B et cote A au course des 20 dernières années et ce autant au public qu'au privé.

      Il me semble que si l'état paye, il devrait au moins exiger d'en avoir pour son argent.

  • Loraine King - Inscrite 15 juin 2012 06 h 04

    Formation continue

    Ce n'est certainement pas mon expérience. Diplômée, j'ai fait mon entrée sur le marché du travail il y a 38 ans. J'ai depuis accumulé autant sinon plus d'heures d'étude dans des programmes de formation continue qu'à l'université. J'évalue que la formation continue m'a été plus utile que ma formation universitaire car je n'ai jamais travaillé dans mon domaine d'étude. Ce n'est pas rare. Le premier ministre Harper a reçu une formation d'économiste mais n'a jamais travaillé en tant qu'économiste. Ces heures de formation continue je les ai accumulées pendant que je travaillais à temps plein.

    • Lydia Anfossi - Inscrite 15 juin 2012 13 h 56

      ET?

  • France Marcotte - Abonnée 15 juin 2012 09 h 02

    Déchirements

    L'histoire vécue d'un ami illustre bien il me semble le dilemme, l'ambiguïté, les contradictions dans lesquelles on se retrouve, comme société, face à la question de l'éducation.

    X avait du goût pour les études et voulait devenir médecin. Son père, un industriel assez prospère, répétait à ses fils l'importance de s'instruire dans la vie...en théorie du moins. Il fallait bien aussi qu'ils mettent l'épaule à la roue à la fonderie.

    Chaque fois que X passait plus de 20 minutes dans ses livres d'étude, son père s'impatientait et le traitait de fainéant.

    X a renoncé à devenir médecin, il a appris un métier moins exigeant qui s'étudiait plus vite.

  • Frantz Avril - Inscrit 15 juin 2012 11 h 06

    On n'est donc dans l'impasse

    Notre société a horreur des augmentations d'impôt et en même temps elle veut que tous les services soient gratuits.

    J'ai lu ce petit texte ci-dessous quelque part qui est un monologue d'Yvon Deschamps. J'étais jeune et inconscient quand je l'ai entendu pour la première fois. C'était juste drôle. Aujourd'hui, il révèle clairement le dilemne que chacun de nous faisons face. Plus d'impôt plus de services gratuits ou moins d'impôt et moins de services gratuits. Rien n'est vraiment gratuit dans la vie, alors quoi faire.

    <<Le vrai québécois, qu'est-ce qu'y veut:
    Y veut avoir les garderies gratisses;
    Les maternelles gratisses;
    L'école gratisse;
    Les universités gratisses;
    Les docteurs gratisses;
    La pital gratisse;
    Les dentisses gratisses;
    Les loisirs gratisses;
    et, les revenus garantis gratisses.

    Le vrai québécois veut ça, mais à une condition; que le gouvarnement mette jamais l'nez dans ses affaires ou qu'y augmente pas ses impôts.>>

    • Lydia Anfossi - Inscrite 15 juin 2012 13 h 59

      Pas de problème à ce que nous payions de l'impôt, il faut juste s'assurer que les riches font aussi leur juste part à ce chapitre. Les très riches.

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 juin 2012 15 h 23

      En fait, il y a des gens qui veulent baisser les impôts et monter les tarifs -- comme les Libéraux -- et ceux qui veulent une plus grande justice sociale par le biais de l'impôt. «Société» ne veut pas dire unanimité.

  • Bernard Terreault - Abonné 15 juin 2012 11 h 20

    Ironique

    Ironie : l'auteur de la lettre étudie dans une université américaine qui charge plus de 10 000 $ par année ! Comme bien des doctorants, il est probablemet boursier et ne les paye pas de sa poche. Qu'il plaide pour le plein temps aux études me fait croire qu'il étudie les sciences pures : dans mon cas (autour de 1960) le cursus était tellement lourd qu'il était inconcevable de travailler par ailleurs, sauf en été bien sûr. Mais je pose une question à M. Landry : pourquoi le Québec paierait-il les études d'un étudiant qui, sitôt diplômé, quitte le Québec ? Ce n'est pas un reproche à M. Landry, j'ai moi-même été boursier, fait un doc aux ÉU, puis un post-doc en France, et ne suis enfin revenu au Québec que par un concours de circonstances rare, car il y avait bien peu de postes dans tout le Canada dans mon domaine.

    • François Beaulé - Inscrit 15 juin 2012 14 h 42

      Le gouvernement affirme que la hausse des droits de scolarité portera à 17% la part des étudiants dans le financement des universités. L'évaluation vaut peut-être pour les étudiants qui ne recevront pas de prêt ni de bourse. Dans ses publicités le gouvernement ne donne pas de détails sur ses calculs.

      Quoi qu'il en soit, même avec la hausse, les diplômés qui quittent le Québec sans avoir payé des impôts ici pendant suffisamment longtemps ne financent pas le système d'éducation: écoles, Cégeps et universités.

      La hausse des droits ne règle pas ce problème.