Une distinction qui s’impose

La ministre Christine St-Pierre
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot, Archives La ministre Christine St-Pierre

Je désire faire le point sur le débat qu’ont suscité mes propos et ainsi mettre au clair les arguments avancés. Déjà bien amorcée, la récupération de ma déclaration a fait son chemin. Voici donc ce que j’entendais dire sur le sujet de la violence et sur celui du carré rouge.

Avant toute chose, je veux réitérer mes excuses à tous ceux que mes paroles ont pu blesser. Il n’était aucunement dans mes intentions de mettre en doute l’honnêteté de l’engagement et la non-violence des artistes.


La signification première du carré rouge a été perdue ou diluée depuis le début du boycottage. Synonyme du refus de la hausse des droits de scolarité au tout début, le symbole du carré rouge n’appartient plus seulement à la cause étudiante. Les «casseurs», ceux qui ont causé la violence, ont porté le carré rouge et se sont identifiés à la cause des étudiants. Ils ont ainsi récupéré le carré rouge et l’ont associé aux actes de violence qu’ils ont commis. L’association malheureuse entre la violence et le carré rouge s’est ainsi faite malgré tous ceux qui appuient « la cause » des étudiants et qui ne sont porteurs d’aucun message violent.


Il est tout aussi absurde de faire une association entre Fred Pellerin et le mot «violence». J’ai trop de respect pour le travail des artistes, pour celui de monsieur Pellerin en particulier, pour même songer à une telle chose. Depuis cinq ans, je travaille avec toute mon énergie et tout mon coeur à faire avancer la cause de la culture au Québec aussi bien qu’à l’étranger et je désire assurer les Québécois que je vais continuer à défendre les intérêts de nos artistes.


Il est primordial, nous en sommes conscients, de faire la distinction entre les partisans de la cause des étudiants et les actes de violence, mais il est aussi impératif de dénoncer ces mêmes actes de violence haut et fort. La violence et l’intimidation que nous dénonçons, ce sont autant les chaînes d’étudiants qui veulent empêcher d’autres étudiants d’entrer en classe pour suivre leurs cours que les menaces reçues par ceux qui « osent » défendre un autre point de vue que celui des étudiants. Le Québec n’est pas une société violente, c’est pourquoi il est toujours surprenant d’entendre ou de lire les propos menaçants ou carrément violents de certains. Je réitère donc ma demande aux citoyens et citoyennes du Québec de condamner la violence, peu importe la forme qu’elle prend.

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Christine St-Pierre - Ministre de la Culture, des Communications  et de la Condition féminine

20 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 14 juin 2012 01 h 43

    Piètre et arrogante tentative de justification de la ministre !

    Il semble que ce qui reste de conseillers politiques au PLQ soit en panne complète d’inspiration, pour nous pondre le lamentable «Mme Marois, c’est la rue», et à présent une piètre et arrogante tentative de justification d’une position indéfendable de la ministre de la culture, qui avait clairement affirmé : «Nous, on sait ce que ça veut dire, le carré rouge. Ça veut dire l'intimidation, la violence.»

    La ministre a maintenu son imprudente accusation, a refusé de s’excuser, pour se faire dire sans doute ensuite que le nombre des protestataires et leurs qualités la plaçaient dans une situation de démission potentielle. D’où ces des “excuses”… mais qui sont de pure forme.

    En effet, Madame St-Pierre persiste et signe… en continuant à assimiler le carré rouge aux exactions de quelques casseurs qui ne sont aucunement représentatifs des centaines de milliers de manifestants que l’on s’emploie vainement à discréditer.

    Pour aggraver son déficit de légitimité, la ministre de la culture en rajoute en affichant son mépris et sa méconnaissance de la démocratie étudiante.

    Dans cette agitation textuelle autour du mot «violence», la ministre et son pénible scribe n’auront pas réussi à évoquer une seule fois la violence réelle et massive de la répression commandée par son gouvernement contre le mouvement étudiant !

    Voilà qui nécessiterait sans doute d’autres excuses … qui pourraient bien sûr tarder à venir !

    Yves Claudé

    • Catherine Paquet - Abonnée 14 juin 2012 07 h 55

      Mauvaise foi.
      Si M. Claudé a lu trop rapidement le texte plus haut,on lui rappelle l'essentiuel:"Avant toute chose, je veux réitérer mes excuses à tous ceux que mes paroles ont pu blesser. Il n’était aucunement dans mes intentions de mettre en doute l’honnêteté de l’engagement et la non-violence des artistes."
      Il n'y a que la mauvaise foi pour faire dire à quelqu'un qu'il ne s'agit pas d'excuses en bonne de due forme.

    • Jean Guy Nadeau - Inscrit 14 juin 2012 09 h 54

      Pourquoi s'excuser seulement à ceux que ses paroles ont pu blesser, en ce cas les artistes ? Et les autres? Et le simple
      Et rapport à la vérité??

  • David Boudreau - Inscrit 14 juin 2012 04 h 42

    Condamner toutes les formes de violence

    Mme Saint-Pierre et son parti voit la violence là où ils le veulent bien. La violence économique de même que les interventions policières disproptionnées n'entrent manifestement pas dans leur champs visuel. Mme Saint-Pierre, le mal est fait et j'ai pour ma part très bien compris le sens de vos propos que vous tentez de justifier de manière très malhabile. Je vous cite : "Il est tout aussi absurde de faire une association entre Fred Pellerin et le mot «violence»." Cette malheureuse association, c'est vous qui l'avez faite, et non le "il" impersonnel derrère lequel vous semblez vouloir camoufler votre erreur. Votre lettre cache très mal la ligne de partie derrière laquelle vous vous êtes rangée, édulcorant par le fait même la sincérité de vos excuses.

  • Gilles Delisle - Abonné 14 juin 2012 07 h 16

    Déconnectée!

    Complètement déconnectée la madame. Les actes de violence, dont elles parlent, provoqués par son gouvernement, ont étéréalisés très majoritairement par des casseurs et des personnes qui ne vont plus "à l'école" depuis longtemps! Allez-vous cesser de faire croire à la ^population que les étudiants sont des êtres dangeureux et violents? Allez-vous cesser, vous et vos malheureux collègues de faire de la démagogie sur le dos des étudiants?

  • Lise Lacombe - Inscrite 14 juin 2012 07 h 25

    La vraie dénonciation

    Mme St.-Pierre, la journée ou vous et vos collègues dénoncerez cette violence sans faire de différence entre les opinions des victimes de celle-ci, alors je prêterai peut-être foi à vos dires. Vous ne faites jamais mention des animateurs de radio poubelle qui incitent les citoyens à la violence contre ceux qui divergent d'opinion avec vous, et en réponse aux actes de violence policière (bavures) documentés vous vous repliez sur la déontologie policière (Portez plainte et on verra...) Pour ma part, je porte le carré rouge et je pratique la non-violence, celle qui ne fait aucune distinction quant à l'allegeance des victimes.... Faites donc de même.... Que le carré soit vert, noir, rouge ou blanc...

  • Fabien Nadeau - Abonné 14 juin 2012 07 h 27

    Encore un p'tit bout, Mme St-Pierre

    Votre mot d'excuses sent bien que vous voulez récupérer les votes que vos mots malheureux vous ont perdus.

    Mais le mal est fait, et en vous joignant à la propagande haineuse de votre leader, vous contribuez au clivage politique que M. Charest souhaite pour être réélu. Que des casseurs récupèrent la manifestation étudiante pour faire avancer leur cause n'autorise personne de sensé à dire que le carré rouge a perdu de sa légitimité. À moins de mentir pour faire avancer sa cause, comme Monsieur Charest.

    C'est comme si on disait que le titre de ministre n'a plus de valeur parce qu'un certain Tomassi a été, hum, indélicat. Vous voyez bien que ça n'a pas d'allure.