La réplique › des casseroles aux urnes - Le désir profond d’un Québec progressiste

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	Selon Amir Khadir et Françoise David, aucune alliance n’est possible sans une vision commune de la crise sociale des derniers mois et de son potentiel de changement profond et durable.</div>
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
Selon Amir Khadir et Françoise David, aucune alliance n’est possible sans une vision commune de la crise sociale des derniers mois et de son potentiel de changement profond et durable.

Le 5 juin dernier, dans ce journal, Pierre Curzi, député de Borduas, appelait les forces souverainistes à s’unir pour empêcher la réélection du Parti libéral. Selon lui, seule cette approche, « tout sauf Charest », pourrait stimuler le vote des abstentionnistes et favoriser l’élection d’un gouvernement progressiste dirigé par le Parti québécois.

 

Québec solidaire salue les efforts du député de Borduas, qui témoignent de préoccupations légitimes et d’une volonté sincère de sortir le Québec d’un désastre politique qui perdure. D’autres que lui posent en ce moment la question d’une alliance souverainiste, seule capable à leurs yeux de « libérer le Québec des libéraux ». Mais quelle alliance, sur quelle base ? Devons-nous accorder foi à ceux et celles qui avancent que le Parti québécois est ce parti progressiste que plusieurs appellent de leurs vœux ?
 

La crise étudiante et sociale que nous vivons depuis plusieurs mois est une illustration éloquente des ambiguïtés et des contradictions dans lesquelles est enfermé le Parti québécois. Il aura fallu 11 semaines à Mme Marois pour enfin définir la politique de son parti en matière de droits de scolarité. Le PQ cherche depuis février à se concilier le mouvement étudiant tout en courtisant des électrices et électeurs potentiels au centre-droite. Rappelons-nous aussi la motion déposée par la députée péquiste Véronique Hivon pour inviter au respect des injonctions, au moment même où les étudiants et étudiantes résistaient aux tentatives individuelles de forcer les entrées dans des cégeps où la grève avait été démocratiquement votée !
 

Dans l’histoire de l’alternance entre le Parti libéral et le Parti québécois, ce dernier a joué un rôle actif dans le virage néolibéral imposé au Québec. L’instauration d’un réseau de centres de la petite enfance, la loi sur l’équité salariale ou la réforme de 2002 de la loi sur les normes du travail ne sauraient nous faire oublier les orientations plus fondamentales qu’a soutenues le Parti québécois depuis 1982 : loi spéciale contre les syndicats du secteur public en 1982, appui sans réserve aux accords de libre-échange nord-américain, coupes massives dans la santé et l’éducation pour atteindre l’équilibre budgétaire, réformes appauvrissantes de l’aide sociale, baisses d’impôt profitant surtout aux contribuables riches, refus de mettre en œuvre une réforme du mode de scrutin…
 

Si le passé est garant de l’avenir, comment ne pas s’inquiéter d’un parti qui trop souvent clignote à gauche avant une élection, pour tourner à droite une fois au pouvoir?
 

Les deux vieux partis partagent à des degrés divers la responsabilité du déclin politique qui nous afflige. Les trois manifestations de plus de 200 000 personnes, tout comme le mouvement étudiant, les professeurs, les juristes, les écologistes, les artistes, les intellectuels et les autres personnes qui ont marché dans la rue expriment un ardent désir de voir le Québec et la classe politique retrouver le sens du bien commun et se débarrasser une fois pour toutes d’une vieille culture politique qui permet la domination du 1 %.

 

Libérez-nous… du 1 % !

Le sens à donner à l’éveil politique et à la métamorphose sociale en cours réside à notre avis dans un rejet massif d’un système contrôlé par une minorité qui ne cesse de s’enrichir sur le dos des 99 %. Les élites politique et économique, main dans la main, ont accouché d’un monde plus que jamais inégalitaire. Elles ont aussi poussé la planète à ses dernières limites. Un bilan récent du GEO-5 affirme que les activités humaines exercent une telle pression sur les écosystèmes que les limites de la Terre ont quasiment été atteintes.
 

Dans sa chronique du Voir publiée le 31 mai dernier, « Et maintenant, on va où ? », Josée Legault interprète ainsi la mobilisation sociale actuelle : « Quant au problème de fond, je persiste et signe. À savoir que cette reprise de parole est surtout l’expression d’une colère montante contre la dilapidation du bien commun au nom d’une vision essentiellement néolibérale et affairiste. » À Québec solidaire, nous voyons les choses de la même manière.

 

Le pays à construire est progressiste

Comment pouvons-nous répondre aux aspirations légitimes du peuple québécois ? À l’heure où notre jeunesse se politise et se mobilise, où une large partie de la population a choisi la rue et entamé une marche du changement, nous avons le devoir de surmonter une lourde force d’inertie dans nos habitudes intellectuelles. Le temps est venu d’avoir le courage et le cran de sortir du périmètre intellectuel de l’orthodoxie souverainiste.
 

Le Québec n’est plus et ne sera plus jamais le même. Un nouvel ancrage électoral gauche-droite a émergé. L’enthousiasme pour le moins mitigé envers le Parti québécois, qui est perçu par les uns comme appartenant à l’élite au pouvoir autant que le Parti libéral et qui en désole d’autres par son refus d’engager résolument le nécessaire combat pour l’indépendance, change aussi la dynamique politique au Québec. Il est évident que le réalignement des forces politiques se poursuivra, qu’un ménage doit avoir lieu et qu’aucun parti n’est propriétaire du vote souverainiste. Quelle attitude les femmes et les hommes politiques souverainistes doivent-ils adopter ?
 

À Québec solidaire, nous avons l’intime conviction que les propositions politiques doivent être au diapason des mouvements sociaux progressistes. C’est ce que notre parti s’efforce de faire depuis sa fondation. Les membres de Québec solidaire, nombreuses et nombreux à être issus des mouvements sociaux, souhaitent sincèrement que ceux-ci gagnent, parce que leurs revendications expriment les préoccupations et les intérêts du peuple. Quand les mouvements sociaux font des gains, c’est le Québec entier qui est gagnant.
 

Québec solidaire est également convaincu que seul un projet social peut désormais porter le projet national. Que notre optimisme et des propositions emballantes et audacieuses, en rupture avec les dogmes du marché et l’austérité, fondées sur la recherche de l’intérêt collectif et sur les valeurs écologistes et féministes, sont les seuls antidotes possibles au cynisme que suscite le reste de la classe politique.
 

Le Parti québécois ne peut plus chercher à jouer un rôle hégémonique dans la construction du pays du Québec. Nous l’invitons à faire preuve d’un peu d’humilité. À être attentif aux partis politiques et ouvert aux mouvements sociaux qui veulent bâtir un pays novateur, chef de file aux plans de l’environnement, du partage des richesses, de l’égalité entre les sexes, des droits du travail, du développement local et régional. Un pays où la démocratie arrive enfin à maturité avec un mode de scrutin proportionnel faisant place au pluralisme des idées ; une démocratie de participation qui s’enrichit des projets et des actions transformatrices de la société au jour le jour et dans tous les milieux.
 

La crise étudiante et sociale actuelle nous fait redécouvrir collectivement une jeunesse intelligente, inspirée, qui ose affronter la droite. Les prochaines élections générales verront, nous n’en doutons pas, beaucoup de jeunes voter pour la première fois. Elles et ils n’accepteront certes pas des programmes politiques édulcorés, aseptisés, fondés sur les mêmes éternels paramètres idéologiques. Le Québec et les jeunes méritent mieux !

 

Nous avons le choix

L’état actuel des choses n’est pas une fatalité ou un phénomène naturel inéluctable. Il est l’épouvantable résultat de choix et de gestes posés par les gouvernements dans les dernières décennies, au Québec comme ailleurs, en faveur du 1 % qui se croit tout permis.
 

Le peuple a le choix. Les femmes et les hommes politiques ont le choix. Tout est une question de volonté citoyenne et de volonté politique. Tout peut changer. Depuis plusieurs années, maintenant, le Québec a retrouvé le goût de rêver et d’agir. Contre les gaz de schiste et pour un développement vraiment viable. Contre les inégalités et pour le partage de la richesse. Contre la corruption des milieux politiques et pour des politiciennes et politiciens démocrates et intègres. Contre la hausse des droits de scolarité universitaires et pour une éducation gratuite et de qualité. Les gens sont dans la rue, renouant du même coup avec le plaisir d’être ensemble. Ils ne se taisent plus et refusent de céder à la peur. Ils feront entendre le doux son des casseroles dans les urnes, exerçant leur capacité à choisir.
 

Plusieurs plaident en faveur d’une alliance progressiste et souverainiste afin de nous assurer que le Parti libéral mordra la poussière lors des prochaines élections générales. À nos yeux, cette alliance ne saurait exister sans que les partis concernés acceptent de se livrer à une analyse sincère et sans complaisance des erreurs du passé.
 

Aucune alliance n’est possible sans une vision commune de la crise sociale des derniers mois et de son potentiel de changement profond et durable. Aucune alliance n’existera sans une volonté nette exprimée par les membres des formations politiques concernées. Quoi qu’il arrive et quelle que soit la décision des partis souverainistes, personne ne « nous libérera des libéraux » sinon la volonté souveraine du peuple québécois. Nous lui faisons confiance. Nous savons qu’il a de grandes ambitions pour son avenir.


***

Françoise David, Amir Khadir - Porte-parole de Québec solidaire

40 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 14 juin 2012 01 h 18

    « Libérons-nous les libéraux » … et de leurs alliés !

    Le piètre résultat de Québec solidaire dans Argenteuil (2.7 %) commence à ébranler quelque peu la Tour d’ivoire dogmatique, au sommet de laquelle trône Madame Françoise David.

    Cependant, les conditions que pose la co-cheffe de Québec solidaire pour une entente électorale avec le PQ et ON, témoignent d’une arrogance que l’on croyait réservée au parti gouvernemental.

    Pourtant, même si QS persistait dans son rôle de soutien au PLQ en s’employant activement et pour une troisième fois à contribuer à la réélection du gouvernement Charest (pour un 4e et désastreux mandat), il est à prévoir que cette petite formation politique subirait ensuite le même effondrement que celui du groupe maoïste En Lutte, une secte politique à laquelle Madame Françoise David a appartenu il y a trois décennies … en compagnie de Monsieur Pierre-Karl Péladeau.

    Si le destin politique de Madame Françoise David passe par une alliance avec le PLQ, pourquoi ne rejoint-elle pas directement l’équipe de Monsieur Jean Charest, dans laquelle elle ferait une excellente porte-parole de la condition féminine, dans l’opposition à un gouvernement progressiste ?

    Il reste que, dans le contexte stratégique actuel, si la population du Québec veut se «libérer des libéraux» aux prochaines élections, il faudra disposer de la même manière de leurs alliés de Québec solidaire !

    Yves Claudé

    • Dominique Garand - Abonné 14 juin 2012 08 h 32

      Monsieur Claudé, j'aime en général vos réactions, mais vous tombez un peu bas dans celle d'ajourd'hui. Il est certain que la division du vote souverainiste peut favoriser l'élection du PLQ, mais de là à faire de QS un allié idéologique du PLQ, il y a des limites! Et puis, faute d'argument vraiment solide, vous y allez d'allusions vicieuses contre les personnes de Mme David et M. Khadir. Vous êtes capable de plus d'élévation.

      Leur prise de position devant la demande d'une coalition témoigne de leur cohérence et de leur attachement aux valeurs qu'ils défendent. Nous avons là un parti qui ne pense pas qu'en termes de stratégie, mais qui mise avant tout sur le développement de la conscience sociale. On ne peut que respecter cette intégrité.

      La division du vote des opposants au PLQ m'inquiète moi aussi. Je pense que quelque chose peut être fait pour contrer cette menace. Voilà pourquoi j'apprécie l'ouverture qui se dessine dans les deux derniers paragraphes du texte de Khadir et David. Je souhaite de tout coeur que le PQ répondra positivement à l'appel qui y est lancé. Et vous aussi.

    • Yves Claudé - Inscrit 14 juin 2012 13 h 02

      Monsieur Dominique Garand,

      Si vous appréciez le fait que j’aie par exemple démontré et dénoncé l’impertinence de l’opération (12 juin) de deux quotidiens de Quebecor contre Monsieur Khadir (à voir aussi sur vigile.net), vous devrez reconnaître que c’est avec la même sincérité et détermination que je déplore les stratégies politiques antisociales de Québec solidaire.

      Alors qu’ils travaillent objectivement, comme lors des deux dernières élections, à la réélection du gouvernement Charest, les co-chefs de QS ne semblent pas à même d’éprouver la moindre empathie pour tous les citoyens qui subissent les effets du néolibéralisme qui se déploient sous la gouverne du PLQ. Malgré un discours convenu aux allures de “gauche”, ces dirigeant font malheureusement de la très petite politique, au détriment de la population qu’ils prétendent défendre, et au profit d’ambitions politiques très illusoires.

      La prétention de QS de récupérer le mouvement populaire des casseroles me paraît odieuse et irrecevable, alors qu’ils s’emploient à l’avènement du pire pour notre société.

      Et tant qu’à risquer de vous décevoir, je déplore aussi le fait, qu’alors que QS se prétend “indépendantiste”, les véritables indépendantistes soient marginalisés au sein de ce parti, au profit de la promotion et du recrutement d’individus qui secondarisent la question nationale et d’autres qui, adeptes du NPD ou pseudo “anarchistes” antinationaux, sont des adversaires de l’émancipation du Québec.

      Yves Claudé

    • Michaël Lessard - Abonné 14 juin 2012 14 h 04

      Bonjour,

      Même si je ne trouve pas que cette lettre soit parfaite (et je suis membre actif de QS), ce n'est pas arrogant de dire qu'une coalition implique une entente ou une coalition autour de principes directeurs sur comment nous governerons après.

      Personnellement, j'appuie une coalition qui a comme objectif un processus vers une constitution québécoise et une réforme importante de notre système démocratique.

      Les partis politiques, comme ON et QS, n'existent pas pour faire élire le PQ. Ils existent pour apporter des changements politiques. Donc, *si* le PQ ou plutôt Marois veut une coalition (j'en doutes fortement), il faut un point de rassemblement politique plus porteur ou sérieux que simplement aider le PQ.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 juin 2012 15 h 37

      QS comme Nader naguère? Embêtant, cela. Les porteurs légitimes auto-proclamés d'une cause qu'ils ont le malheur d'être seuls à la comprendre tout à fait, après s'être employés à discréditer à grand coup de faux tous leurs adversaires poursuivraient maintenant leur ouvrage à en désigner les ennemis objectifs inconscients, involontaires ou même bassement intéressés. Ainsi la marche de l'histoire pourrait-t-elle se poursuivre selon leurs voeux et surtout sans que le bon peuple ne l'entrave en exerçant leur liberté démocratique de façon trop inconsidérée. Remercions les : ils sont la conscience de notre peuple. Ils éclairent nos nuits et guident nos pas vers le salut. On ne comprend pas pourquoi Françoise David et Amir ne renoncent pas à leurs ambitions illusoires. Ce sont des faux vrais. Vous avez raison.

    • Yves Claudé - Inscrit 14 juin 2012 16 h 06

      Les « erreurs du passé » de Québec solidaire !

      Monsieur Michaël Lessard,

      Tout en respectant votre engagement social, et politique dans QS et le NPD, je ne comprends pas votre défense des orientations de la direction de QS, orientations qui risquent de provoquer l’implosion de ce parti !

      En posant des conditions à une entente électorale qui ressemblent à une exigence d’adhérer à ses orientations et points de vue, QS fait effectivement preuve d’arrogance et ne démontre aucune bonne volonté, dans ce qui est pourtant une nécessité de base pour la grande majorité des Québécois, soit en finir avec le règne du PLQ !

      QS affirme : « À nos yeux, cette alliance ne saurait exister sans que les partis concernés acceptent de se livrer à une analyse sincère et sans complaisance des erreurs du passé. »

      On ne voit pourtant aucune trace de cette autocritique de la part de QS ! Rien sur son entêtement à faire réélire le PLQ contre les intérêts des 99% des citoyens et à préférer ce parti au PQ, sur sa complicité discrète mais active avec le NPD, sur son refus d’une réelle laïcité, etc.

      Si les héritiers des maoïstes qui se sont joints aux forces fédéralistes pour infliger une défaite à la nation québécoise en 1980, continuent dans la même orientation antisociale et antinationale, ce sont les citoyens qui sauront les juger, en tant qu’électeurs, à leur juste valeur.

      Yves Claudé

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 14 juin 2012 18 h 09

      Vous avez raison monsieur Claudé. Ce texte prouve que QS à l'intérieur d'une province veut faire avancer ses convictions sociales prédominantes en focalisant sur le 1%.

      QS en focalisant sur le 1% et ses principes sans volonté de pragmatisme fait objectivement le jeu des libéraux c'est vrai et c'est mathématique. Le scrutin uninominal intégral existe tant qu'il existera, il faudra faire avec.

      Alors voilà, si Mme Marois est trop centriste, d'autres députés péquistes dans un éventuel gouvernement PQ si majoritaire pourront faire avancer la cause d'un scrutin mixte nécessaire pour créer une coalition souverainiste.

      En attendant ceux qui n'accusent que le PQ dans le refus d'une alliance se trompent qu'ils regardent aussi du côté de QS.

      Que QS découvre le pragmatisme progressiste!

      Et du côté du NPD fédéraliste, faudrait que QS joue franc jeu sur ses intentions de collaboration active.

    • Benoît Landry - Inscrit 14 juin 2012 22 h 00

      M. Claudé vous devriez apprendre à lire des statistiques ainsi vous verriez que Québec Solidaire n'est pas allé chercher ses votes au PQ, ni à d'autres des trois partis. Ils sont allés chercher des votes chez ceux qui s'abstenaient depuis longtemps. Par exemple, vous remarquerez qu'au cours des élections successives le trio PQ, PLQ ADQ a toujours récolté relativement le même nombre de votes. Par exemple en 2007 le trio a récolté 50 000 votes de moins qu'en 2003 tandis que le parti VERT et QS récoltaient ensemble 300 000 votes et relevaient le taux de participation de 1 %. Ce n'est pas énorme, mais significatif pour montrer que pour attirer les citoyens aux urnes il faut leur offrir des alternatives

    • Viviane Genest - Inscrite 14 juin 2012 23 h 21

      Le NPD est un moindre mal dans un mariage forcé avec le Canada.

      Comme le PQ est le seul a pouvoir battre Charest, NPD est le seul à pouvoir battre Harper.

    • Michaël Lessard - Abonné 14 juin 2012 23 h 28

      Je suis désolé, mais comme tout autre pays et toute société pluraliste, on ne peut pas demander au peuple québécois de n'avoir que des partis de droite et de centre. On peut bien avoir un parti de gauche.

      Mais, concrètement, je suis pour des formes de coalition pour déloger le régime Charest, sauf que vous nous demandez de simplement appuyer le PQ alors que Marois est très ambigüe dans ses positions et nous nous souvenons du Lucide Bouchard, Lucide Facal, etc. Marois porte le carré rouge, mais n'ose pas nommer sa position, c'est louche.

      Certes, le PQ sera moins radical et plus parlable en théorie, mais dois-je vous informer que *QS est né de tout plein de gens du monde communautaire qui ont goûté à la médecine du PQ*.

      Vous ne suggérez pas vraiment une coalition, vous suggérez qu'on abandonne pour voter PQ.

      QS est là pour rester et *vous allez donc devoir trouver des solutions plus intelligentes que nier le pluralisme démocratique*.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 14 juin 2012 23 h 47

      En contre-partie d’une entente de collaboration ad hoc aux prochaines élections, le PQ devrait s’engager, s’il prend le pouvoir, à réformer le système électoral pour avoir une certaine dose de représentation proportionnelle à l’Assemblée nationale, et instaurer un mode de scrutin uninominal à deux tours.

      On aurait alors une vraie démocratie, i.e. le pouvoir dans les mains de la majorité, et non dans les mains du parti le plus fort.

      « Il est préférable de partager une chose que de ne rien avoir. »

      En vue des prochaines élections et même au-delà en permanence pour la gouverne de l'État québécois, il faut une COALITION des groupements ou partis indépendantistes, souverainistes, et autonomistes.

      Dans la plupart des pays démocratiques, les gouvernements sont des coalitions. Pourquoi serait-ce un désastre au Québec? Au contraire. Une coalition n’est pas une maladie honteuse ni un cancer, malgré le fait que chacun des (anciens) grands (?) partis aimerait bien être le seul sur la glace à toujours avoir la rondelle. C'est tout simplement le reflet de la démocratie et le rejet de la pensée unique.

  • helene poisson - Inscrite 14 juin 2012 03 h 31

    Québec solidaire, souverainiste ???

    QS ne s'engage pas dans son programme de 2009 à réaliser la souveraineté du Québec.
    QS s'engage plutôt a créer une assemblée constituante qui entreprendra le cheminement d'une démarche...etc

    Jamais nous n'entendrons M. Khadir ou Mme David dire que la souveraineté est un priorité immédiate pour le Québec.

    Ils écrivent plutôt que ''seul un projet social peut désormais porter le projet national'' en ajoutant:

    ''Aucune alliance n’existera sans une volonté nette exprimée par les membres des formations politiques concernées''

    Justement, par rapport à cette ''volonté nette exprimée par les membres'', le site internet de QS admet en toute candeur ce qui suit:

    ''Au moins deux autres congrès seront nécessaires pour compléter l'élaboration de notre programme.

    Les thèmes prévus pour le prochain congrès sont les suivants : famille, égalité des sexes, féminisme et identité et diversité sexuelle.

    Rappelons qu'un Programme est une vision à long terme et non un plan d'action ni un engagement à court terme. Il ne s'agit donc pas de la plateforme électorale qui, elle, affirmera les engagements de Québec solidaire pour les quatre années à venir.''
    -----

    Face au projet de loi C-38 de M. Harper, M. Khadir est-il toujours aussi fier de son vote NPD du 2 mai 2011 ? Prévoit-il rencontrer bientôt le nouveau chef néo-démocrate, l'utra-centralisateur M. Mulcair pour parfaire leur alliance ?

    Mme David voterait-elle encore NON à un référendum sur la souveraineté si tout n'est pas à son goût ? Stéphane Dion doit être fier de sa traditionnelle clarté idéologique exemplaire.

    Les corrupteurs libéraux pourraient contribuer au financement de QS dans certains comtés chauds. Tout comme ils ont déjà financé l'ADQ, tel que démontré par les excellentes recherches de... QS.

    Dommage M. Curzi, QS rejette votre appel. La cause de l'indépendance n'est pas assez importante pour M. Khadir et Mme David. Les coûts du fédéralisme pour la vie québécoise ne les intéressent pas non plus.

    • Mario Jodoin - Abonné 14 juin 2012 09 h 56

      «QS s'engage plutôt a créer une assemblée constituante qui entreprendra le cheminement d'une démarche...etc»

      Dans le «etc», il y a un référendum, tandis que le PQ lui s'engage à ne pas en tenir et à appliquer la «gouvernance souverainiste«!

      La cause de l'indépendance n'est peut-êtrepas assez importante pour le PQ?

    • helene poisson - Inscrite 14 juin 2012 11 h 52

      Je vous invite à trouver le mot ''référendum'' dans ce long extrait du programme 2009 de QS:

      '’Assemblée constituante sera élue au suffrage universel et sera composée d’un nombre égal de femmes et d’hommes. Le mode de scrutin assurera la représentation proportionnelle des tendances et des différents milieux socio-économiques présents au sein de la société québécoise. L’élection de cette Assemblée constituante devra permettre aux candidats et aux candidates de tous moyens et toutes origines d’avoir un accès équitable aux moyens de communication. Les membres de l’Assemblée nationale ne pourront pas être se faire élire à l’Assemblée constituante, puisque cette participation requiert une disponibilité à temps plein.

      Après l’élection de l’Assemblée constituante, celle-ci aura la responsabilité et les moyens de mener un vaste processus de démocratie participative visant à consulter la population du Québec sur son avenir politique et constitutionnel, de même que sur les valeurs et les institutions politiques qui y sont rattachées. En fonction des résultats de la démarche --qui devront être connus de la population et dont l’Assemblée constituante aura l’obligation de tenir compte-- cette dernière élaborera un projet de constitution.
      Les propositions issues de l’Assemblée constituante, y compris celle sur le statut politique du Québec, seront soumises au choix de la population par référendum, ce qui marquera la fin du processus.' (fin de la citation)

      Le père de la Loi sur la clarté référendaire, M. Stéphane Dion, n'aurait pas mieux fait. A-t-il des droits d'auteur ?

      Pharma-Québec de QS est intéressant. Le fédéral contrôlant entre autres la Loi sur les brevets, sa concrétisation se ferait-elle avant ou après l'assemblée constituante de QS ?
      Un autre ''vaste processus'' qui met la charrue devant les boeufs... Plusieurs à QS prennent leur pilule devant cette réalité.
      Pas de Pharma-Québec, sans la souverainté.

    • Mario Jodoin - Abonné 14 juin 2012 16 h 34

      «Je vous invite à trouver le mot ''référendum'' dans ce long extrait du programme 2009 de QS:»

      Il y est, comme je vous l'ai dit, alors qu'il n'y en aura pas du tout dans la plateforme du PQ, réalité qui ne semble pas vous déranger, puisque vous n'en parlez pas.

      «Le père de la Loi sur la clarté référendaire, M. Stéphane Dion, n'aurait pas mieux fait.»

      Je ne comprends pas cette remarque désobligeante et sarcastique. M. Curzi et bien d'autres personnes qui ne sont pas membres de QS recommendent aussi la formation d'un assemblée constituante. Et je ne savais pas que la loi de la clarté contenait quoique ce soit à ce sujet.

  • vincent dostaler - Inscrit 14 juin 2012 05 h 08

    Coalition et non fusion - "Coalition sans parti" et "Québec uni"

    Dans son message "Pour un Québec uni", Christian Bégin parle de se servir de cette coalition pour enfin se donner une constitution au Québec.

    Je vous suggère de porter votre attention sur les propositions de "Québec uni" ainsi que de la "Coalition SansParti" (ou La Coalition pour la Constituante
    ) et d'en faire la synthèse en lien avec l'urgence actuelle.


    "Québec uni : pour une coalition entre les partis d'opposition
    But de cette coalition:
    Unir les Québécoises et les Québécois autour de nos valeurs communes :
    - "être maître chez nous": nos ressources nous appartiennent
    - la protection de notre liberté d'expression et d'association
    - la saine gestion de l'État
    L'union fait la force. La seule alternative efficace pour éviter que nos votes soient dilués et que le parti libéral de Jean Charest soit réélu en dépit de l'indignation générale, c'est que les partis d'opposition s'unissent pour créer une coalition. Nous ne demandons pas une fusion des partis, mais bien une coalition. Le temps de montrer la sortie au Parti libéral, de rétablir la démocratie au Québec et d'assurer la réforme du mode de scrutin."

    À RELIER AVEC L'IDÉE DE:

    Coalition SansParti
    http://www.sansparti.org/

    http://www.facebook.com/pages/Coalition-SansParti/

  • Jean-Pierre Sirois-Trahan - Abonné 14 juin 2012 05 h 52

    Lapsus

    Il est drôle ce porte-parole au singulier...

    • Éric Delisle - Inscrit 14 juin 2012 08 h 50

      Drôle mais orthographiquement juste...

    • Mario Jodoin - Abonné 14 juin 2012 09 h 58

      C'est parce que «porte-parole» est invariable en français...

    • Louis Bélanger - Inscrit 14 juin 2012 09 h 58

      Merci, Jean-Pierre Sirois-Trahan, de m'amener à réfléchir.

      Il ne s'agit pas, en fait, d'un lapsus grammatical.

      Jusqu'à récemment, "porte-parole" a toujours été "invariable". Depuis le "pluriel rectifié", [selon ma référence Antidote --- qui pourrait/devrait être la préférée du Docteur Khadir dont j'admire le courage] "porte-paroles" laisse la place à plusieurs paroles.

      Serait-ce un signe des temps... québécois: le pluriel rectifié en avant de son temps? Un véritable clin d'oeil au Québec Uni et à la Coalition pour la Constituante?

    • Jean-Pierre Sirois-Trahan - Abonné 15 juin 2012 04 h 04

      Porte-parole n'est plus invariable. Peut-être qu'ils aimeraient bien ne porter qu'une seule parole alors qu'il y en a bien deux depuis un certain temps, d'où la lettre...

      Porte-paroles reste unisexe, alors ça va...

  • Louis Maxime - Inscrit 14 juin 2012 06 h 41

    MÊME PATHOLOGIE POLITIQUE !


    En effet, vous avez parfaitement raison, on sent autant chez Marois la même pathologie névrotique politique et la même avidité du pouvoir pour le « buzz » pouvoir que chez Bachar, Harper ou Charest. Pour le fond, c’est la même soif et le même désir de « contrôle » de petite « Gère-menne ». Atteindre le pouvoir et tout faire pour le conserver et on jonglera avec un éventuel référendum, si le saint baromètre n’est pas totalement prêt, peu importe, c’est une job c’est un job.

    On sait très bien maintenant qui dirige derrière la politique, pas besoin de dépenser encore des millions en cirque ou en commission pour apprendre d’avantage sur le rôle de ces marionnettes du 1% comme vous l’exprimez très bien dans votre article.

    L’âme du PQ, fort noble au départ, qui nous faisait rêver à un avenir plus juste et plus humain s’est estompée avec le temps et les différentes tangentes de méthodes stratégiques n’ont rendu le comité décisionnel de ce parti qu’un peu plus «méthodique et stratégique» et non créatif au sens du bien commun et de la régénération des idées. Il est certain aussi qu’on se tanne de tout à la longue et que les plus jeunes veulent aussi s’inventer un nouveau truc plus vrai, un peu plus «Up Date» bien à eux, c’est normal. Le changement passe par la jeunesse qui commence enfin à jouer leur rôle d’amplificateur de « bobos » sociaux et cela c’est encourageant pour cette nouvelle conscience planétaire où tout est relié et où l’information se propage de plus en plus rapidement.

    C’est là les nouveaux défis. Et non d’autres promesses électorales.

    On éteindra pas le feu avec le feu.

    • Martin Dubois - Inscrit 14 juin 2012 18 h 00

      Mettre dans le même sac Pauline Marois, Jean Charest et Stephen Harper, c'est du charriage au cube! Vous n'avez pas besoin d'aller jusque là pour promouvoir Québec Solidaire. Tout le monde a compris que vous êtes la VRAIE gauche, personne ne le conteste. Pauline Marois est certes moins à gauche que Harper et Charest ne sont à droite, je vous le concède. Ayez de grace la même élégance qu'ont ci-haut M. Khadir et Mme David, et reconnaissez tout au moins les contributions progressistes de Pauline Marois et du PQ. Entre autres, la réforme minière que M. Breton et elle veulent mettre en place. En ne faisant pas la différence entre la droite radicale et le centre-gauche, il est bien évident que vous banalisez la gravité de ce qui se passe en ce moment, et vous minimisez du même coup les attaques dont font l'objet l'un des porte-parole de votre propre parti.