Le printemps étudiant à la lumière de Pâques

Dans leur foi en la résurrection du Christ, les chrétiens célèbrent la vie qui se remet «en mouvement». C'est une part de cette vie en mouvement que nous reconnaissons à l'oeuvre dans l'actuelle mobilisation étudiante.
Photo: - Le Devoir Dans leur foi en la résurrection du Christ, les chrétiens célèbrent la vie qui se remet «en mouvement». C'est une part de cette vie en mouvement que nous reconnaissons à l'oeuvre dans l'actuelle mobilisation étudiante.
Ce Jésus de Nazareth, dont la vie a marqué tant de personnes en son temps et continue d'inspirer des femmes et des hommes d'aujourd'hui, que nous inspire-t-il sur ce que nous vivons maintenant? Le contexte historique qui a été le sien était troublé du point de vue politique. Il était également divisé par des visions divergentes de la foi et de la vie sociale. Il y a là une analogie avec notre époque.

En effet, face aux revendications des étudiants, une forte polarisation apparaît entre les camps: chacun cherche à justifier sa position et possède des arguments l'appuyant. Cela est légitime en démocratie. Pour notre part, ce que nous percevons dans le mouvement étudiant, c'est le surgissement d'un questionnement fondamental sur ce qui nous relie les uns aux autres. Car loin d'être seulement une question d'argent, les demandes des étudiants se réfèrent à la justice sociale, aux valeurs collectives, à la critique de l'individualisme néolibéral. Elles en appellent au bien commun et à l'équité entre les générations. Les étudiants affirment ainsi que l'éducation est un enjeu fondamental qui concerne la société dans son ensemble. C'est par l'éducation, en effet, que les êtres humains s'humanisent — c'est-à-dire dépassent la loi du plus fort et du chacun-pour-soi qui est toujours porteuse de mort.

L'Évangile témoigne du fait que Jésus a vaincu ces logiques de mort, d'égoïsme et d'exclusion qui nous divisent et détruisent nos liens sociaux. À sa suite, il nous revient donc de mettre en place et de maintenir les conditions d'une solidarité soucieuse des plus pauvres, des plus fragiles et des plus vulnérables. C'est là une des interpellations radicales que nous discernons actuellement au coeur du mouvement étudiant. Un mouvement qui nous convie à remettre en question le fatalisme économique et politique, afin de recommencer à croire en notre capacité de faire des choix collectifs porteurs d'avenir, d'égalité et de liberté pour toutes et tous. Dans leur foi en la résurrection du Christ, les chrétiens célèbrent la vie qui se remet «en mouvement». C'est une part de cette vie en mouvement que nous reconnaissons à l'oeuvre dans l'actuelle mobilisation étudiante. Cela pourrait-il ouvrir de nouveaux horizons pour notre vivre ensemble et, qui sait, faire germer un printemps politique du Québec? C'est ce que nous espérons!

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Ont signé ce texte ces jeunes adultes rassemblés par le Centre Justice et foi au sein du groupe Foi et engagement social de Québec: Patrice Bergeron, Jonathan Blais, Mireille D'Astous, Anne-Michèle Garneau, Gaston Mumbere, Marilyne Roy et Marco Veilleux.

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