Droits de scolarité - Un investissement pour les futurs diplômés

Déjà en février 2010, seize citoyens engagés de la société québécoise, soucieux de l'avenir du haut savoir au Québec et impliqués dans les milieux politique, économique, universitaire et étudiant, unissaient leurs voix pour présenter un nouveau «pacte pour le financement concurrentiel de nos universités».

Ce pacte demandait de rehausser le financement de nos universités tout en demeurant fidèle aux grandes valeurs de la société québécoise que sont l'accessibilité, l'équité, l'excellence et l'efficacité. Il proposait le déplafonnement des droits de scolarité, accompagné d'un renforcement des programmes de soutien à l'accessibilité et d'un engagement ferme du gouvernement de maintenir le niveau actuel de financement public.

Lors du dépôt de son dernier budget, le gouvernement du Québec a su faire écho à ce pacte et enfin briser un tabou néfaste pour notre société: il a établi définitivement qu'une formation universitaire de qualité était un investissement rentable pour les étudiants.

Dans l'optique où il faut veiller à ce que chacun fasse sa juste part, la création du fonds Placements Universités constituait également un levier positif pour hausser l'apport du secteur privé, déjà présent au moyen de partenariats, et stimuler l'émergence d'une culture philanthropique généreuse à l'endroit de nos universités.

Effort raisonnable

La prospérité économique du Québec, c'est l'affaire de tous. Le gouvernement paie déjà plus de 50 % de la note, soit plus que partout ailleurs au Canada. Et le gouvernement, c'est nous tous. L'étudiant, de son côté, n'assume que 12,7 % des coûts de sa formation universitaire, alors qu'il en est pourtant le premier et principal bénéficiaire. L'effort qui lui est demandé fera passer sa contribution à 17 % du coût total dans 5 ans. C'est tout à fait raisonnable, d'autant qu'un diplômé universitaire gagnera durant sa vie active quelque 750 000 $ de plus qu'une personne n'ayant pas fait d'études supérieures.

Les droits de scolarité sont l'un des meilleurs investissements personnels que l'on puisse faire.

À l'inverse, la décision de certains étudiants de faire la grève est l'une des pires décisions, pour eux-mêmes et pour la société. Si les étudiants doivent rattraper leurs cours durant la période estivale, nos entreprises seront évidemment privées d'un important bassin de main-d'oeuvre. Mais ce sont les étudiants eux-mêmes qui en souffriront le plus, car ils se priveront de l'expérience et des revenus qu'apporte un emploi d'été. D'ailleurs, une seule semaine de travail permettra de couvrir plus que la hausse annuelle prévue.

Coût inutile

Quant à ceux qui terminent leurs études, ils entreront tout simplement plus tardivement sur le marché du travail. Rien de dramatique, sans doute, mais un coût inutile devant une bonne décision collective prise pour les bonnes raisons.

Le gouvernement a signifié son intention de ne pas revenir sur sa décision de déplafonner les droits de scolarité. Cette décision est responsable, juste et équitable. À long terme, notre économie et nos futurs diplômés en seront les grands gagnants. Ainsi, Montréal pourra espérer conserver son titre de métropole universitaire par excellence.

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Michel Leblanc - Président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
15 commentaires
  • Viktoria13 - Inscrit 12 mars 2012 04 h 06

    Belle contradiction!

    D'un côté, il parle d'investissement rentable pour les étudiants, comme si les étudiants étaient les seuls bénéficiaires de leurs études, comme si gagner $750000 de plus qu'un autre n'avait pas pour effet de payer aussi largement plus d'impôt qu'un autre.

    D'un autre côté, il dit que la décision de faire la grève est mauvaise pour les étudiants MAIS AUSSI POUR LA SOCIÉTÉ, que les cours de rattrapage d'été feront que « nos entreprises seront évidemment privées d'un important bassin de main-d'oeuvre », et surtout que la décision du gouvernement de maintenir les hausses fera en sorte qu'en plus des étudiants, notre économie sera le grand gagnant.

    Coudonc, c'est à croire que les études des uns profitent aux autres. Mais toujours selon lui, c'est à l'étudiant que tout ça profite.

    Je vous suggère, Monsieur Leblanc, de recruter un spécialiste des communications compétent pour écrire vos lettres ouvertes, un qui saura éviter les contradictions. Vous devriez regarder de préférence des candidats dont les parents sont assez riches pour lui avoir payé ses études...

  • Darwin666 - Abonné 12 mars 2012 06 h 51

    Les fausses vérités

    «L'étudiant, de son côté, n'assume que 12,7 % des coûts de sa formation universitaire»

    Il s'agit en fait de 12,7 % du coût total de fonctionnement des universités, y compris ses dépenses de recherches, son marketing et ses immobilisations pas toujours nécessaires (euphémisme...). Ces dépenses n'ont souvent ruen à voir avec l'enseignement, ce pour quoi un étudiant ou une étudiante va à l'université.

    «C'est tout à fait raisonnable, d'autant qu'un diplômé universitaire gagnera durant sa vie active quelque 750 000 $ de plus qu'une personne n'ayant pas fait d'études supérieures.»

    Faux! M. Pierre Fortin a calculé ce montant à partir de la différence entre un titulaire de DES et un titulaire d'au moins un baccalauréat. Or, en entrant à l'université, la plupart des étudiants ont un DEC. La différence serait bien moindre en prenant le revenu d'un titulaire d'un DEC au lieu de celui d'un DES. En plus, il compare avec le salaire d'un bachelier tandis que ce ne sont pas tous les étudiants qui l'obtiendront (environ 30 % d'échec)

  • a4t5 - Inscrit 12 mars 2012 07 h 39

    Actuariat de droite et société distincte

    J'attends avec patience le jour où on va arrêter de nous rabattre les oreilles avec des termes comme investissement dans les études, gagner plus que les non-diplômés, les étudiants doivent faire leurs parts... Tout investissement est risqué aussi professionel qu'il soit; le marché de travail a évolué et il est à des années lumières de ceux et celles qui ont des emplois à vie, gagner plus que les non-diplômés dépendrait certainement de la spécialité.
    On s'en prend aux étudiants comme s'ils étaient une entité singulière et étrangére au reste de la société; les étudiants ont des parents surtaxés et surimposés dans le Québec distinct uniquement quand nécessaire, dès qu'il s'agit d'argent, le Québec se compare pour justifier les augmentations de toutes sortes...Un diplômé est un investissement en soi pour la société dans sa globalité, s'il gagne plus, la fiscalité l'attend à son tour pour le reste de ses jours, s'il reste au Québec, il votera du bon côté, il sera sage et avisé, généralement en santé et loin des appareils policier ou judiciaire; on peut voir facilement combien la société épargne en frais sociaux et de santé-surtout mentale- avec ces étudiants qui font partie de cette même société distincte.
    Je suis contre la formule études à temps plein et 20 heures de travaux ridicules et ridiculement payées...

  • jeanduc - Inscrit 12 mars 2012 07 h 51

    Vision marchande simpliste!

    Je ne sais pas si vous avez des enfants cher Monsieur Leblanc mais si vous en aviez peut-être auriez-vous une vision autre des choses. Vous dites que les étudiants doivent faire leur juste part en ne faisant aucune référence au fait que ces jeunes ont des parents et que ce sont les parents qui assument une bonne part du coût des études. Savez-vous qu'il en coûte au bas mot environ 15000$ par étudiant si la famille ne vit pas près d'un centre universitaire. Nous avons quatre enfants, alors faites le compte. Vous appuyez votre opinion que ce sont les étudiants qui seront les premiers bénéficiaires de leurs études supérieures en évoquant des statistiques de revenus. Je ne sais pas si vous avez des enfants M. Leblanc, mais chez moi, les jeunes choisissent leur future carrière non pas sur le salaire attendu mais sur leurs talents et intérêts en fonction de ce qu'ils peuvent contribuer à la société. Il y'a bien des formations de DEP et de DEC qui offrent des revenus bien supérieurs à des diplômes universitaires. Pourquoi ne pas imposer des droits de scolarité pour la formation de tous les métiers? Il n'y a pas que la mentalité marchande qui compte dans une société; il y a aussi des valeurs. Ce sont les sociétés les mieux éduquées et dont la richesse est bien distribuée où la qualité de vie est la meilleure. C'est toute la société qui bénéficie des services des professionnels dont les études ont été financés par les parents. En passant, ces mêmes professionnels (médecins, enseignants, etc) ont des revenus substantiellement moins élevés que dans le ROC ou qu'aux USA.

  • Jean-Philippe Baillargeon - Abonné 12 mars 2012 07 h 56

    Responsable, juste et équitable... pour qui?

    Monsieur Leblanc signataire de ce pacte de 2010,
    aux côtés de Monsieur Lucien Bouchard (qu'on sait clairement où il loge maintenant), Madame Monique Jérôme Forget (maîtred'ouevre des PPP et de l'installation d'un CA de Génie-Conseil aux hautes instances du MTQ), des membres du Conseil du Patronnat et autres proches de l'Institut économique de Montréal,

    Nous ne sommes pas dupes. Ce discours de lobbyiste démontre que votre travail vous tient à coeur, que votre connaissance est largement mise à contribution pour défendre la "libre" concurrence dans quelque domaine que ce soit et que cette "libre" concurrence se définit dans un rapport de mise en pâture des ressources au centre d'un bassin de "personnes morales" toutes équivalentes dont l'éthique et la responsabilité devrait se traduire en fondations caritatives et en dons philantropiques.

    Vous faites partie des forces de tensions présentes dans la société. Vous représentez aussi ceux qui utilisent les lock-out comme moyen de pression à la prise de décision. Vous représentez ceux qui demandent des dépenses sociales en crédit d'impôt sur le capital, la formation, des allègements règlementaires sur l'environnement, la non application du principe de précaution et la préférence de la responsabilité judiciaire à la responsabilité civique.

    Vous vous présentiez en tant que seize citoyennes et citoyens engagés de la société québécoise. Si vous étiez seize, comptez-nous!

    Nous sommes citoyennes et citoyens, étudiantes et étudiants, élues et élus représentants politiques, groupes sociaux et communautaires de divers horizons, parents, grands-parents, immigrants en recherche d'insertion et de partage d'expertise, nous sommes parfois même propriétaires de vos entreprises et investisseurs. Nous demandons à ce que, nous aussi, notre volonté, nos choix soient considérés. Et votre attitude tend à cristalliser notre exigence d'une restructuration de la responsabilité fiscale. El