Parti québécois - La dame d'acier

Pauline Marois a été élue à la tête du Parti québécois en juin 2007.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois a été élue à la tête du Parti québécois en juin 2007.

C'est dans la tempête, dit-on, qu'on prend la mesure d'un bon capitaine. Ainsi, ce serait dans l'adversité qu'un homme ou une femme politique se révèle être un homme ou une femme d'État.

Il y a quelques jours, je suis allé au cinéma voir La dame de fer, de Phyllida Lloyd, mettant en vedette l'époustouflante Meryl Streep dans le rôle de l'ex-première ministre britannique Margaret Thatcher. À un moment du récit, j'ai été frappé par les similitudes avec la situation qui prévalait alors au Parti Québécois.

Cette femme originaire d'une famille modeste, mais fière, qui ne s'en laissait pas imposer et qui bataillait ferme pour se ménager une place, sa place, dans un monde d'hommes; cette femme qui, devant les rebuffades et les écueils, a su garder la tête haute et maintenir le cap sur ses objectifs; cette femme qui a dû consentir à de nombreux sacrifices, notamment sur le plan de la vie familiale, pour gravir patiemment les échelons un à un; cette femme qui s'est distinguée par ses compétences, sa détermination et son efficacité; cette femme, qui, contre vents et marées, a su se tenir debout pour faire valoir ses idées et mener son pays sur la voie du changement... ça ne vous rappelle pas vaguement quelque chose? Ici s'arrêtent évidemment les comparaisons entre Margaret Thatcher et Pauline Marois, puisqu'un abîme les sépare sur le plan des idées.

Mais revenons brièvement à madame Thatcher... Elle qui a fait face aux Soviétiques, au point que ces derniers lui ont accolé ce quolibet de «dame de fer» qui allait devenir sa marque de commerce; elle qui a eu raison des généraux argentins, lors de la guerre des Malouines; elle qui a tenu tête aux syndicats et aux activistes de l'IRA; elle qui a siégé plus de 30 ans à la Chambre des communes du Royaume-Uni, dont plus de 11 ans, chose impensable, à titre de première première ministre de ce pays, soit le plus long mandat sans interruption à cette fonction depuis le début du XIXe siècle; elle qu'on disait indestructible... a finalement dû baisser pavillon devant les jeux de coulisses, le grenouillage, les coups bas, les déloyautés et les trahisons des collègues de sa propre formation politique.

Là où madame Thatcher a finalement dû s'incliner, madame Marois s'est imposée. Certains qualifient certes son attitude de vaniteuse et d'entêtée, mais les gens sont de plus en plus nombreux à remarquer la grande force de caractère, le courage, le flegme et la détermination dont elle a su faire preuve pendant ces longues semaines au cours desquelles son leadership était en proie aux coups de boutoir provenant tant de l'intérieur que de l'extérieur.

Fermeté et résistance

Stéphane Laporte l'a qualifiée de «dame de béton» pour souligner sa fermeté et sa résistance, tout en faisant probablement référence à la vigueur avec laquelle elle a réclamé, depuis plus de trois ans, la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Mais le béton, même armé, a tendance à s'écailler et à fendiller... À titre de fier député d'une circonscription où fleurit l'industrie sidérurgique, je lui préfère l'appellation de «dame d'acier», d'autant que l'acier, plus solide encore que le fer, peut être inoxydable, incorruptible...

On peut certes avoir des réserves à l'égard de madame Marois, ne pas apprécier cette image guindée et hautaine que d'aucuns se sont employés à renvoyer d'elle, être en désaccord avec certaines de ses décisions passées. On ne peut cependant contester sa grande compétence, sa vaste expérience, sa connaissance étendue des rouages de l'État québécois. Qui plus est, son attitude des dernières semaines force l'admiration. Elle est assurément de la trempe de ces chefs d'État qui redonnent courage et confiance à leurs concitoyennes et concitoyens aux heures les plus sombres et qui leur permettent d'avoir le regard résolument tourné vers l'avenir.

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Stéphane Bergeron - Député du PQ dans Verchères
17 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 24 février 2012 06 h 29

    Vantardises...

    Normalement, quand on fait parti de ceux qui ont porté des coups bas, on ne s'en vante pas.

  • Jean Tremble - Inscrit 24 février 2012 07 h 03

    Augusto Pinochet

    << (…) Cette femme (Margaret Thatcher) originaire d'une famille modeste… >>


    … était l’ami intime du sanguinaire dictateur chilien Augusto Pinochet.

    Je n’aime pas particulièrement Pauline Marois, mais je n’irais certes pas la comparer à l’amie d’un quasi-génocidaire aux mains couvertes de sang (et qui, de surcroît, a volé dans la caisse de l’État).

    Sans compter que sous le règne de Margaret Thatcher, les grosses fortunes britanniques ont bénéficié de réductions d’impôts, tandis que les mesures d’austérités en Grande-Bretagne imposées par la Dame de Fer se répercutent encore aujourd’hui, notamment par une vétusté des infrastructures (écoles, hôpital, transport ferroviaire, etc.) et un accroissement durables des inégalités sociales.


    Toutefois, cela ne m’étonne guère que les scénarios hollywoodiens inspirent le député de Verchères, quand on songe au quasi perpétuelle freak-show auquel nous a habitué le Parti Québécois.

  • Jean Tremble - Inscrit 24 février 2012 07 h 22

    Une comparaison boiteuse

    << (…) Cette femme (Margaret Thatcher) originaire d'une famille modeste… >>


    … était l’amie intime du sanguinaire dictateur chilien Augusto Pinochet.

    La comparaison m’apparaît donc boiteuse. Toutefois, cela ne m’étonne guère que les scénarios hollywoodiens inspirent le député de Verchères, quand on songe au quasi perpétuel freak-show auquel nous a habitué le Parti Québécois.

    Je n’aime pas particulièrement Pauline Marois, mais je n’irais certes pas la comparer à l’amie d’un quasi-génocidaire aux mains couvertes de sang (et qui, de surcroît, a volé dans la caisse de l’État).

    Sans compter que sous le règne de Margaret Thatcher, les grosses fortunes britanniques ont bénéficié de réductions d’impôts, tandis que les mesures d’austérités en Grande-Bretagne imposées par la Dame de Fer se répercutent encore aujourd’hui, notamment par une vétusté des infrastructures (écoles, hôpital, transport ferroviaire, etc.) et un accroissement durables des inégalités sociales.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 24 février 2012 08 h 48

    N'importe quoi pour consolider le chef.

    Les leaders péquistes s'inspirent d'une dame de fer en regardant un film qui fait l'impasse sur bien des réalités politiques (une guerre anachronique pour les îles Falkland, la mise au pas des syndicats, un net recul concernant les filets sociaux...). Le Guardian (gauche britannique) soulignait il y a peu à quel point ce film ignorait le véritable héritage de la bonne dame, qu'il estimait désastreux.

    La gauche québécoise s'entiche donc d'un symbole de la droite néo-libérale qu'elle pourfend à longueur de jour. Tout cela pour fabriquer la nouvelle "image" de madame Marois, qui apparaît payante selon les derniers sondages, celle de la femme résiliente (on hésite entre le caoutchouc et le béton).

    La politique au Québec, est vraiment devenue quelque chose de primaire. C'est sans doute un moment Twitter qui ne durera pas mais je n'en suis pas certain.

  • Franfeluche - Abonné 24 février 2012 08 h 56

    Les qualificatifs

    On a affublé successivement Mme. Marois de châtelaine, de madame, de dame béton et maintenant de dame de fer. Je n'ai rien contre les remarques positives ou les critiques qu'on puisse lui adresser. Toutefois, il me semble qu'on devrait cesser cette comédie de surnoms.