Mort de l'itinérant Farshad Mohammadi - Un virage s'impose dans l'octroi des soins

Trop de personnes en crise, souffrant de graves problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, se retrouvent à la rue et sont, de ce fait, extrêmement vulnérables. <br />
Photo: Agence Reuters Shaun Best Trop de personnes en crise, souffrant de graves problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, se retrouvent à la rue et sont, de ce fait, extrêmement vulnérables.

Les événements tragiques du 6 janvier dernier [où Farshad Mohammadi est décédé des suites d'une intervention policière] nous rappellent de façon brutale une triste réalité: trop de personnes en crise, souffrant de graves problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, se retrouvent à la rue et sont, de ce fait, extrêmement vulnérables. Leur sécurité et celle des autres peuvent éventuellement être mises en danger. Ces personnes difficiles à rejoindre et à suivre ont besoin de soins adaptés à leurs problèmes et à leurs conditions.

Le réseau de la santé, le réseau communautaire, la Ville, les arrondissements et le Service de police ont, au fil des ans, déployé une importante gamme de services de première ligne pour les personnes itinérantes. Il s'agit là d'un fait reconnu et d'un acquis important; la Ville de Montréal reconnaît les efforts gouvernementaux dans ce domaine et ne veut pas se livrer ici à une bataille de chiffres qui serait tout à fait improductive.

Des mesures clés


Ce qui nous préoccupe ici, c'est la prise en charge des personnes itinérantes en crise par le réseau de la santé. Beaucoup de professionnels, de citoyens et d'organismes en ont témoigné: la situation est alarmante. Tous en conviennent, ces personnes doivent recevoir des soins adaptés à leurs conditions de vie et de santé et obtenir un suivi médical continu et à long terme afin de favoriser leur réinsertion sociale. Nous sommes confrontés à un enjeu de santé et de services sociaux. Et nous sommes animés par un véritable sentiment d'urgence, compte tenu des réalités quotidiennes auxquelles nos citoyens, nos commerçants, nos entrepreneurs et nos visiteurs sont confrontés.

En juin dernier, après le décès de deux citoyens, la Ville de Montréal a proposé au gouvernement du Québec la mise en place rapide de six mesures clés, pragmatiques et concrètes qui, de notre point de vue, peuvent avoir un impact rapide sur la situation:

  • Assurer l'accès aux services et aux lits d'urgence.
  • Améliorer les mécanismes d'application de la loi concernant le droit de refus au traitement (loi P-38).
  • Consolider immédiatement l'Équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance (EMRII).
  • Convenir d'une entente de partenariat formelle entre tous les acteurs concernés.
  • Garantir la pérennité du Programme d'accompagnement justice et santé mentale de la cour municipale.
  • Assurer un meilleur suivi des personnes en situation d'itinérance dirigées vers les hôpitaux.
Des soins à fournir

Des discussions ouvertes se déroulent déjà et plusieurs avancées ont été faites par nos fonctionnaires, mais il y a urgence d'agir, rappelons-le!

Ces solutions n'impliquent pas l'ajout de centaines de millions dans le système de santé. Le défi consiste essentiellement à penser «en dehors des sentiers battus», à accepter de revoir certaines pratiques, telles que la rotation à la semaine entre les établissements, et à nous inspirer des meilleures pratiques comme le programme EMRII et les équipes mixtes santé police.

La préoccupation centrale de notre administration est de maintenir un climat social serein inclusif et sécuritaire en développant des solutions pour prévenir l'itinérance et venir en aide de façon durable aux personnes en difficulté. Dans les domaines qui relèvent de ses compétences, la Ville de Montréal poursuivra sans relâche ses efforts pour lutter contre l'itinérance.

Mais pour plusieurs personnes itinérantes aux prises avec des troubles majeurs, un virage s'impose dans l'organisation des soins qui doivent impérativement leur être fournis. Le gouvernement du Québec peut être assuré de notre entière collaboration à ces égards et nous comptons sur lui, et sur la collaboration amorcée, pour accélérer la recherche rapide de solutions concrètes.

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Jocelyn Ann Campbell, responsable du développement social et communautaire, de la famille et des aînés au comité exécutif de la Ville de Montréal
2 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 18 janvier 2012 07 h 48

    Oui mais...

    "Les vraies affaires" c'est qu'il y aurait eu au moins 100 cas de ce genre, 100 enquêtes, aucune suite. Les victimes étaient-elle toutes malades?

  • Gaétan Sirois - Abonné 18 janvier 2012 09 h 32

    Les SDF

    Je suis une usagère du métro et je demande que tous les itinérants, sdf et cie en soient interdits, car ils osnt cause de désordre. On devrait rappeler à ceux qui s'occupent de ces personnes que le métro n'est pas un centre d'hébergement.

    Les usagers du métro vont d'un point à un autre et ne doivent pas être ennuyés par tous ces mendiants qui tendent la main. J'ai honte de Montréal,une ville qui ressemble à une capitale de pays sous-développé.

    Que les fonds nécessaires au ménage du métro soient accordés`aux organismes qui sont chargés d'aider ces personnes qui ont besoin urgent d'hébergmenet et de soins.