50e anniversaire des femmes en politique québécoise - Hommage aux pionnières

Le 14 décembre 1961, il y a exactement 50 ans aujourd'hui, Marie-Claire Kirkland (Casgrain) devenait la première femme élue députée à l'Assemblée législative du Québec. Élue dans la circonscription de Jacques-Cartier à une élection partielle après le décès de son père, Charles-Aimé Kirkland, qui était auparavant député de ladite circonscription, Marie-Claire Kirkland allait faire quelques semaines plus tard son entrée au Salon bleu de l'Assemblée législative de l'époque.

Ainsi, il aura fallu plus de 20 ans après l'obtention du droit de vote des femmes au Québec en 1940 pour que les Québécoises soient représentées par une des leurs au Parlement de Québec.

Une progression lente

Rappelons qu'en 1961, une femme mariée n'avait pas le droit de signer un contrat, d'ouvrir un compte en banque ou encore de signer un bail sans l'autorisation de son mari. D'ailleurs, une fois élue, madame Kirkland-Casgrain dut obtenir l'autorisation écrite de son mari afin de pouvoir signer un bail pour un appartement à Québec. Au lendemain des élections générales de 1962, le premier ministre Jean Lesage lui confie un ministère d'État sans portefeuille. Elle sera, par conséquent, la première femme ministre de l'histoire du Québec. En 1964, elle présente le projet de loi 16 qui met fin à l'incapacité juridique de la femme mariée, modifiant du coup le Code civil de la province de Québec.

Il faudra attendre encore 12 ans pour voir plus d'une femme entrer à l'Assemblée nationale. Aux élections du 15 novembre 1976, cinq femmes accèdent au poste de députée. Par la suite, la progression fut constante jusqu'en 2003. Depuis cette élection générale, le nombre de femmes députées est demeuré pratiquement stable, mais n'a toutefois pas augmenté, et ce, depuis bientôt 10 ans. Il y a même eu une légère chute de la députation féminine aux élections générales de 2007. Toutefois, après cette élection, les femmes ont atteint la parité avec leurs collègues masculins au cabinet ministériel, du moins pour quelque temps.

Des pionnières

Bien entendu, depuis ce 14 décembre 1961, le chemin parcouru par les femmes qui siégèrent et qui siègent présentement au Salon bleu de l'Assemblée nationale est tout à fait admirable et indéniable. Certaines d'entre elles peuvent s'enorgueillir d'avoir porté les premières certains titres — première femme ministre à la Justice, Linda Goupil; ministre de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu et ministre de l'Industrie et du Commerce, Pauline Marois; présidente de l'Assemblée nationale, Louise Harel.

D'autres eurent le titre de première femme ministre de la Santé (Thérèse Lavoie-Roux), de ministre de l'Éducation (Lucienne Robillard) de ministre des Finances, de présidente du Conseil du trésor et de chef de l'opposition officielle, madame Monique Gagnon-Tremblay.

Tremplin pour l'avenir

Cinquante ans plus tard, ce sont 104 femmes qui accédèrent au Salon bleu de l'Assemblée nationale. Nous pouvons dire que ces femmes députées n'étaient pas si différentes des femmes de leur génération respective. Plusieurs d'entre elles ont embrassé les professions d'enseignante, d'infirmière et de secrétaire avant d'accéder au poste de députée dans les années 1970 et 1980. Quant aux plus jeunes d'entre elles, à l'instar de leur génération, elles sont diplômées dans divers champs d'études universitaires.

Seules 17 députées péquistes accédèrent au Conseil des ministres, contre 23 libérales. Certaines d'entre elles n'occuperont qu'un poste de ministre déléguée ou encore un ministère sans portefeuille. Nous pouvons dire que ce club très sélect des femmes ministres n'est pas à la portée de toutes.

Que réserve maintenant l'avenir pour les femmes en politique québécoise? Sauront-elles accroître leur présence à l'Assemblée nationale, atteindront-elles un jour la parité avec leurs collègues masculins? L'histoire nous le dira.

Témoignons à ces femmes députées, ministres et chef de l'opposition notre profonde gratitude pour avoir été ou être encore nos représentantes à l'Assemblée nationale et surtout, remercions-les d'avoir ouvert la voie à toutes celles qui oseront aux prochaines élections présenter leur candidature comme femme députée et — qui sait? — accéder au Salon bleu de l'Assemblée nationale du Québec.

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