Charia - Des propos qui méritent d'être dénoncés

Le 22 novembre dernier, le Téléjournal de Radio-Canada rapportait les propos ahurissants de l'imam du Centre communautaire de Brossard, Foudil Selmoune, propagandiste de la charia au Québec.

Ses déclarations ont de quoi alerter les autorités politiques et policières. Dans un état de sérénité totale, Foudil Selmoune explique que la charia commande de couper la main aux voleurs parce que «ça sert de leçon aux autres et ça crée une société et une ambiance où il y a la paix et la justice». Mais l'imam sait faire preuve de discernement et précise qu'on ne doit pas couper la main «à celui qui vole pour manger, mais seulement à ceux qui ont de l'argent et qui volent». Nous sommes rassurés!

Selmoune ajoute que la lapidation des femmes, «c'est aussi dans la charia. Il faut voir pourquoi Dieu a fait ces lois: c'est pour créer une société saine, pure, claire, équilibrée et balancée. C'est pour éviter les crimes, éviter les malentendus. [...] Ce n'est pas nous qui nous donnons ce droit; ce sont des lois de Dieu et on ne peut pas les changer.»

En octobre dernier, l'annonce de la venue à Montréal des islamistes Abdur Raheem Green et Hamza Tzortzis, connus pour leur propos justifiant l'amputation des voleurs et la lapidation des adultères et des homosexuels, avait soulevé toute une vague de protestations, qui a amené l'Assemblée nationale du Québec à adopter à l'unanimité une motion exigeant du gouvernement fédéral «qu'il refuse l'entrée au Canada d'Abdur Raheem Green et d'Hamza Tzortzis considérant leurs propos homophobes et leurs discours banalisant la violence envers les femmes». La même motion affirmait que «ces positions rétrogrades n'ont pas leur place dans une société démocratique et vont à l'encontre des valeurs fondamentales de la société québécoise, soit l'égalité entre les hommes et les femmes et le respect de l'intégrité physique des personnes».

Danger à nos portes


En toute logique avec cette résolution, nous sommes en droit de demander une enquête sur Foudil Selmoune et, éventuellement, qu'il soit traduit en justice. Cela nous paraît d'autant plus impérieux que, dans le cas des deux Britanniques, le danger était encore à l'extérieur du pays alors que, dans le cas de l'imam de Brossard, le danger est dans nos murs.

Les propos rétrogrades, barbares et inhumains tenus par M. Selmoune surviennent au moment même où le Québec demande à être exempté de l'application de la loi canadienne sur les jeunes contrevenants parce qu'il juge trop sévères et contreproductifs les changements répressifs apportés à cette loi. Peut-on en même temps rechercher la réhabilitation des contrevenants et laisser se répandre dans les lieux de culte un enseignement qui nie l'égalité des personnes et qui prône le recours à la torture et la mise à mort sauvage et barbare pour punir des comportements moraux différents de ceux enseignés par leur doctrine religieuse?

Entamer des poursuites contre M. Selmoune ne serait pas un précédent. En France en 2005, l'imam Abdelkader Bouziane a été condamné à six mois de prison avec sursis, après avoir fait face à une ordonnance d'expulsion, pour avoir tenu les mêmes propos que M. Selmoune considérés en France comme portant atteinte à la sécurité publique. En Espagne, en 2004, l'imam Mohamed Kamal Mustapha a été condamné à 16 mois de prison (peine commuée par la suite à 22 jours avec obligation de suivre une formation sur les droits de la personne) pour avoir expliqué, dans son livre La femme dans l'islam, comment battre sa femme sans laisser de marques.

Fixer les limites

Que ces imams et leurs émules croient que ces comportements non civilisés sont voulus par leur dieu les regarde. Mais une telle croyance ne fait que démontrer la nécessité de l'indépendance des États par rapport aux religions. Ce sont les lois civiles qui ont permis de freiner les ardeurs des intégristes religieux et d'assurer le progrès des libertés humaines. Se réfugier derrière la notion de «lois divines» ne saurait être un argument valable pour refuser les fondements de la démocratie que sont la laïcité et l'égalité des personnes. Lorsque des croyances religieuses menacent ces acquis, il est du devoir d'un État d'intervenir.

Le gouvernement doit savoir fixer des limites claires au-delà desquelles les propos diffamants et menaçant la sécurité publique ne sont plus acceptés. Les enseignements de Foudil Selmoune sont contraires aux droits de la personne et à nos lois; ils vont au-delà de la liberté de religion et de la liberté d'expression et on ne saurait les tolérer dans une société démocratique et civilisée.

***

Ont signé ce texte: Bernard Andrès, professeur associé de littérature, UQAM; Daniel Baril, anthropologue et journaliste; Bernard Beugnot, professeur émérite, UdeM; Francine Descarries, professeure de sociologie, UQAM; Jean Fisette, professeur associé, UQAM; Lucie Jobin, présidente, Mouvement laïque québécois; Yvan Lamonde, professeur émérite d'histoire et littérature, Université McGill; Jean-Pierre Lemasson, professeur retraité, UQAM; Louise Mailloux, professeure de philosophie, cégep du Vieux Montréal; Guy Rocher, professeur émérite de sociologie, UdeM; Paul Sabourin, professeur de sociologie, UdeM; Michèle Sirois, coordonnatrice, Coalition laïcité Québec.

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27 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 5 décembre 2011 09 h 50

    Comportement tribal islamiste

    Les accommodements raisonnables Taylor-Bouchard n'ont aucun impacte d'intégration avec ces têtes de mules islamistes. Les femmes doivent devenir des personnes avec la règle d'égalité au Québec. Ces imams et autre dogmatiques croyants, d'une autre époque, doivent accepter notre mode de vie ou partir. Ils ont tellement hâte de rejoindre leur pays d'origine après tout, puisque la démocratie ne peut les atteindre! Vous préférez la charia alors faites-en la pratique hors Canada.

  • Jean de Cuir - Abonné 5 décembre 2011 10 h 56

    Religion?

    Il faudrait une fois pour toute affronter la question de la liberté : dans quelle mesure est-on libre de prêcher contre la liberté. Puisque celle-ci renvoie à la souveraineté de la personne, n'y a -t-il pas une contradiction fondamentale entre s'assujettir à une divinité ou à une autre puissance, comme celle autoproclamée du mâle, et se déclarer humain souverain? Autre question, pourquoi ne pas sonder une fois pour toute la question de la religion et s'interroger sur le type de réalité qu'elle suppose. Le fait tout simple de l'existence depuis 50,000 ans de tant et tant de croyances, laisse entendre qu'aucune ne peut revendiquer d'être unique et vraie à moins d'une autodéclaration de supériorité incontournable! Or, cela ne peut relever que de l'imaginaire, de la force ou d'une "survaluation" de soi. Et de quelle autorité cet iman peut déclarer ex cathedra que son islam est l'islam et qu' il peut l' enseigner afin sans doute de créer une pensée unique dasn telle communauté! Dans un espace public enseigner ces horreurs ci-mentionnées signifient être barbares; et ce sont des propos nettement haineux. Que fait le ministère de la justice?

  • Francine Tremblay-Quesnel - Abonnée 5 décembre 2011 11 h 24

    Danger pour les droits des femmes et la démocratie

    Effectivement! Plutôt que de se contenter de constater que des noyaux d'intégristes islamiques se font sans conteste un nid confortable et douillet à l'abri de toute contestation au sein d'une «molle» démocratie de l'ouverture, il faut, tout comme les auteurs de ce texte, demeurer vigilants et exiger des pouvoirs publiques et de notre système de justice des mesures claires et nettes qui s'imposent pour bien camper nos positions : État laïque, égalité des droits et des sexes avant tout.

  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 5 décembre 2011 12 h 30

    à titre d'information.

    1) La lapidation n'est nullement inscrite dans le Coran. Cet Imam est un imposteur. La lapidation n'origine nullement de l'Islam mais d'une vieille Loi juive qui a précédé de quelques siècles l'avènement de l'Islam. Ceci dit, il est tout à fait lucide et nécessaire de condamner ce type de propos tenu dans un lieux de culte dans un pays comme le nôtre.

    2) Pour ce qui est du souhait des auteurs à l'effet de condamner cet Imam sur la base de ces propos( pourquoi pas)mais j'inviterai ces derniers à être conséquents et analyser tout ce qui se dit sur les sites islamophobes hébergés au Canada et au Québec, sites qui rejoint davantage de gens qu'un obscur Imam intégriste dans sa mosquée et ses 60 fidèles et qui donnent davantage froid dans le dos.

    3) La laicité n'est absolument pas ni un fondement de la démocratie ni une condition à l'atteindre. Ignorer son histoire c'est être condamné à la revivre.

    En ce qui concerne le propos de Pierre S.Lefebvre, il y a déjà depuis le milieu des années 90 des éléments de la Charia appliqué ici même au Québec comme en Ontario ainsi que des éléments de la Torah juive en ce qui a trait au règlement sur le divorce et garde d'enfants qui se règle dans les lieux de culte selon les consentements des deux parties.

  • Pierrot66 - Inscrit 5 décembre 2011 12 h 30

    Il n'y a aucun danger

    Il n'y a aucun danger à voir un "imam" dire ces propos. Ça ne m'offense pas du tout.

    Quand il y aura de la violence réelle, les autorités passeront à l'action pour sévir contre la personne incriminée. Pas avant.

    Pour l'instant cet imam fantasme dans son délire. Laissons-le tranquille dans son délire avant qu'il ne se sente VICTIME d'un complot contre lui... et que les "journalistes" de Radio-Canada se portent à sa défense dans une entrevue "exclusive"...

    Le chanteur américain Marylin Manson parle aussi de violence dans ces chansons, et il est toujours libre comme l'air. Il vient à Montréal faire ses "spectables". Arrêtons de sévir contre le Mal des idées marginales qui peuvent être stupides à l'occasion...

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    Cet imam est plutôt rigolo dirait Jean-René Dufort d'Infoman.

    On n'aime pas entendre des sottises dans notre société. Stupide. C'est son opinion à lui et qui ne regarde que lui.