Le cri des indignés

Le Devoir soulignait à juste titre hier qu'on entend encore le cri des indignés, scandalisés par trop d'injustices mortelles.

Curieusement, l'économiste Pierre Fortin écrivait récemment dans les pages de ce quotidien que les écarts de richesse demeurent inchangés puisque depuis 1976, le revenu des plus pauvres a augmenté en pourcentage autant que celui des plus riches. Mais Statistique Canada (cité dans mon livre De colère et d'espoir) nous indique que les 20 % les plus pauvres ont vu en 10 ans leur revenu augmenter de 1462 $ pendant que les 20 % les plus riches avaient encaissé 19 420 $ de plus.

Nous nous apprêtons à participer à de multiples guignolées. Des entreprises font un coup de marketing en annonçant en grande pompe leurs dons charitables. Mais la majorité des dirigeants économiques et politiques se fichent totalement des gens qui survivent avec un maigrissime chèque d'aide sociale, des prestations de chômage ou de vieillesse insuffisantes, un salaire minimum qui ne couvre pas les besoins courants, un emploi précaire. Pendant ce temps, les 50 patrons canadiens les plus riches gagnent 212 fois le salaire moyen canadien. Et l'État diminue leurs impôts. De quoi s'indigner!

Vous proposez des mesures significatives pour éliminer la pauvreté. Certains demanderont: mais comment financer tout cela? À Québec solidaire, nous répondons: par une fiscalité réellement progressive et la hausse des impôts des grandes entreprises, des banques et des contribuables aux revenus élevés. Une hausse majeure des redevances minières. La propriété collective de nos ressources énergétiques. Voilà comment nous pouvons rétablir une égalité réelle des droits et des chances entre les citoyens.

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Françoise David - Présidente et porte-parole de Québec solidaire

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