Un accord nuisible pour les citoyens du Québec

Depuis 2009, le Canada négocie un accord économique avec l'Union européenne en vue d'arriver à une entente d'ici à la fin 2011. Un chapitre entier sera consacré aux marchés publics. D'après plusieurs chercheurs et organisations, l'entente à venir pourrait entraîner des conséquences néfastes sur la qualité et les coûts des services publics, et cela, au détriment des citoyens québécois.

Méconnu du grand public, l'Accord économique commercial et global (AECG) vise principalement les sociétés d'État et les marchés publics des gouvernements centraux et sous-centraux; par exemple, les provinces et les municipalités du Canada. Le marché public consiste en l'ensemble des contrats donnés par une province ou une municipalité, que ce soit pour les services des eaux, d'électricité ou tout autre service public.

Selon les documents obtenus par le Conseil des Canadiens et le Syndicat canadien de la fonction publique, ce serait à la suite du lobbying intense des multinationales européennes que le Canada aurait accepté d'inclure les marchés publics dans l'entente.

Négociations qui inquiètent


Pour plusieurs groupes de la société civile, dont Eau Secours! et le Conseil des Canadiens, l'inclusion des services des eaux des villes du Québec dans l'accord pourrait en faciliter la privatisation, notamment en raison des dispositions protégeant les investissements des entreprises multinationales européennes. Dans d'autres domaines — on pense à la société d'État Hydro-Québec ou à des entreprises privées comme Bombardier —, les mesures de libéralisation incluses dans l'accord pourraient limiter l'action du gouvernement et nuire au développement économique local. Par exemple, lorsque le gouvernement provincial ira en appel d'offres pour un projet donné, il ne pourra plus considérer les impacts économiques régionaux. Il devra uniquement choisir l'entreprise ayant proposé le prix le plus bas.

Les négociations qui se déroulent derrière des portes closes ont de quoi inquiéter. Quels intérêts veut-on servir avec la privatisation des services publics? Ceux du milieu des affaires ou ceux des gens ordinaires?

Intérêt du Québec

Plusieurs exemples dans le monde montrent qu'il y a eu de nombreux échecs dans la matière, tant pour la qualité que pour les coûts. Récemment, la Ville de Paris a rapatrié tous ses services des eaux à l'interne à la suite d'une hausse des coûts et d'un sous-investissement dans les infrastructures par l'entreprise privée responsable du service.

Le Québec a tout intérêt à demander au Canada de retirer les marchés publics de l'AECG, entre autres les services publics municipaux des eaux et d'électricité. Le Syndicat canadien de la fonction publique encourage les citoyens du Québec à demander à leurs élus municipaux et provinciaux d'agir rapidement, car si cet accord est signé, ce ne sera pas dans l'intérêt de l'ensemble de la population québécoise.

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Denis Bolduc - Secrétaire général du SCFP-Québec
6 commentaires
  • - Inscrit 4 octobre 2011 11 h 12

    Privatisation de l'eau?

    Merci de soulever cette question. La Bolivie a tenté de privatiser l'eau dans les villes et une multinationale française a eu le contrat mais cela a soulevé une mini-révolution car les gens moins fortunés n'auraient plus accès à l'eau potable. Le gouvernement d'alors est tombé en partie suite à la crise de la privatisation de l'eau.

    Il faut être très vigilant à ce sujet car cette multinationale française veut certainement récupérer son investissement et se cherche un marché ouvert pour aller s'enrichir et enrichir ses actionnaires...

  • camelot - Inscrit 4 octobre 2011 12 h 02

    Aveuglement

    Quand on voit ce qui se passe en Europe et spécialement en France, on doit protester. De plus en plus de villes et de régions se dissocient de ces ententes. Forcément, à qui profite ces ententes sinon aux intermédiaires qui ont tout à gagner à complexifier les choses. "Skip the middle man" disent les Anglais.

  • Michel Richard - Inscrit 4 octobre 2011 16 h 02

    Ben voyons

    on comprend que les syndicats désirent que tous les services demeurent publics. Ils ne demanderont absolument jamais le contraire.
    Par ailleurs, un traité comme celui en négociation n'aura jamais pour effet de forcer une ville à privatiser ses services. Le traité n'aura d'impact qu'une fois la décision prise de faire affaires avec le privé.

  • Nelson - Inscrit 4 octobre 2011 18 h 58

    ''lobbying intense des multinationales européennes'' pour nous voler l'eau et l'électricité.

    Est-ce que les députés dorment au gaz ???

    ''l'Accord économique commercial et global (AECG) vise principalement les sociétés d'État et les marchés publics des gouvernements centraux et sous-centraux; par exemple, les provinces et les municipalités du Canada''

    Les hommes d'affaires et leurs politiciens achetés ne dorment jamais.

    À nous se réveiller et réveiller nos députés.

  • Philippe Landry - Inscrit 6 octobre 2011 00 h 04

    J'ai peur!

    C'est la fin du monde!