50 ans de la Délégation générale du Québec à Paris - Pour un Espace Québec en France

Pourquoi le premier ministre ne profiterait-il pas du 50e anniversaire de la Délégation pour annoncer l’intention du Québec de se doter, enfin, d’une véritable vitrine culturelle à Paris?<br />
Photo: Agence Reuters Benoît Tessier Pourquoi le premier ministre ne profiterait-il pas du 50e anniversaire de la Délégation pour annoncer l’intention du Québec de se doter, enfin, d’une véritable vitrine culturelle à Paris?

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, sera en France cette semaine pour clôturer les festivités du 50e anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris. Son discours sera-t-il celui d'un visiteur sympathique dont on ne dira rien ou presque dans les médias français, ou bien marquera-t-il l'histoire par une détermination à donner un nouvel élan à cette remarquable réussite qu'est le lien entre la France et le Québec?

Un seul chiffre pour illustrer nos échanges dans les domaines de l'immigration, des affaires, des arts et de la culture, du tourisme, de l'éducation: 4000 personnes voyagent, en moyenne, chaque jour entre la France et le Québec, ce qui donne au moins 1,2 million de passagers par an!

Plusieurs fois au fil du temps, il a été imaginé de créer une sorte de «Maison du Québec à Paris». J'avais moi-même présenté en 2002 le projet d'un centre Québec-Europe qui allait servir à la fois l'économie, le tourisme, les sciences et la technologie, sans oublier la culture, évidemment. Il s'agissait d'un solide projet multidisciplinaire bien ancré en France, mais tourné sur l'Europe entière.

Occuper les endroits stratégiques


Dix ans plus tard, tel que le révélait Le Devoir en juillet dernier, le gouvernement du Québec dispose d'une nouvelle et très sérieuse étude de faisabilité commandée par la Délégation générale du Québec à la firme SECOR/Europe. Elle propose dans une nouvelle mouture la création d'Espace Québec, un lieu de promotion du savoir-faire québécois, un lieu d'accueil, de rencontre, de démonstration de notre créativité sur le plan culturel et sur le plan économique, un lieu innovant et invitant pour les amis actuels et futurs du Québec: étudiants, gens d'affaires, artistes, écrivains, émigrants, touristes...

Dans un monde où les échanges s'accélèrent, il faut être présent dans les endroits stratégiques. Tous les pays émergents et même les nations sans État, telles que la Catalogne et la Wallonie, s'installent en plein coeur de Paris, y ouvrent des instituts, des centres. Ces derniers sont dotés de bibliothèques, de salles de spectacle, de salles de réunion pour les gens d'affaires, de cafés, de librairie. Ils deviennent, avec l'aide du Web et de nouvelles technologies, des instituts ou centres aux effets multiplicateurs. La diplomatie culturelle vient ainsi se profiler au coeur de multiples activités clairement destinées à promouvoir l'image de marque du pays ou de la nation concernés.

Pourquoi le premier ministre ne profiterait-il pas du 50e anniversaire de la Délégation pour annoncer l'intention du Québec de se doter, enfin, d'une telle vitrine?

Problème épineux à régler

Ce projet résoudrait du même coup l'épineux problème de la Bibliothèque Gaston Miron qui n'a toujours pas de solution, hormis la triste hypothèse d'aller la reloger dans une bibliothèque de quartier ou au 4e ou 5e étage d'un bâtiment universitaire: une voie de garage, sans ressources, sans perspective, sans contrôle absolu quant à la conservation du Fonds Gaston Miron. Espace Québec, au contraire, ferait de la Bibliothèque Gaston Miron une véritable antenne de la Grande Bibliothèque du Québec dont le succès est aujourd'hui reconnu dans le monde entier.

Le Québec veut être visible et accessible. Il doit rayonner, faire entendre sa voix pour se développer, pour demeurer à l'avant-garde. Voilà ce que le premier ministre pourrait dire en proposant le projet Espace Québec. Sur ce terrain-là, nous sommes sûrement nombreux à être d'accord à l'Assemblée nationale, tout simplement parce que l'on parle de l'ouverture du Québec sur l'Europe et que, tout bien pensé, comme le disent les auteurs de l'étude, «ce sont les échanges culturels qui font la richesse du monde».

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Louise Beaudoin - Députée de Rosemont
7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 3 octobre 2011 02 h 24

    Faut pas rêver...

    Sauf votre respect Madame, il faut arrêter de rêver. Et de jouer les naïves devant le peuple.
    Cette stratégie ne fonctionne plus...
    Si votre démission du PQ est à mon sens salutaire, c'est bien parce qu'avec la réalité il ne faut plus jouer. Les Québécois en sont à ne plus prendre au sérieux celles et ceux qui tentent de leur dorer la pilule.
    Votre volonté et votre recherche de diplomatie constantes vous honorent, mais je crois qu'il n'y a plus grand monde au Québec pour estimer possible une inflexion démocratique et humaniste de Jean Charest...
    Pour lui, par définition, les Québécois ne pourront jamais être plus qu'une bande de porteurs de votes pour les stratégies hautement nationalistes canadiennes.
    Il est midi moins quart Madame et dans peu de temps. il faudra définitivement avaler la soupe. Que celle-ci soit glacée ou brûlante, qu'elle soit bleue ou rouge, douce ou amère, il ne faut surtout plus chercher à faire croire à qui que ce soit qu'elle puisse être simplement passable.
    Le choix ne sera plus désormais à mettre un peu de sel ou de poivre pour la rendre plus consommable en attendant.
    (suite ci-dessous)

  • Yves Côté - Abonné 3 octobre 2011 02 h 25

    Faut pas rêver (suite et fin)...

    L'objectif de notre J.C. national est de raser toute influence typiquement comme du Québec à l'international et de la remplacer par une forme de représentation de commerce "à la québécoise" à l'échelle mondiale. Cela servira politiquement à anéantir définitivement toute possibilité démocratique du peuple québécois à revendiquer quelque autorité que ce soit sur leur propre territoire. Donner de l'emploi et faire tourner l'économie avec des capitaux étrangers après avoir cassé le principal levier collectif de développement économique du Québec (Caisse de Dépôts et de Placements), voilà l'idée principale du Plan Nord. Attacher les mains des Québécois, qu'ils soient "du sud' ou qu'ils soient autochtones, pour ensuite les réduire è travailler au profit des investisseurs et des financiers qui ne partagent en identité que celle de l'exploitation des peuples, tel est son ambition.
    Et tel est ce contre quoi nous devons nous battre en nous solidarisant avec les Européens, Français en premier.
    Autrement il n'en vaudra jamais mieux de l'avenir d'une Délégation Générale du Québec que d'une bibliothèque porteuse de signification, ni que d'un Espace quelconque. A Paris comme ailleurs dans le monde...
    Vive le Québec du peuple libre Madame !

  • Jean Lapointe - Abonné 3 octobre 2011 08 h 09

    Vous comptez encore sur Charest: Bizarre


    Je vous pensais souverainiste madame Beaudoin.

    A vous lire on a l'impression que vous vous accommodez très bien de la présence de Jean Charest au gouvernement étant donné que vous vous permettez encore de lui faire des propositions.

    Il me semble que lorsqu'on est vraiment souverainiste, on doit se comporter comme tel et non pas faire semblant.

    Et se comporter en souverainiste cela veut dire à mes yeux analyser les diverses situations et les évènements du point de vue d'un partisan de la souveraineté.

    Et cela veut dire qu'en tant que souverainiste, on ne peut se permettre de faire des propositions à un gouvernement qui est profondément opposé à la souveraineté et qui fait tout ce qu'il peut pour étouffer le mouvemant souverainiste.

    Si vous avez des propositions à faire, il me semble que, si vous vouliez être logique avec vous-même, vous devriez les faire à des partis souverainistes et de préférence, quant à moi, au Parti québécois.

    Mais, comme vous avez préféré nuire à votre ancien parti en démissionnant, il est encore moins probable que votre proposition soit prise en considération.

  • Nimporte quoi - Inscrit 3 octobre 2011 08 h 16

    La quoi ?

    Vous parlez de la France? Celle de Sarko! Si le français trouve le québécois sympa, la politique française d'aujourd'hui s'en moque éperdument. Elle reluque bien sûr les ressources comme tout le monde, mais c'est tout. Il suffit de se remémorer la visite de Mario Dumont, portant un disciple de la droite à la Sarko.

    Juste après le Canada, qui ne m'étonne guère, c'est la France qui me déçoit le plus. Certes, nos origines, son image de liberté, de droit de l'homme et surtout sa langue bien sûr! J'aurais aimé, en fait je croyais nos liens indélébiles... Que de naïveté.

    Mais en 2011, au prix du pétrole et de la pollution atmosphérique du transport aérien, la France est devenue symbole de ploutocratie. Et l'origine tellement loin que la Grèce fait autant l'affaire! Sans parler que le Québec, pour un français, a toujours été au fond qu'un tremplin vers les States rêvés.

    Les miens avec la France sont morts depuis un bon 15 ans.

    Alors oui, la France est une bonne alternative à défaut d'avoir un pays pour un francophone, quitter le Canada pour un «véritable» pays «francophone». Mais pas pour moi, la France déçoit tout autant que le Canada et je n'investirais pas en France plus qu'ailleurs.

    Je me sens beaucoup plus proche de Haïti que de la France en passant. À quand une Maison du Québec en Haïti, un peuple qui nous respecte comme peuple! Un peuple qui ne demande que ça!

    La France, revenez-en, Mme Beaudoin. Vous pouvez perdre votre temps avec la France qui devait effectivement nous soutenir. Mais malgré vos efforts, la France nous met plutôt des bâtons dans les roues. Trop à perdre économiquement avec le Canada probablement.

    Ceci dit, on a un sérieux besoin de vous ici! La France ne nous aidera plus jamais, pas plus que la Grèce, Rome ou Ur!

  • Geoffroi - Inscrit 3 octobre 2011 10 h 15

    Un Espace parisien pour l'insubordonnée Louise

    «...
    Ma rage s'épuise
    Sur mes ongles rongés

    Paris te contient
    Et je suis jaloux comme un chien.
    Je reviens gratter à ta porte.
    Tes lèvres sont closes.
    Louise, tu m'envoies sur les roses,
    Dis-moi quelque chose...
    Rien.

    Louise je ne veux plus
    Que tu passes la nuit
    En bas de l'avenue,
    Sous un parapluie.»

    Michel Louvain

    Référence:
    http://www.allthelyrics.com/fr/song/836030/