À l'aube de l'économie «décarbonisée»

En annonçant la création d'un marché du carbone, le gouvernement du Québec prend une position audacieuse, mais inévitable. Il envoie aux autres gouvernements un message les invitant à s'engager eux aussi dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). L'utilisation massive des sources d'énergie fossiles a poussé l'environnement à un point de rupture.

Le réchauffement climatique est bel et bien réel et ses conséquences les plus catastrophiques sont à venir.

Depuis quelques années déjà, le Fonds monétaire international (FMI) martèle qu'il s'agirait d'un des plus grands problèmes mondiaux exigeant une action collective.

Malgré une hausse importante des émissions de GES depuis 1990, les gouvernements américain et canadien tardent à mettre en vigueur un plan de réduction des émissions de GES à l'échelle nationale, voire nord-américaine. Malheureusement, les GES ne connaissent pas de frontières.

Avec la menace que font peser les changements climatiques sur l'avenir de l'humanité, le Québec doit proposer des solutions de rechange aux sources d'énergie fossiles et mettre à profit ses ressources naturelles, son expertise et ses moyens techniques. Cette recherche de solutions à la réduction des émissions de GES procurera non seulement un enrichissement collectif important à notre collectivité, mais, en plus, elle est un incontournable pour maintenir la qualité de vie.

Il n'en tient qu'à nous que le Québec devienne le Klondike de l'économie «décarbonisée». L'annonce faite la semaine dernière signifie que le Québec prend les devants et qu'il s'insère dans le groupe de tête des provinces canadiennes et des États américains résolument tournés vers la «décarbonisation» de l'économie. Il y a de quoi être fier!

Des avantages pour le Québec

Force est d'admettre que les années à venir seront celles de la nouvelle économie «décarbonisée». Les pays qui effectueront rapidement cette transition vers une économie à faibles émissions de GES se doteront d'un avantage concurrentiel certain. Dans cette course, le Québec possède manifestement des avantages considérables. Plus de quatre décennies de travail ont permis de hisser le Québec au rang de puissance mondiale en matière de production d'énergie issue de sources renouvelables. Elles ont également favorisé le développement de technologies «vertes», en particulier d'une expertise écologique unique au monde.

Le monde entier est à la recherche de solutions à faibles émissions de GES et le milieu des affaires n'y échappe pas. Le virage se prend à la vitesse grand V. Les gestionnaires industriels savent bien que leur environnement d'affaires est en profonde transformation et que, pour demeurer concurrentiels, ils doivent investir massivement dans la recherche et le développement de solutions à faibles émissions de GES. Le secteur de l'automobile peaufine la voiture électrique, celui de l'aérospatiale met au point l'avion écologique, les industries de la construction commerciale et résidentielle développent une expertise dans le bâtiment écologique et dans l'efficacité énergétique, etc. Tous les secteurs d'activité recherchent des solutions afin de réduire l'intensité de leurs émissions de CO2.

Défis imposants

Un marché du carbone favorise l'essor des sources d'énergie renouvelables. Et, dans cette perspective, l'hydroélectricité québécoise est une solution importante à la réduction des émissions de GES, tant au Québec et au Canada qu'aux États-Unis.

Les défis auxquels l'humanité se heurte sont majeurs. Nous devons donc agir avec discernement et notre horizon doit être global. Les premières sociétés qui sauront relever le défi des sources d'énergie renouvelables se positionneront comme des leaders et pourront assurer leur pérennité.

Le Québec a tout pour y arriver... et un système de plafonnement et d'échange s'inscrit parfaitement dans cette optique.

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Daniel Laplante, président-directeur général de l'Association de l'industrie électrique du Québec

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