Élections fédérales - Où est le leader de demain?

Comme tous les Québécois (et les Canadiens), je cherche un chef, un leader. Je cherche la force de demain et pourtant, le 2 mai, je devrai choisir entre cinq chefs qui se trouvent idéologiquement à des années-lumière de demain.

Jack Layton aura 61 ans le 18 juillet prochain. Gilles Duceppe aura 64 ans le 22 juillet. Michael Ignatieff vient d'avoir 63 ans et Stephen Harper, quant à lui, aura bientôt 52 ans. Il est le plus jeune, mais néanmoins c'est celui qui porte les idées les plus rétrogrades. Une seule femme, Elizabeth May (qui aura 67 ans le 9 juin prochain), complète le quintette des chefs.

Deux de ces chefs ont demandé à Jacques Parizeau (80 ans), Gérald Larose (66 ans), Paul Martin (72 ans) et Jean Chrétien (77 ans) de les aider à obtenir plus de votes.

Mais où est notre «Yes we can»? Où est celui ou celle qui portera l'espoir d'un pays meilleur? Qui amènera le pays dans le XXIe siècle? Qui soufflera dans le même sens que la douce brise éolienne plutôt que de remorquer les sables bitumineux du siècle dernier? Il est où, ce leader de demain que nous attendons tous?

Les jeunes, interpellés par qui?

À 44 ans, je ne me sens pas du tout porté ou enivré par ces chefs. Alors, imaginez un jeune de 22 ans. Ce jeune est interpellé par qui? Est-ce que Stephen Harper pense sérieusement que la loi et l'ordre interpellent les jeunes? Gilles Duceppe n'émeut plus personne avec l'idée d'un pays (si cela arrive, ce sera par la force des choses). M. Ignatieff nous parle d'un bon gouvernement sans déficit («boring») et Jack Layton nous parle de faire place au changement alors que le NPD est centralisateur depuis 50 ans. Pfff...

Je ferai une parenthèse sur le Québec, où nous avons droit à la même salade défraîchie. L'ex-conservateur Jean Charest tient mordicus à un barrage hydroélectrique (La Romaine), alors que mettre en oeuvre d'autres sources d'énergie pourrait faire du Québec un leader mondial du XXIe siècle. Au passage, je noterai que nous aurons éventuellement le choix entre M. Charest (52 ans), Pauline Marois (62 ans) et Gérard Deltell (46 ans seulement), mais lui aussi porteur d'idées plutôt «Papa a raison», et Amir Khadir, très à gauche, qui pellette des nuages.

Comprenez-moi bien, toutes ces personnes ont encore beaucoup à apporter à la société, mais pour les idées rafraîchissantes et porteuses d'espoir, on repassera.

Sans idée porteuse

Nous sommes à la croisée des chemins, il y a tant à faire, et tellement pas d'idées porteuses sur la table. Nous construisons encore des ponts en béton; nous extrayons encore du pétrole de la terre et nous accordons encore des crédits d'impôt aux banques. Et, le 4 ou 5 mai, en regardant les statistiques, on dira: «Que c'est terrible, les jeunes ne vont plus voter.» Je vais vous dire un secret: ils ne se sentent pas concernés!

Je me sens un peu las, je vais aller m'étendre et attendre que ça passe, comme toute la population, d'ailleurs. Non, je ne me présenterai pas aux élections. J'ai des idées pour aujourd'hui. Moi, je cherche la personne qui a des idées pour demain.

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Yvan Labelle, Prévost

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