Pourquoi je voterai pour le Bloc québécois

Comme je l'ai fait à chaque occasion depuis 1993, je voterai pour le Bloc québécois le 2 mai prochain et je le ferai avec bonheur.

Je me souviens trop bien de toutes ces élections fédérales avant la création du Bloc où je ne pouvais pas voter sans me renier, car il n'y avait aucune autre option aux partis fédéralistes. Depuis 1993, je peux voter en toute conscience pour un parti en étant fidèle à ce que je suis, à mes valeurs, à mes intérêts et à mes convictions.

Nous entendons beaucoup parler du fait que le Bloc ne prendra jamais le pouvoir. C'est une erreur de perspective, car c'est le Québec lui-même qui ne pourra jamais prendre le pouvoir dans l'ensemble canadien. Penser autrement, c'est entretenir une illusion dangereuse.

Souvenons-nous, par exemple, du coup de force constitutionnel de 1982. Les Québécois avaient alors envoyé un contingent massif de libéraux à Ottawa. Selon la logique du «pouvoir», le poids politique du Québec au sein du gouvernement fédéral aurait dû être maximal. Pourtant, ce même gouvernement a assené un des pires coups de son histoire au peuple québécois en lui imposant une Constitution de force.

Rapport de force

Je pourrais multiplier les exemples à l'infini. Depuis 1993, la situation a changé. D'abord parce que l'élection d'une majorité de députés du Bloc a montré que beaucoup de Québécois ne se reconnaissent pas du tout dans le Canada. Ensuite parce qu'avec la présence du Bloc à Ottawa, le gouvernement fédéral ne peut plus abuser de son pouvoir sans être immédiatement démasqué à la Chambre des communes.

Depuis que le Bloc est là, il y a un prix à payer pour les partis fédéralistes quand le Québec est attaqué et l'état de décomposition du Parti libéral de Trudeau au Québec en témoigne éloquemment. Comme ministre québécoise, j'ai pu constater que la présence du Bloc offrait un rapport de force politique au Québec qu'il n'aurait pas autrement, qu'il n'avait pas auparavant.

Autant les libéraux fédéraux sont éloignés de la réalité québécoise sur le plan constitutionnel, autant les conservateurs le sont sur tous les plans. En fait, c'est le Canada qui se retrouve de plus en plus éloigné de la réalité québécoise. Comme le dit Gilles Duceppe, il y a deux pays dans ce pays.

Comme femme, comme progressiste, comme internationaliste, j'imagine facilement les dégâts que pourraient faire les conservateurs sans la contrainte qu'impose la présence du Bloc. La perspective que Stephen Harper obtienne une majorité m'inquiète et voilà déjà une très bonne raison de voter pour le Bloc.

Mais il y en a une autre, fondamentale: le Bloc est le seul parti du Québec au niveau fédéral, le seul capable de me représenter comme Québécoise et comme indépendantiste. J'irai voter pour le Bloc québécois le 2 mai et j'invite nos concitoyens à faire de même.

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Louise Beaudoin - Députée de Rosemont à l'Assemblée nationale

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