L'anti-américanisme de Michael Ignatieff

Le pont Ambassadeur, qui relie les villes de Detroit et de Windsor, est le principal lien routier entre les États-Unis et le Canada.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Le pont Ambassadeur, qui relie les villes de Detroit et de Windsor, est le principal lien routier entre les États-Unis et le Canada.

Dans sa lettre «Périmètre de sécurité: ne négociez pas notre souveraineté», publiée dans Le Devoir la semaine dernière, le chef du Parti libéral Michael Ignatieff a tenté de marquer des points politiques en attaquant l'initiative des gouvernements canadien et américain visant à sécuriser notre frontière commune tout en favorisant le commerce créateur d'emplois et de prospérité entre nos deux pays.

Malheureusement, M. Ignatieff fait passer la politique avant la prospérité, et les campagnes de peur avant la sécurité. Ce faisant, il déforme les faits à des fins partisanes.

Les économies canadienne et américaine sont intimement liées, quelque 1,6 milliard de dollars de marchandises transitant chaque jour par notre frontière commune. L'initiative annoncée par le président des États-Unis et le premier ministre du Canada contribuera à développer cette relation déjà prospère. Comme la reprise économique mondiale demeure fragile, une meilleure circulation des biens et des personnes à la frontière avec notre plus important partenaire commercial favorisera la croissance économique et créera des emplois.

Collaboration

Depuis les événements du 11 septembre 2001, nous sommes aux prises avec des menaces et des risques de plus en plus complexes pour la sécurité de nos deux pays. Pour combattre ces menaces, le Canada et les États-Unis ont travaillé ensemble sur un grand nombre de programmes, notamment les programmes pour les voyageurs et les négociants dignes de confiance ainsi que les initiatives transfrontalières intégrées d'application de la loi.

Afin que les horribles événements du 11-Septembre ne se reproduisent jamais, cette coopération doit se poursuivre. Si la collaboration pour trouver des solutions aux problèmes communs est au centre de l'initiative, cette dernière reconnaît clairement le droit de chaque pays d'agir de façon indépendante au besoin, et respecte tous les cadres constitutionnels et législatifs en vigueur.

La meilleure assurance pour notre souveraineté consiste à assurer notre prospérité et notre sécurité. Autrement dit, il est tout à fait justifié de préserver et d'étendre notre relation avec les États-Unis en définissant un périmètre commun pour accélérer la circulation légitime des personnes, des marchandises et des services tout en tenant à l'écart les menaces criminelles et terroristes.

Début d'un processus

Alors que nous nous employons à renforcer notre relation de coopération avec les États-Unis et que prend forme le plan d'action pour la déclaration, nous comptons entreprendre des discussions et des consultations avec les Canadiens avant d'entamer le nouveau chapitre d'une relation remarquable qui est sans égale dans le monde. Mais pour qu'un tel débat puisse avoir lieu, il importe d'établir correctement les faits. Les campagnes de peur, que ce soit au sujet de l'immigration, des visas ou de l'identité canadienne, portent atteinte non seulement à notre plus important partenaire commercial et plus proche allié, mais également à la situation de l'emploi et à la prospérité au Canada, et ce, au moment où il importe avant tout de consolider la reprise mondiale.

La déclaration annoncée par le président Barack Obama et le premier ministre Stephen Harper est un document public qui représente le début d'un processus. Le premier ministre Harper et le président Obama l'ont annoncée publiquement le 4 février 2011, et elle sera publiée en ligne pour que tous les Canadiens puissent en prendre connaissance. Les Canadiens seront consultés sur ce document visant à leur assurer un avenir plus sûr et plus prospère.

Le chef libéral devrait faire passer l'intérêt du Canada avant la politique, et mettre fin à l'antiaméricanisme contre-productif qu'il a lui-même décrié par le passé.
4 commentaires
  • Marie Mance Vallée - Inscrite 16 février 2011 07 h 48

    La transparence

    Pendant des décennies d'un Régime libéral, nous avons dû subir des politiciens libéraux qui parlaient des deux côtés de la bouche et qui avaient la capacité de dire une chose et son contraire dans une même phrase.

    La transparence du gouvernement conservateur, quoiqu'en disent vos adversaires, est la bienvenue.

    Les électeurs ne sont pas si dépourvus qu'on veut bien le penser parfois.

  • Fabien Nadeau - Abonné 16 février 2011 09 h 55

    Non, M. Cannon...

    Non, M. Cannon. Je ne crois pas que l'initiative des gouvernements américain et canadien va sécuriser nos frontières. Elle va aider nos voisins à se sentir mieux. Croyez-vous vraiment que les Américains sont intéressés à notre sécurité. Voyons!

    Ça va favoriser le commerce. Bien oui! En faveur des Américains. Et si jamais des compagnies canadiennes se mettent à faire de l'argent, comptez sur les Américains pour trouver une faille dans l'Alena pour les mettre au pas. Demandez aux prodcuteurs de bois d'oeuvre si les "initiatives" commercialles des deux gouvernements créent des emplois...

    Il y a un mot qui caractérise votre discours. Il commence par b... et se termine par ...t...

  • Alain Pérusse - Abonné 16 février 2011 11 h 32

    Mensonge par omission?

    Monsieur Cannon aurait pu avoir la décence d'évoquer un effort précédent d'intégration continentale, le PSP (Partenariat pour la sécurité et la prospérité). Jugé de toute évidence comme une fusion des services de sécurité nord-américains, il a été laissé de côté pour une version que tente de nous vendre le ministre, sans doute enjolivé dans les mots mais tout aussi dommageable pour la souveraineté canadienne. Dans le contexte où le nord canadien devient une voie pratiquable en quasi-permanence, il est facile de deviner qui va réellement imposer sa loi. Il a beau promettre de rendre publique l'accord du 4 février, le ministre tente de nous faire croire qu'il ne sera pas soumis à la même édulcoration que nous a habitué son gouvernement et son chef. La transparence n'est pas une qualité propre aux conservateurs, loin de là. Et parler de "l'anti-américanisme" du chef libéral est indigne du chef de la diplomatie canadienne.

  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 16 février 2011 18 h 01

    Et la fermeture de postes frontaliers?

    La fermeture annoncée de petits postes frontaliers sur la Rive-Sud de Montréal va-t-elle accroître notre sécurité ?

    S'il faut faire un détour de 50 km pour un trajet qui en prendrait normalement 10, cela va-t-il favoriser la prospérité des régions frontalières?

    On voit bien que le gouvernement Conservateur dit n'importe quoi et n'est pas réellement le gouvernement des Canadiens. Plutôt le valet des grandes entreprises.