Absence du français aux Jeux olympiques de Vancouver - Des efforts «olympiens» pour le dossier de la langue

Je suis resté perplexe devant le commentaire de l'ancien président du comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver (COVAN), John Furlong, selon lequel j'ai, «de loin, lancé des accusations relativement à l'usage du français et de l'anglais aux Jeux olympiques d'hiver de 2010, tout en proposant rarement des idées ou des ressources». [Le Globe and Mail faisait état de ces commentaires dans son édition de la fin de semaine, à laquelle M. Fraser réagit].

En réalité, plus d'une fois, le Commissariat aux langues officielles a fourni des idées et des ressources à M. Furlong et au COVAN, et ce, de l'année 2008 jusqu'à la veille des Jeux. En effet, nous avons mené une étude sur la préparation des Jeux, publiée en décembre 2008 lors d'une conférence de presse tenue conjointement avec M. Furlong à Vancouver.

Par la suite, nous avons entrepris une campagne de sensibilisation auprès de 20 institutions fédérales et avons fait un suivi à l'étude de 2008 comportant de nombreuses suggestions qui ont été mises en oeuvre. À l'été 2009, j'ai discuté avec M. Furlong de la question de la signalisation aux Jeux et du risque potentiel d'une couverture médiatique non favorable, et j'ai émis des suggestions précises qui ont été mises en application.

Pas un mot en français

Grâce aux efforts du ministre du Patrimoine canadien, James Moore, le gouvernement a versé des fonds de 7,1 millions de dollars pour remédier aux problèmes que nous avions identifiés. De plus, j'ai négocié un compromis avec les télédiffuseurs pour qu'un plus grand nombre de foyers puissent avoir accès aux Jeux en français à la télévision canadienne. Lorsque la flamme olympique est arrivée à Victoria, cet événement s'est déroulé sans qu'un mot de français soit prononcé. J'ai donc envoyé une note personnelle manuscrite à M. Furlong exprimant mes préoccupations, note à laquelle il n'a jamais donné suite. Peut-être le problème résidait-il dans mon écriture!

Lorsque j'ai comparu devant les comités parlementaires, que j'ai accordé des entrevues et que le Commissariat a publié son rapport final sur les Jeux, je me suis évertué à mettre l'accent sur le fait que, durant les Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver, on a réussi à servir le public dans les deux langues officielles non seulement du Canada, mais aussi des Jeux olympiques. Cette réussite a été soulignée par le Grand Témoin de la Francophonie, Pascal Couchepin. Toutefois, j'ai aussi remarqué que l'absence de français dans le volet culturel de la cérémonie d'ouverture a assombri cette réussite.

Il est regrettable que M. Furlong ait réagi si âprement. Il a reçu des éloges bien mérités pour son travail. On aurait espéré qu'il accueille la critique avec un peu plus de bonne grâce.

***

La version originale anglaise de ce texte était destinée aux pages du Globe and Mail.

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1 commentaire
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 février 2011 10 h 34

    Triste histoire

    Cette triste histoire du français aux Jeux olympiques de Vancouver, et l’attaque vicieuse de M Fourre Long contre M Gilles Vigneault nous montre une fois de plus que le Canada aux deux peuples fondateurs est mort, grâce à l’intransigeance et le racisme du Canada anglais envers les francophones depuis l’Acte d’Union, le million de Métis anglicisés de force, le règlement 17 en Ontario, et l’hypocrisie actuelle du bilinguisme de façade des institutions canadiennes..

    Le Québec ne se reconnaît pas dans ce Canada sclérosé dans sa Constitution-camisole-de-force, qui réunit deux peuples ( le ROC et le Québec) aux aspirations différentes sinon divergentes; et le Québec enserré et étouffé dans les griffes de ce Canada qui nous aime tant …

    Le Canada n’est pas UN vrai pays, il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle. Deux langues, deux mentalités, deux pays.

    Vive le Québec francophone et souverain!