No parking?

Les possibilités que les automobilistes se rendent ailleurs — là où les contraintes de stationnement seront moins grandes — sont d’autant plus fortes que le territoire concerné par les nouvelles mesures est restreint, à peine quelques kilomètres carrés au cœur de l’île.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les possibilités que les automobilistes se rendent ailleurs — là où les contraintes de stationnement seront moins grandes — sont d’autant plus fortes que le territoire concerné par les nouvelles mesures est restreint, à peine quelques kilomètres carrés au cœur de l’île.

Quelles solutions apporter aux difficiles problèmes de stationnement dans les quartiers centraux de Montréal? Les débats récents sur le Plateau-Mont-Royal montrent que la partie n'est pas gagnée pour ceux qui cherchent à réduire la dépendance automobile à Montréal. Le maire de Montréal a convenu d'un moratoire, le temps, pouvons-nous espérer, de penser à une stratégie stationnement pour l'ensemble de la ville. Avec raison, car l'impact des mesures proposées par les élus du Plateau pourrait ne pas être celui que l'on recherche.

L'arrondissement du Plateau a décidé de réduire l'offre de stationnements gratuits, en allongeant la période tarifée (sur certains tronçons) et en ajoutant des parcomètres. Il proposait aussi d'augmenter les tarifs horaires. Il faut saluer l'initiative des élus du Plateau; c'est là l'une des stratégies les plus susceptibles de donner des résultats rapidement pour réduire la dépendance automobile: s'il nous est impossible de stationner, il nous faut nous déplacer autrement.

Mais on peut aussi choisir de se déplacer ailleurs, en automobile. Et c'est ce que craignent les commerçants des trois artères commerciales du Plateau, déjà fragilisés par la forte concurrence qui vient des nombreux pôles commerciaux de la banlieue et qui, de plus en plus, se développent en reproduisant les caractéristiques que l'on ne retrouvait autrefois que sur les artères commerciales traditionnelles.

Offre commerciale

On ne peut que donner raison aux commerçants: une augmentation du coût du stationnement se traduit nécessairement par une réduction de l'attractivité commerciale, surtout dans un contexte où les consommateurs sont très mobiles. Et surtout s'il est difficile d'utiliser le transport en commun pour se rendre à destination. Une augmentation du stationnement au centre-ville n'a pas le même impact que dans les quartiers périphériques au centre-ville, où l'accessibilité en transport collectif est moins évidente.

Certains avanceront que les trois artères du Plateau sont celles qui réussissent le mieux à Montréal, surtout parce qu'elles profitent d'une forte concentration de résidants à distance de marche. Ce qui leur a permis de proposer une offre commerciale à bien des égards unique, qui attire d'abord les résidents du Plateau, mais également les consommateurs de la proche ou de la lointaine banlieue. Toutefois, les commerçants du Plateau ne sont pas assurés de conserver leurs clients. Or, ils ont besoin de les conserver, pour continuer d'offrir une aussi grande diversité commerciale.

Dépendance à l'automobile

Il apparaît difficile de dire quel sera l'impact des mesures proposées, mais on peut facilement imaginer qu'il ne sera pas nul. Il sera sans doute faible dans le cas des résidants du Plateau, même si certains d'entre eux viennent en automobile. Pour les résidants des quartiers centraux montréalais ou des banlieues (sur l'île ou hors de l'île), il sera sans doute plus important. Il est donc essentiel de l'évaluer avant la mise en oeuvre d'une nouvelle politique du stationnement. Les contraintes sur le stationnement ne doivent pas avoir pour effet de réduire l'attractivité des artères commerciales du Plateau.

Les possibilités que les automobilistes se rendent ailleurs — là où les contraintes de stationnement seront moins grandes — sont d'autant plus fortes que le territoire concerné par les nouvelles mesures est restreint, à peine quelques kilomètres carrés au coeur de l'île. Pour réussir, la régulation du stationnement ne doit pas concerner qu'un seul arrondissement, surtout l'un des plus petits; il doit être pensé à l'échelle de la ville de Montréal, voire de la région tout entière, à défaut de quoi on risque de déplacer les consommateurs ailleurs, plutôt qu'autrement. Il faut par ailleurs éviter de ne viser que ceux qui viennent faire leurs achats dans les quartiers centraux. La réduction de la dépendance automobile doit aussi concerner les résidants. C'est à ce prix que l'on pourra réduire notre dépendance collective à l'automobile.
8 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 29 novembre 2010 08 h 53

    Quand mieux vaut s'abstenir que de se taper le centre

    J'entends de plus en plus souvent des gens habitant la banlieue dire qu'ils venaient mais ne viennent plus à Montréal ni pour magasiner ni pour autre chose s'ils peuvent l'éviter. C'est si compliqué que ça devient repoussant. On peut avoir l'impression que Montréal est devenue un grand échangeur routier le plus souvent congestionné où on ne descend plus et que ce sont les résidants qui en paient de leur santé le prix. Ces résidants, plus ou moins captifs de l'île, s'y déplacent comme ils le peuvent mais se confinent de préférence à leur quartier à moins d'être contraints à tenter une expédition au centre-ville. Je suis certaine que l'offre culturelle du centre, si alléchante et magnifique, souffre de ces stupides imbroglios de transportation. Même pour une résidante de l'île mais à la frange, le centre devient rebutant si spontanément les problèmes pour s'y rendent viennent à l'esprit quand il y pense. Il faut régler ça pour la vitalité même de Montréal. Ce ne sont pas tous les quartiers qui ont la capacité de se suffirent à eux-mêmes et de devenir des ghettos bien dans leur peau comme sur le Plateau.

  • Louis-Georges,Lavoie - Inscrit 29 novembre 2010 09 h 37

    Le stationnement

    Pour répondre à monsieur Lewis:
    Je suis né et a grandi dans ce qu'on appelle le quartier Hochelaga-Maisonneuve, et tous les commerces autant de la rue Ontario ou Ste-Catherine étaient et sont encore aujourd'hui des petits commerces de quartier.
    Le Plateau Mont-Royal était et est, comme Hochelaga-Maisonneuve / Centre-Sud /Sud-Ouest, un quartier de la classe moyenne et pauvre alors notre désir était quand je serai grand, je m'achète un "char" pour puvoir se déplacer comme on veut et où on veut et surtout ne plus avoir à prendre l'autobus. L'auto était un des signes de réussite tout comme la cigarette était un signe que t'étais devenu un adulte!!
    Aujourd'hui, les gens préfèrent faire leurs emplettes dans les grands Centres Commerciaux,là ils peuvent comparer et choisir sans se les faire geler!!!

  • André Boulanger - Inscrit 29 novembre 2010 11 h 11

    LA CONSPIRATION DES UTOPISTES


    TOUS les partis politiques ont annoncé que des mesures incitatives au TC seraient mises en place pour contrer l'omniprésence de l'auto en ville.

    Si on additionne le % de vote attribué à Ferrandez plus celui de Labrecque, on totalise : 70,5 % de vote pour un changement majeur.
    Dans son programme, Vision Montréal de Louise Harel tenait aussi le même discours.

    Donc :

    100 électeurs sur 100 ont voté pour des mesures d'apaisement à la circulation. Comme la voiture est partout, il est impossible de ne pas toucher soit aux espaces de roulement soit aux espaces de stationnement.

    Le plan de Ferrandez est excellent, envore faut-il le lire avant de le scrapper.

  • Bernard Terreault - Abonné 29 novembre 2010 11 h 45

    D'un Longueuillois : plus de métro

    Avec ou sans parcomètres additionnels, il y a longtemps que le Plateau, autant que le Centre-ville, est pour ainsi dire inaccessible aux automobilistes de l'extérieur qui cherchent un stationnement aux frais de la princesse, la grande majorité des places est réservée (avec justesse) aux résidents possesseurs de vignette. La solution, le métro ou des parkings payants. Ce quartier s'est bâti avant l'ère de l'auto et c'est justement ce qui fait son "charme" et son "pittoresque", il ne peut pas garder son cachet et ressembler à Brossard en même temps. Mais il faudrait une station de métro supplémentaire : entre Sherbrooke et Laurier ça fait long à marcher! (Une station additionnelle à Longueuil ne ferait pas de tort non plus.)

  • Sylvain Auclair - Abonné 29 novembre 2010 15 h 00

    Bernard...

    Il y a une station entre Sherbrooke et Laurier, elle s'appelle Mont-Royal.