Élections partielles - La véritable valeur d'une victoire

Une élection aura lieu ce lundi dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. Elle serait somme toute banale si elle ne découlait pas de la mort prématurée d'un député ayant gagné l'affection populaire, mais surtout si elle ne se déroulait pas dans un contexte où les Québécois entrevoient la turpitude de l'appareil de pouvoir.

On entend depuis quelque temps les mercenaires de l'information faire monter les enchères. On prépare les masses à assimiler des vérités prédigérées. On vantera le mérite de Jean Charest de conserver ce siège malgré les scandales qui secouent son parti. On soulèvera des doutes sur le leadership de Pauline Marois, qui n'arrive pas à ravir une circonscription francophone.

Contexte

Ces observations seraient plausibles si l'élection avait lieu dans la région métropolitaine, mais appliquées à ce coin de pays, elles ne tiennent pas la route. Le Parti libéral a de grandes chances de l'emporter, et le charisme du premier ministre n'y est pour rien. Rappelons-nous que cette circonscription est orpheline. Claude Béchard, un gars de la place, a eu le mérite de s'y faire aimer. La candidate libérale, également originaire du comté de Kamouraska, ayant de surcroît représenté cette circonscription trois fois à l'Assemblée nationale, profitera du capital de sympathie pour le disparu.

Rappelons-nous que le gouvernement a récemment accordé le contrat de fabrication de 468 voitures du métro de Montréal à Bombardier-Alstrom de La Pocatière, assurant ainsi la pérennité de quelques centaines d'emplois. Il est très raisonnable de supposer que le Parti libéral en tirera des dividendes. Ajoutons enfin que cette circonscription est rouge depuis 1985. Qui plus est, les cousins de droite de l'ADQ y ont pris une telle place que le Parti québécois n'y est arrivé que troisième aux deux dernières élections générales.

Victoire libérale?

Il apparaît clairement que la pente est raide pour le candidat péquiste, qui lutte dans un milieu conservateur et un tantinet réfractaire au changement. Il y traînera l'option souverainiste comme un boulet. Dans ce contexte, le côté francophone de la circonscription n'a rien à voir avec la popularité de Pauline Marois non plus. Pourrions-nous nous demander si ces électeurs sont insensibles aux signes ambiants de déliquescence? Bien sûr que non! Ils exècrent la corruption comme tous les honnêtes gens!

Cependant, je soupçonne que le mal leur semble localisé si loin de chez eux qu'ils ne se sentent touchés ni menacés. En effet, toutes ces nouvelles inquiétantes leur viennent de Montréal et de sa couronne, ce qui est loin, bien loin... Et quand on leur fait remarquer qu'il y a peut-être quelque chose de pourri au royaume libéral, certains d'entre eux nous rabâchent encore l'histoire des toilettes silencieuses de Pauline!

Quoi qu'il en soit, le peuple se prononcera lundi soir et il est probable que la candidate libérale l'emporte. Je ne la crois pas impliquée dans quelque sombre affaire et lui souhaite bonne chance pour la suite des choses. Cependant, que les façonneurs d'opinion se gardent d'y voir une caution de l'incurie de Jean Charest ou un signe de l'impuissance de Pauline Marois.
5 commentaires
  • André Doré - Inscrit 26 novembre 2010 05 h 27

    Si c'est ça, c'est triste et malheureux...

    M. Dionne écrit: "Cependant, je soupçonne que le mal leur semble localisé si loin de chez eux qu'ils ne se sentent touchés ni menacés. En effet, toutes ces nouvelles inquiétantes leur viennent de Montréal et de sa couronne, ce qui est loin, bien loin..."

    Si les électeurs de Kamouraska-Témiscouata croient que la corruption ne les touche pas parce qu'elle semble être loin de chez eux, il faudra aller leur donner des cours... ou les réveiller...

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 26 novembre 2010 05 h 32

    M. Béchard est mort

    Depuis le début de cette campagne, on ne cesse de rappeler la mort de M. Béchard. Pour sa famille et ses proches, c'est un évènement fort douloureux et ont sûrement droit à toute notre sympathie.
    Mais dans tous les commentaires écrits ou parlés, on n'ose jamais rappeler son héritage politique, surtout en ce qui a trait aux wagons de métro.
    N'eût été de l'ingérence partisane de M. Béchard il y a quatre ans, les nouvelles voiture du métro rouleraient déjà et auraient coûté 50% moins cher que maintenant.De plus les travailleurs, en plus grand nombre que maintenant, auraient été au travail.

  • alen - Inscrit 26 novembre 2010 09 h 26

    Pas sûr!...

    Non, je ne suis pas sûr du tout de votre analyse, Monsieur Dionne. En réalité, depuis 1869, le comté de Kamouraska a élu 33 députés libéraux en 46 élections générales ou partielles confondues, ainsi que 5 députés de l'Union Nationale, dont le dernier a siégé de 1966 à 1970. (Depuis 70, en 11 élections, 9 libéraux).

    Contrairement à ce que vous dites, c'est un comté qui semble plutôt bien s'accommoder du favoritisme et de la corruption. Tronçons de routes (185), contrats à Bombardier, investissements dans l'hôpital, le CEGEP, l'École d'agriculture de La Pocatière par exemple.

    Voilà pourquoi le Premier ministre incitait les électeurs du comté à voter du bon bord, avant de partir pour Paris.

  • meme moi ici - Inscrite 26 novembre 2010 10 h 17

    la cassette libérale

    ne pouvant plus le nier, les libéraux ont fait une nouvelle mise à jour de leur cassette... leur nouveau discours : hé oui! nous sommes un parti corrompu mais mais mais... toutes les autres sont pareilllllls pareillls...

    pour les gens de kamouraska témiskouata, j'espère qu'ils ne se feront pas leurrer par ces nouveaux lavages de cerveau. Ces gens sont fiers de leur belle région et ils ne devront pas accepter d'être la risée de 80% de la population

    de plus, , malgré la sympathie du à sa maladie, le charisme de cet homme il n'a eu qu'une faible majorité des votes lors des élections 2007.
    france dionne est bien loin d'avoir la moitié du charisme de m béchard, avec son regard ou on ne détecte aucune honnêteté, elle attire pas mal moins l'estime... c'est ce qui l'incite à faire de fausses accusation à droite et à gauche....
    ceci dit, le site ecoeurement.com est toujours vivant... plus que jamais alors, il est plus que temps d'afficher dans cette région, de façon pacifique... et il est possible de se procurer des affiches sur
    http://www.vigile.net/Voici-les-affiches-de-Affich
    ou encore... faites vos propres affiches...

  • Donald Bordeleau - Abonné 27 novembre 2010 21 h 18

    Il y aura une enquête publique.

    Oui il y aura une enquête publique qui va permettre d'économiser au moins près de 15 milliards pour tous les contrats. Mais depuis 2008, a cause des connivences de collusion, de PPP ou l'on va payer pour encore 30 ans, travail au noir et corruption devente de terrain et autres magouilles celà nous à couté plus de 4 milliards sur seulement 3 ans.Il ne faut pas se surprendre que les firmes et les contracteurs ont cotisé pour près de 5 millions à la caisse du PLQ.

    Les conseils des génies
    Suite à l'arrivée de Jean Charest et des libéraux au pouvoir, l'Association des ingénieurs-conseils du Québec a pris, avec la connivence du ministère du transport, de plus en plus de place et de pouvoir. Dès 2004 ils demandèrent que leur mandat soit élargi afin d'inclure "les activités de planification, d'organisation,de gestion,de conservation et d'exploitation", tel qu'il apparaît dans le procès-verbal du comité. Les deux sous-ministres de l'époque, M.André Bossé et M. Liguori Hinse, présents pour démarrer ce comité en 2004, se sont retrouvés de l'autre côté de la table les années suivantes. On se demande aujourd'hui si le rôle du Ministère des Transports ne se limite pas seulement à déterminer la hauteur des balises sur les routes et la largeur des bandes réfléchissantes?... Alors, pour maximiser les profits, il suffisait de se regrouper afin d'abolir la concurrence et de fixer les prix. Mais ça c'est on ne peux plus dans la LÉGALITÉ, et jamais un enquête de police n'y trouvera à y redire. Etant donné que des manigances de cet ordre existent à profusion et à tous les nivaux, une enquête publique est la seule solution afin de redonner aux Québécois des institutions qu'ils méritent.


    de richard lepage

    jeudi 25 novembre 2010