L'Iran doit faire marche arrière

L'épouse du premier ministre du Canada, Mme Laureen Harper, a animé hier une table ronde sur les défis auxquels se heurtent les femmes en Iran, présidée par la présidente d'Indigo, Heather Reisman. Après la discussion, Mmes Harper et Reisman ont publié une deuxième lettre ouverte à l'intention du président de l'Iran, dans laquelle elles ont condamné le mépris constant du pays à l'égard de la primauté du droit, des droits de la personne et des droits de la femme, comme en font foi les mauvais traitements qu'il réserve à Sakineh Mohammadi Ashtiani.

Cette dernière a été accusée d'adultère. Elle a été condamnée une première fois à recevoir 99 coups de fouet (qu'elle a reçus), puis une deuxième fois à la peine de mort par lapidation (peine suspendue). Elle est désormais accusée de meurtre, ce qui pourrait lui valoir la peine de mort par pendaison. La semaine dernière, une émission de télévision iranienne demandait que Mme Ashtiani confesse son «immoralité». Il s'agissait de la deuxième émission du genre et une autre violation claire du cours normal de la loi. L'injustice continue dont sont victimes Sakineh Mohammadi Ashtiani et sa famille mobilise des milliers de femmes du monde entier à la défense de ses droits et de sa cause.

***

Monsieur le Président Ahmadinejad. Nous vous écrivons en tant que Canadiennes qui bénéficient d'avantages et de protections d'une société démocratique qui chérit et défend les droits de la personne et les libertés. À l'instar de nos concitoyens de toutes les sphères de la société, nous demeurons très préoccupées par la situation des droits de la personne en Iran. Les mauvais traitements constamment infligés à Sakineh Mohammadi Ashtiani les inquiètent tout particulièrement.

La diffusion la semaine dernière des confessions de Mme Ashtiani, qui sont d'une authenticité douteuse, est répréhensible. Plutôt que d'y voir une femme «coupable», le monde y a vu un pays prêt à intimider et à humilier ses citoyens, ainsi qu'à nuire à l'issue des affaires dont sont saisis les tribunaux.

Nous demeurons vivement préoccupées par le refus de l'Iran de respecter le cours normal de la loi, comme le montre la procédure judiciaire injuste dans laquelle se débattent Mme Ashtiani et l'ensemble des Iraniennes.

Nous sommes toujours convaincues qu'un procès impartial aboutirait rapidement à la libération de Mme Ashtiani ainsi qu'à l'exonération de son avocate et de son fils, dont les arrestations, pour s'être portés à sa défense, discréditent encore plus votre pays.

Respect des obligations

Nous demandons à l'Iran de respecter ses obligations internationales et juridiques et de faire marche arrière pour que les droits de ses citoyens cessent d'être de plus en plus bafoués, et ce, en appliquant tout d'abord la loi de manière équitable et régulière dans le cas de Mme Ashtiani.

Nous sommes également bouleversées de constater que l'ignoble peine de mort par lapidation qu'avait reçue Mme Ashtiani continue d'être infligée avant tout aux femmes en Iran, alors qu'elle a été abandonnée partout ailleurs dans le monde. Nous demandons à l'Iran de modifier ses lois et d'interdire à tout jamais ce châtiment cruel et inhumain.

Nous nous sommes réunies [hier] à Ottawa pour discuter de la situation des femmes en Iran. Nous formons une coalition qui prend rapidement de l'ampleur dans le monde entier et qui est déterminée à maintenir les projecteurs sur les actions du gouvernement iranien et la condition des Iraniennes. En partageant l'indignation de la communauté internationale, nous espérons que les Iraniennes pourront un jour profiter des mêmes avantages, droits et libertés dont nous avons la chance extraordinaire de bénéficier au Canada.

Vigilance


Enfin, nous applaudissons le message clair que vous a envoyé la communauté internationale la semaine dernière en adoptant à la Troisième commission des Nations unies, pour la huitième année consécutive et avec la plus importante majorité jamais enregistrée, une résolution condamnant le bilan de l'Iran en matière de droits de la personne et montrant aux Iraniens qu'ils ne sont pas seuls. Cette fois, nous espérons que l'Iran écoutera le monde et commencera à respecter pleinement les droits de ses citoyens.

Nous nous engageons une fois de plus à continuer à faire preuve de vigilance et à attirer l'attention du monde sur ce cas et tous les autres semblables en Iran et ailleurs sur la planète.

***

Heather Reisman - Présidente d'Indigo

Laureen Harper - Épouse du premier ministre Stephen Harper
2 commentaires
  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 24 novembre 2010 07 h 43

    Laureen Harper, la ferme !!!!!

    Ayez la décence de la fermer Madame s.v.p. Jamais on ne vous a entendu depuis que votre homme dirige ce pays.

    1) Jamais entendu sur la purge idéologique du gouvernement dirigé par votre époux au sein de l'organisme Droits et démocratie qui promeut aussi les droits des femmes et l'amélioration de leurs conditions de vie à l'étranger et particulièrement en Palestine, y compris Gaza gouverné par une bande d'intégristes qui méprise aussi les droits des femmes.

    2) Jamais entendu sur le rejet par le gouvernement que votre époux dirige du financement du Center for Equality Rights in accomodation pour un accès égal aux logements des femmes sans abri au Canada.

    3) Jamais entendu sur le rejet par le gouvernement que votre époux dirige du dernier projet de la Coalition pour l'équité salariale du Nouveau Brunswick qui revendique une Loi sur l'équité salariale dans le secteur public et privé.

    4) Jamais entendu sur le rejet par le gouvernement que votre époux dirige du rejet du financement du Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail.

    5) Jamais entendu sur le rejet par le gouvernement que votre époux dirige du rejet du financement de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale(AFEAS)

    Soyons solidaire pour l'amélioration des conditions des femmes en Iran et ailleurs, mais Mme Harper, prêcher par l'exemple et occuper vous aussi des nôtres ici.

  • lephilosophe - Inscrit 25 novembre 2010 09 h 25

    Et les libanaises, madame Reisman?

    J'ai souvenir qu'en 2006 madame Reisman a fait des déclarations tornitruantes contre le Parti libéral du Canada à l'effet qu'il n'appuyait pas assez fermement l'invasion israélienne du Liban. Alors que huit membres d'une même famille montréalaise d'origine libanaise trouvaient la mort sous les bombes de l'envahisseur, monsieur Harper félicitait Israël pour sa «modération». Avec en arrière-fond les applaudissement de madame Riesman qui est un personnage très influent du Congrès Juif canadien à Toronto. À ce moment-là elle ne semblait pas trop se préoccuper du sort des femmes libanaises. Comment peut-on à la fois être partisane de la guerre et défendre les droits des femmes? Il n'y a aucune guerre qui n'ait produit son lot d'atrocités particulièrement pour les femmes.
    Depuis que Nigel Wright est devenu le nouveau chef de cabinet de Harper, ces deux comparses (madame Harper et madame Reisman), font partie de l'artillerie idéologique des forces sionistes qui visent à soutenir la guerre contre l'Iran. Tel est le sens de cette intervention et... cela n'a rien à voir avec les droits des femmes...

    Bernard Gadoua