Le choix d'un développement durable et responsable

Le gouvernement du Québec a annoncé son plan d'action afin d'assurer le développement de l'industrie des gaz de schiste sur le territoire québécois. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) est heureuse que le gouvernement ait choisi cette voie qui permet au Québec d'avancer. Tel que l'a souligné le ministre Pierre Arcand, «c'est la responsabilité du gouvernement d'encadrer le secteur gazier pour qu'il se développe selon les plus hauts standards de qualité, dans le respect des populations et en assurant la protection de l'environnement». Nous sommes d'accord avec cette approche.

En bref, la FCCQ se réjouit de la double décision du gouvernement: celle de manifester son intention d'exploiter ces gisements de richesse et d'emplois et celle d'encadrer ce nouveau secteur de règles qui apportent des réponses satisfaisantes aux questions légitimes que soulèvent les citoyens de bonne foi. Voilà ce que c'est que de faire du développement économique durable et responsable.

Encadrement nécessaire

Pour la FCCQ, l'encadrement que le gouvernement doit mettre en place afin d'assurer une exploitation responsable des gaz de schiste et des nouvelles ressources naturelles devra minimalement consister à:

- élaborer et à appliquer des normes environnementales rigoureuses qui assurent une protection adéquate des ressources renouvelables, notamment des nappes phréatiques;

- édicter des règles relatives aux redevances et aux retombées économiques afin que la société québécoise tire profit de ces ressources naturelles;

- mettre en place des mécanismes adéquats d'information et de consultation de la population, en particulier dans les régions visées par les éventuels projets d'exploitation de ces ressources.

La future loi

Le gouvernement a annoncé que la rédaction de la future loi sur les hydrocarbures se ferait de concert avec les municipalités, les citoyens, l'industrie, le milieu agricole et les groupes environnementaux. Tous les intervenants touchés par cette nouvelle loi auront donc le loisir d'exprimer leurs préoccupations. La FCCQ presse le gouvernement d'élaborer rapidement le projet de loi sur les hydrocarbures, au terme des consultations envisagées.

Il est essentiel que les investisseurs connaissent clairement les conditions qui leur sont posées pour exploiter le gaz de schiste et d'autres ressources naturelles. Les investisseurs doivent également savoir que ces règles sont claires et qu'elles ne sont pas sujettes à des changements fréquents ou à des interprétations arbitraires.

En attendant l'adoption de la nouvelle loi, il est important que les entreprises qui sont déjà actives dans l'exploration se conforment aux orientations et aux guides que doit élaborer le gouvernement, notamment à l'égard de l'information à transmettre aux municipalités et aux citoyens des localités où ont lieu ces activités d'exploration.

Les craintes de la population

Le gaz de schiste représente, potentiellement, une ressource qui pourrait accroître la richesse de la société québécoise. Mais cette ressource n'est pas connue, et il n'est pas étonnant que la population s'interroge ou exprime des craintes à l'égard de leur exploitation. Le gouvernement s'est engagé à rendre toute l'information disponible et nul doute qu'il le fera. L'industrie et les groupes environnementaux n'y manqueront pas non plus. S'il y a quelque chose à craindre, me semble-t-il, c'est peut-être la surdose, beaucoup plus que la pénurie. Il appartiendra aux citoyens de faire la part des choses.

Le rejet de toute forme de moratoire envoie un signal clair à l'industrie. Il ne reste au gouvernement qu'à suivre son plan d'action et, si le BAPE donne le feu vert à l'exploitation des gaz de schiste, à se tenir debout devant les groupes qui s'opposent à l'avancement du Québec.



10 commentaires
  • ClarkeCity - Inscrit 7 septembre 2010 05 h 52

    Quand "développement durable et responsable" signifie ARGENT pour certains...

    La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) doit être heureuse que le gouvernement ait choisi de permettre aux municipalités de se séparer des redevances. La réalité dans le cas d’une communauté qui est le plus touché par les impacts d’un barrage hydroélectrique SM-3 est la suivante:

    Montant des redevances de SM-3, 10,9 millions pour la ville de Sept-Îles. Le secteur le plus touché par les impacts de ce barrage a pratiquement rien reçu des redevances. (À peu de chose près, les propriétaires ont reçu une poubelle bleue pour le recyclage.) Pourtant, le secteur Val Marguerite est situé à l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite…

    Plan d’urgence irréaliste, aucune sécurité pour un barrage hydroélectrique, un employé du MDDEP m’a même informé que toutes les préoccupations environnementales sont fermées pour le secteur Val Marguerite.

    N’oublions pas de mentionner que le transcrit officiel de la séance du BAPE ( 10 décembre 2008 – soirée) a été modifié pour oublier l'illogisme de notre gouvernement sur la séparation des lignes de transport électrique et les barrages hydroélectriques pour ces audiences publiques.

    (Monsieur Michel Germain était le président de cette séance du 10 décembre 2008 et sera un des commissaires pour la commission sur l'industrie des gaz de schiste.)

    L’argent mène le monde et c’est plus que VRAI avec un gouvernement Libéral.

    Le MDDEP, Sécurité Publique, MAMROT, et Protecteur du Citoyen n’hésitent pas à renier leurs responsabilités en bafouant les droits des citoyens pour faire régner les injustices du gouvernement. Cela s’appelle « Politique ». Un mot pour dire que l’on fait ce que l’on veut quand on est au pouvoir.

    Voir la pire histoire des barrages hydroélectriques au Québec à www.SergeMarchand.com .

    Serge Marchand (serge.marchand@globetrotter.net )

  • Odette Morin - Abonnée 7 septembre 2010 08 h 27

    Développement du... quoi?

    @Françoise Bertrand
    Vous voulez rire ou quoi? Pincez-moi quelqu'un! N'êtes-vous pas au courant des effets désastreux de l'exploration et de l'exploitation de ce gaz? Pire, cette saloperie se trouve en dessous de nos meilleures terres agricoles. Pensez-vous vraiment que les compagnies qui l'exploitent vont être plus précautionneuses ici qu'elles ne le sont chez nos voisins du sud?

    Même pas besoin d'être écolo pour être contre, car il s'agit du viol de nos terres, du vol de nos ressources. Le gaz de schiste est à l'industrie du gaz naturel ce que les sables bitumineux sont à l'industrie du pétrole, c'est à dire, beaucoup plus "sale" à extraire.

    Au moment où l'approvisionnement en eau potable est précaire dans plusieurs régions et que le fleuve atteint des records de bas niveau, ces compagnies puisent l'eau, on ne sait où et la transportent dans des gros camions de 32,000 litres. Plus de 10,000 litres d'eau pour une seule opération d'hydro fraction, une quarantaine de camions par jours sur nos routes déjà mal en point.

    Et nous nous faisons encore accuser d'immobilisme. Pour moi et bien d'autres, ceux qui sont coupables d'immobilisme, ce sont les gouvernements et tous ceux en moyen d'investir qui ne voient pas plus loin que leur poche sans penser au désastre écologique, avéré chez nos voisins du sud, de cette exploitation. Le Québec accuse de sérieux retards sur les autres pays nordiques, en ce qui a trait aux alternatives aux énergies fossiles. Développement durable mon oeil, il s'agit plutôt d'un pillage sans précédent.

    J'aurais honte à votre place.

    P.S. Suggestion cinéma : Gasland.

  • Dominique Châteauvert - Inscrite 7 septembre 2010 09 h 24

    Et l'eau Mme Bertrand?

    Croyez-vous que la science, l'industrie et le gouvernement trouvera demain la "recette" pour extraire ce gaz sans un usage intensif de l'eau, avec en plus un parfait contrôle des eaux polluées?

    Vous avez bien que non.

    Ce qui se passe en ce moment, ce sont les derniers sursauts du colonialisme, dans son état le plus pur et le plus carnassier. Il traque les hydrocarbures dans ses derniers repaires, là où c'est le plus difficile et le plus polluant de le faire.

    Nous sommes rendus à la croisée des chemins où les moyens employés s'avèrent démesurés par rapport aux ressources dont l'humanité dispose en ce moment.

    Avez-vous entendu parler de la "guerre de l'eau", de la "crise de l'eau"?
    Avez-vous vu, de vos yeux vu, les rivières presqu'à sec, ces rivières qui se déversent dans le fleuve, ce fleuve qui n'a jamais été aussi bas? Sans compter les Grands Lacs. Savez-vous que des puits artésiens sont à sec à St-Ferréol-les-Neiges?

  • Dominique Châteauvert - Inscrite 7 septembre 2010 09 h 24

    Et l'eau Mme Bertrand? (2)

    Un des sbires de cet industrie a dit en ricanant à la télévision que le Québec a amplement d'eau qui coule sous le pont Jacques-Cartier pour répondre aux besoins de l'industrie. Il a ajouté que la ponction de 20% du débit le plus bas garantie à la population qu'elle ne manquera jamais d'eau. Si 2010 est l'année de référence, les débits ont été si bas que votre industrie n'aura pas assez d'eau pour fonctionner comme vous le désirez.

    Que ferez-vous alors? Vous ferez comme Rio Tinto, ex Alcan, qui possède le droit d'usufruit de toute l'énergie hydroélectrique du Lac-St-Jean. Elle a maintenu cet été le niveau du Lac à un niveau hors la loi, bien en bas du seuil autorisé. Plusieurs habitants ont perdu l'accès au lac pour leurs bateaux de plaisance. Ils n'ont pas réussi à se faire protéger par la loi car la pénalité prévue en ce cas ne serait que de $100,000, une goutte dans l'océan pour Rio Tinto. Pourtant la compagnie possède une alternative: l'achat à Hydro Québec du surplus dont elle a besoin, mais elle a préféré jouer les victimes, les pertes d'emplois, etc... et ponctionner le lac à vif.

    Voilà ce que feront les compagnies de Gaz de schiste quand elles auront besoin d'une eau qui est en voir de devenir de plus en plus rare. Le gouvernement ne doit pas laisser faire cela. C'est son devoir de tout arrêter.

  • Franfeluche - Abonné 7 septembre 2010 09 h 52

    Le rejet du moratoire

    Le rejet du moratoire envoie un signal clair aux compagnies. Vous avez raison Mme. Bertrand. Cela veut dire qu'elles peuvent continuer sans vergogne à explorer le sol québécois. Cela veut dire qu'en bout du compte, iles savent que le BAPE qui n'a que quatre mois pour produire son rapport, leur sera favorable.