Le voeu d'une nouvelle maman

Je suis mère d'un bébé de 7 mois et je nage présentement en plein désarroi et en pleine anxiété me doutant fort bien que je n'obtiendrai probablement pas de place en CPE pour mon retour au travail, prévu en octobre prochain. J'espère (peut-être bien naïvement, mais j'espère tout de même) que cette lettre, de concert avec toutes celles des autres parents qui ont pris le temps de dénoncer cette situation inacceptable et indigne de notre société soi-disant avant-gardiste et progressiste, contribuera à favoriser l'accès à ces places tant convoitées et rarissimes.

En effet, pour le moment, le gouvernement qui encourage pourtant la natalité ne dispose vraisemblablement pas des structures et des outils adéquats pour faire face aux conséquences de ses philosophies.

Ce n'est pas normal que malgré toutes les pirouettes et les démarches administratives auxquelles je me suis livrée, malgré les heures passées au téléphone, mon petit garçon soit le 39e sur la liste d'attente du CPE de mon quartier où il est soi-disant prioritaire en vertu de mon code postal! Je n'ose même pas imaginer quel rang il occupe sur la liste d'attente des autres CPE où je l'ai inscrit...

Et pourtant!

Je l'ai pourtant inscrit sur toutes ces listes d'attente alors que j'étais rendue à 11 semaines de grossesse. J'aurais difficilement pu entamer mes démarches avant! Malgré cela, les chances qu'il ait une place pour le mois de septembre sont quasi nulles, mon CPE ne prenant que dix poupons. Sachant qu'il y a peu de mouvements durant l'année, il me faudra attendre encore une autre année avant qu'il puisse enfin faire son entrée à la garderie. Je n'ai pas la chance d'avoir de garderie dans mon milieu de travail, je ne possède pas de «contacts» à l'intérieur de l'une d'entre elles qui pourrait faciliter l'entrée de mon bébé, je n'ai pas d'enfant aîné qui aurait pu préparer la voie à son petit frère. Je dois m'en remettre à la bureaucratie, attendre mon tour, bien patiemment.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ma foi est vacillante. Cela étant dit, je dois retourner travailler en octobre, et sans place en garderie, une des solutions envisagées serait de me tourner vers le réseau privé pour pouvoir bénéficier d'un horaire de travail plus souple et exercer ma profession d'infirmière aux moments où mon conjoint ne travaille pas. Cruelle ironie, quand on songe au manque criant d'infirmières dans le réseau public.

Des réponses claires


Il est vrai qu'en dehors des CPE, les places en milieu familial sont légion, et que j'en trouverai bien un qui prendra mon enfant. Vrai aussi que les services offerts sont de qualité inégale, que les horaires variables, voire restreints, sont beaucoup moins adaptés aux réalités professionnelles que dans les CPE, que les listes d'attente sont inexistantes, les sélections se faisant «à la tête du client», et que pour obtenir une place, non seulement faut-il encore une fois se livrer à d'interminables démarches, mais aussi se livrer à une intense entreprise de séduction, sans vraiment savoir si l'on veut réellement que notre enfant passe 40 heures par semaine en ces lieux.

Au Québec, peut-être encore plus qu'ailleurs, beaucoup de chemin a été fait pour faciliter la conciliation travail-famille. Il en reste néanmoins pas mal à parcourir. À la suite de toutes ces considérations et questions posées plus haut, je pose la question à Mme Yolande James, ministre de la Famille: Êtes-vous en mesure de me dire quelles actions concrètes seront mises en place dans un avenir prochain afin de faire baisser de façon considérable le temps d'attente pour l'obtention d'une place en CPE et faire en sorte que ces places ne constituent plus un privilège réservé à une poignée de favorisés? Pouvez-vous me dire ce que vous comptez faire pour garantir un service plus uniforme et équitable pour les nouveaux parents et leurs enfants? Serez-vous celle qui changera les choses et dont on se souviendra pour avoir enfin réglé ce dossier «chaud»?

Des réponses claires du gouvernement et du ministère de la Famille, suivies d'actions concrètes, permettront peut-être à de futurs parents de vivre leur congé parental au jour le jour, sans la crainte quasi constante qui m'habite de ne pas pouvoir trouver un endroit sécuritaire et stimulant pour leur bébé, le jour où ils devront retourner travailler. Comme nouvelle maman, c'est mon voeu le plus cher.

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Catherine de Ravinel - Montréal
2 commentaires
  • MllePelle - Inscrit 22 juillet 2010 14 h 17

    Le meilleur n'est pas à venir....

    Dans le cas des CPE, le meilleur n'est vraiment pas à venir. Je constate dans le milieu que le gouvernement actuel cherche à se ''débarrasser'' des CPE au profit des garderies privées qui seront aussi subventionnées. À quel prix? En tout cas, certainement pas à l'avantage de la qualité du service ni du maintien des conditions de travail et salariale des employé(e)s. Moins de CPE veut dire moins d'engagement du gouvernement et du même coup, plus de liberté à certains entrepreneurs de s'occuper de nos enfants mais pas nécessairement aussi bien qu'on le souhaiterait. Nos enfants deviennent un moyen pour certains de faire des profits. Je vois mal comment les familles pourront réellement bien servies....
    Bonne chance tout de même dans votre recherche.

  • Claude-Andre Bosse - Inscrit 3 août 2010 22 h 19

    CPE liste d'attente obscure

    Malgré qu'il n'y ait pas assez de places disponibles, les CPE ne sont toujours pas obligés d'utiliser le BILA (bureau d'inscription à la liste d'attente centralisée). Ils peuvent donc contrôler comme bon leur semble qui a le prévilège d'obtenir une place. Les CPE sont des organismes à but non-lucratif ayant chacun leur conseil d'administration composé de parents, employés et d'une personne de la communauté. Le CA, la direction et les employés peuvent faire passer à l'avant de la liste leurs amis et familles. De plus dans plusieurs CPE les enfants des employés ont une place garantie.

    Après un certain temps, il n'est pas rare de voir plus de la moitié des familles privilégiés ayant les places dans un CPE les ont obtenues par leurs contacts internes. Par la suite le contrôle du CA demeurent entre les mains des privilégiés. Les CPE intéressent les familles bien nanties car avec des revenues de plus de 100'000$, le coût de 7$ par jour est une aubaine versus le coût en garderie non subventionné.

    Mon exemple le plus simple est de comparer la situation des CPE avec le système scolaire. Serait-il acceptable de se faire dire que votre enfant doit aller dans un sous-sol avec une gardienne pour faire sa maternelle et peut-être tout son élémentaire sans pouvoir fréquenter un école faute de place....

    Tant que la liste d'attente ne sera pas démocratique, il y aura des profiteurs qui en garderont un contrôle jaloux.

    Décourageant comme système et nous pourrions débattre aussi le coût du système versus la qualité des services rendus.