Débat sur l'avortement - Je l'affirme et je l'assume : je suis pro-choix

En lisant l'article «Les pro-vie se mobilisent», dans l'édition du Devoir du 14 mai 2010, j'ai été outrée de constater qu'en 2010, le débat sur l'avortement rallie encore de soi-disant porteurs de bonnes nouvelles qui osent déclarer que nous sommes arrivés à la nouvelle ère de la bonne conscience où l'avortement est impensable.

Sous quel masque se cachent-ils, ces hommes et ces femmes du mouvement pro-vie? De quelle vérité sont-ils prétendument détenteurs? Qui sont-ils pour accuser des femmes qui ont fait ou devront faire le CHOIX de ne pas rendre leur grossesse à terme? Quand va-t-on comprendre que ce choix, et ce, peu importe les raisons souvent discutées avec le conjoint, n'appartient qu'à celle qui porte son enfant? Que ce choix, si intime soit-il, n'est pas pris à la légère et est très souvent réfléchi? Qui sont-ils, même ceux qui portent le titre de cardinal, députés ou autre, pour juger de ce choix?

Idéologie

Je suis tentée de faire une analogie avec la lapidation, pratiquée autant par des hommes que par des femmes, envers des personnes accusées d'adultère. Cette pratique barbare pratiquée encore dans certains pays se rapproche de ces accusations portées envers celles qui désirent se faire avorter, par ces individus ralliés au groupe pro-vie et qui, inlassablement, prétendent connaître la «vérité».

Les pierres sont remplacées par le fiel découlant de leur idéologie. À vouloir punir l'avortement, jusqu'à placer ainsi la femme dans le rang des criminels. On apprend maintenant que le projet de loi du privé visant à criminaliser le fait de contraindre une femme à se faire avorter était en fait une première étape dans la lutte contre l'avortement. Dans le caucus pro-vie, on y tient des propos qui enfreignent à mon avis toute liberté individuelle.

Case départ

Lorsque le cardinal Marc Ouellet prend la parole pour encenser ce gouvernement de plus en plus de droite et dont les décisions idéologiques commencent grandement à m'effrayer, je suis perplexe. J'ai l'impression de revenir à la case départ. Les propos énoncés par ce cardinal me semblent d'une époque que l'on pensait révolue!

Notre gouvernement a eu le courage de résister aux pressions qui voulaient faire financer des programmes d'avortement dans les pays du tiers monde, dit-il. Encouragé par les applaudissements de la foule, il en rajoute: mais nous voudrions voir plus de courage pour qu'on fasse plus pour défendre au Canada les enfants non encore nés. Stupeur. Je suis réellement inquiète pour toutes ces femmes au-dessus desquelles pend une épée de Damoclès.

Propos lapidaires

Je suis tout à fait consciente du fait que l'avortement peut être difficile à vivre et doit apporter son lot de culpabilité et de remords. Toutefois, la mobilisation soutenue par le mouvement d'origine américaine Silent No More, mouvement de femmes disant regretter leur avortement, est à mon avis un des nombreux reflets de la société, celui où on n'assume pas ses choix et on tente d'en faire porter le poids aux autres. Ce groupe de femmes se disent victimes d'une situation. Mais comment une femme qui a déjà fait le choix de se faire avorter peut-elle aujourd'hui le refuser pour d'autres?

Il y a des luttes qui sont constamment remises sur le tapis. Celle-ci me tient particulièrement à coeur. Je me devais de réagir à cet article. Ces femmes qui optent pour l'avortement n'ont pas besoin du pouvoir des uns et des accusations des autres. Laissons-leur le courage et la liberté de leur choix. Ainsi, leur coeur ne sera pas meurtri par des propos trop radicaux et lapidaires.
13 commentaires
  • Yves Petit - Inscrit 17 mai 2010 07 h 14

    Peine de mort pour innocents

    L'avortement libre et gratuit est une peine de mort pour innocent. Voilà pourquoi il faut faire différemment.

    Apporter toute l'aide nécessaire à la mère qui ne désire pas garder son enfant, trouver des parents pour cet enfant sont des solutions pour éviter cette déshumanisation qui consiste à tuer des innocents au nom de la liberté individuelle.

  • michel lebel - Inscrit 17 mai 2010 08 h 15

    Et les droits du foetus?

    Un fait demeure, incontournable: nous avons toutes et tous été à l'origine un foetus. Qui pouvait revendiquer pour nous, foetus, le droit à la vie? J'attends toujours une réponse intelligente. Je crois qu'il n'y en a pas, telle est la condition humaine. À moins de croire que toute vie humaine est d'origine divine. La logique humaine, selon moi, ne peut répondre adéquatement à la question.

  • MX - Inscrit 17 mai 2010 10 h 43

    Je suis pour une culture de la vie et je l'assume

    Dans une société où la charte des droits est souveraine, pourquoi nier le droit à la vie pour les enfants à naître? Et verser dans une confrontation entre le droit des femmes et celui du foetus est un piège qui conduit à une régression à une époque manichéenne, et cela, contrairement à la prétention progessiste des sympathisants pro-choix. Adopter une position libérale sur l'avortement consiste à promouvoir une éthique négative qui a comme conséquence la banalisation d'une morale objective tant nécessaire à l'évolution de l'être humain. S'affirmer pro-vie de façon pacifique ne signifie pas retourner en arrière comme certains le prétendent de façon simpliste mais plutôt défendre la valeur fondamentale de la vie qui est inscrite au plus profond de l'être humain peu importe ses croyances. Se prononcer pour une culture de la vie pour l'évolution de l'homme signifie également une prise de position positive dans différents enjeux sociaux: l'égalité des rapports entre hommes et femmes, le combat contre la discrimination, l'option préférentielle pour les pauvres, l'opposition à la peine capitale, la liberté de religion, la lutte contre le décrochage scolaire, la protection de l'environnement, la marche pour la paix.... Non, la fin ne justifie pas les moyens et un avortement fait dans une condition où la santé de la femme n'est pas menacée va à l'encontre de l'inérêt supérieur de la vie humaine. La liberté de l'un s'arrête où l'asservissement de l'autre commence. Toutefois, la criminalisation de l'avortement est un autre débat dont, personnellement, je me garde de juger de façon catégorique. La charité, la compassion et l'Amour, valeurs chères au christianisme, doivent avoir préséance sur toute approche légaliste dans une recherche de solutions aux problèmes de la société moderne.

  • Isabelle Gélinas - Inscrite 17 mai 2010 11 h 21

    Mon corps, ma vie

    Si l'avortement met fin à une vie en devenir, forcer une femme à garder un enfant est tout aussi dommageable, tant pour l'enfant, s'il naît, que pour cette femme.

    Une femme qui ne souhaite pas l'enfant qu'elle porte ne fera rien pour s'assurer d'une grossesse sûre et saine, du point de vue de sa propre santé comme de celle de cet enfant qu'elle ne veut pas. Une femme que l'on force à porter un enfant finira par ressentir une haine telle envers cet enfant qu'il ne pourra faire autrement que la ressentir. Et ce, toujours, s'il survit.

    Car les femmes, de tout temps, ont eu recours à l'avortement. Elles allaient voir les faiseuses d'anges, les chaman, prenaient des cocktails d'herbes et de potions, ou s'avortaient elles-mêmes à l'aide d'une tige en métal. Souvent, elles en mouraient. Interdire l'avortement, tenter de contrôler le ventre des femmes à leur place ne ferait que redonner naissance à ces avortements dangereux.

    Même dans les conditions idéales, un avortement n'est pas une partie de plaisir. La très grande majorité de celles qui sont passées par là le reconnaîtront et vous diront qu'elles auraient préféré ne pas en arriver là. Je connais nombre de femmes qui ont sûbi un avortement, pour plus tard avoir des enfants, désirés et aimés, ceux-là.

    Le fait d'avoir accès à un avortement libre et gratuit sauve des vies. Pas celles que les pro-vie voudraient voir sauver, non, mais bien celles des femmes.

  • odildal - Inscrit 17 mai 2010 12 h 12

    Ces hommes irresponsables

    Quels sont ces hommes, encore, qui se permettent de fourrer leur nez dans le ventre des femmes? Des égoïstes et des ignorants. Que savent-ils du monde des femmes? En tant qu’infirmière, j’en ai vu des femmes massacrées à l’eau de javel intra-utérin ou par des aiguilles à tricoter en métal, afin d’arrêter une grossesse.

    Pourquoi ces hommes qui harcèlent les femmes ne s’occupent-ils pas des vivants qui souffrent par millions et qui meurent de faim. Non, ils préfèrent condamner les femmes qui prennent leur responsabilité à cœur, plutôt que de soulager ceux qui ont besoin d’eux.

    Ce sont des lâches qui se réfugient dans n’importe laquelle idéologie, comme le faisait Hitler, plutôt que de regarder la vie telle qu’elle est!