Réplique à Gil Courtemanche - Le mépris a ses limites

Samedi dernier, j'ai été choquée de lire la chronique de M. Gil Courtemanche dans Le Devoir, dans laquelle il ne mâchait pas ses mots pour nous faire connaître son opinion sur le contenu du Journal de Montréal et sur ses lecteurs.

Je n'ai pas l'intention de commenter les qualificatifs et les épithètes qu'il a utilisés, qui témoignent visiblement d'une hargne aveuglante. Je me contenterai de lui rappeler que Le Journal de Montréal ne veut pas être Le Devoir. Cela n'en fait pas pour autant un journal médiocre.

Le Journal de Montréal occupe un créneau qui lui est propre et il a sa place dans la société québécoise. Il répond très bien, avec un grand professionnalisme, aux besoins de ses nombreux lecteurs qui sont à la recherche d'une information complète et de qualité, traitée de façon plus populaire qu'au Devoir, j'en conviens. La population qui nous lit a droit elle aussi de se faire une opinion éclairée sur des sujets d'intérêt public.

Une limite

Comme tout citoyen, M. Courtemanche a droit à son opinion. Mais en l'exprimant comme il le fait sans ménagement dans sa chronique,il insulte plus de deux millions de Québécois qui lisent assidûment Le Journal de Montréal chaque semaine. On a beau se penser supérieur aux autres, il y a quand même une limite au mépris.

Par ailleurs, je tiens à préciser aussi que c'est un mythe que d'affirmer que Le Journal de Montréal est actuellement publié sans journalistes. Nos cadres sont eux-mêmes des professionnels de l'information qualifiés. Ils ont eu beaucoup de succès dans leur carrière journalistique. C'est décevant de voir un intellectuel comme M. Courtemanche utiliser des raccourcis manichéens comme celui de croire qu'un journaliste perd soudainement ses compétences en devenant cadre.

C'est aussi nier l'existence des nombreux textes que nous publions et qui proviennent de journalistes professionnels reconnus du Journal de Québec et d'autres médias de Quebecor.

Manque de nuance

C'est aussi faire abstraction de collaborateurs prestigieux, qui apportent une contribution exceptionnelle à notre quotidien. Parmi ceux qui pourraient très bien se retrouver aux côtés de la chronique de M. Courtemanche dans Le Devoir, je citerai Joseph Facal, Richard Martineau, Hubert Reeves, Sophie Durocher, Guy Fournier, Christopher Hall, les docteurs Richard Béliveau, Isabelle Huot et Ronald Denis ainsi que Jean-Marc Léger, pour ne nommer que ceux-ci.

Par son manque de nuance et de pondération, M. Courtemanche jette sans fondement le discrédit sur de nombreux confrères qui ne méritent pas de faire l'objet de son courroux et de son fiel.

Depuis sa première publication en 1964, Le Journal de Montréal a toujours eu à coeur de livrer quotidiennement à ses lecteurs une information de qualité. Bien que nous soyons attristés du fait que les employés du Journal de Montréal sont toujours en conflit de travail, nous sommes convaincus que notre quotidien continue de bien remplir sa mission d'informer une grande partie du public. La fidélité de nos nombreux lecteurs, comme M. Courtemanche a au moins eu le mérite de le reconnaître, nous le prouve tous les jours.

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Lyne Robitaille - Présidente et éditrice du Journal de Montréal et vice-présidente exécutive exploitation (est du Canada) de la Corporation Sun Media
30 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 15 mai 2010 07 h 42

    Hypocrisie

    Je regrette, Madame Robitaille... Je me serais attendu à une opinion plus équilibrée. Je ne m'attarderai pas à tous ces beaux qualificatifs: professionnalisme, information de qualité, etc.... Vous avez droit à votre opinion, évidemment, de même que M. Courtemanche, même si elle n'est pas plus nuancée.

    Mais vous êtes "attristés du fait que les employés du Journal de Montréal (soient) toujours en conflit de travail"... Oh, que j'aimerais voir cette "tristesse" développée sur une page...

  • Nicolas Milot - Inscrit 15 mai 2010 08 h 26

    de grâce!!!

    ... ne mettez pas le nom de Richard Martineau dans une liste de "collaborateurs prestigieux".

  • Michel Fontaine - Abonné 15 mai 2010 09 h 15

    Richard Martineau

    Mme Robitaille, Je suis d'accord avec Nicolas Milot et j'espère que Le Devoir ne confiera jamais une chronique à votre "prestigieux " Richard Martineau, "fidèle serviteur" de l'empire Québécor, ni d'ailleurs à aucun de ceux et celles qui contribuent par leur collaboration à permettre la diffusion d'un journal en lock-out.

  • Claude Desjardins - Inscrit 15 mai 2010 09 h 22

    Hypocrisie

    Pourquoi ne pas avoir souligné le départ en fracas de Bernard Landry et Lise Payette du groupe des "collaborateurs prestigieux" ?

    Bien sûr, on de demandera pas à quelqu'un en mission commandé d'admettre que tout n'est pas rose dans l'empire de PKP.

  • Michel Chayer - Inscrit 15 mai 2010 10 h 07

    Mise en forme de l'opinion et chiens écrasés

    @Nicolas Milot

    …N’y accolez pas non plus celui de Sophie Durocher…

    À l’évidence, l’éditeur du Journal de Montréal semble confondre les meneuses de claques d’avec le métier de reporteur, de la même façon qu’elle fait peu de cas de la nature des nouvelles que colportent son journal, lequel divertit le public à l’heure du café matinal avec des faits divers plutôt qu’il ne l’informe.

    De toute façon, dans la présente Mme Robitalle affirme, mais elle ne démontre rien ; elle nous fait part de son opinion, mais se garde bien d’illustrer son propos d’exemples qui soutiendraient l’idée que le Journal de Montréal est autre chose qu’une pitoyable feuille de chou.