Commissions scolaires - Notre souci constant de mener une gestion saine

À la suite de la publication du Rapport annuel 2010-2011 du vérificateur général du Québec, dont un chapitre porte sur les frais d'administration des commissions scolaires, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) juge important de faire une mise au point.

Contrairement à l'impression générale qui pourrait se dégager des conclusions du rapport, les commissions scolaires du Québec ont à coeur la saine gestion des fonds publics, ce qui se concrétise d'ailleurs par des frais de gestion exemplaires. À 5,5 %, les coûts de gestion des commissions scolaires sont les plus bas parmi les organismes publics et parapublics. Ce qu'a d'ailleurs reconnu la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Bien sûr, les commissions scolaires demeurent toujours ouvertes à la possibilité d'explorer de nouvelles avenues pour réduire davantage leurs frais d'administration. Et nous allons continuer de le faire, comme nous l'avons toujours fait, particulièrement en ce qui a trait aux achats regroupés. Sinon, comment aurions-nous pu maintenir nos frais de gestion au niveau actuel, alors que nos obligations n'ont cessé d'augmenter (hausse de la clientèle et du nombre de services de garde, vérification des antécédents judiciaires, conventions de partenariat, gestion des travaux d'infrastructure, complexité du transport scolaire avec la multiplication des adresses des élèves, etc.)?

Méconnaissance

Malgré tout le respect que nous portons à l'institution, les conclusions du vérificateur général démontrent à notre avis une méconnaissance profonde des pratiques de gestion et des responsabilités des commissions scolaires. Ses conclusions quant aux moyens qui pourraient être mis en place par les commissions scolaires pour réduire leurs frais d'administration sont surprenantes.

Après s'être limité à analyser les procès-verbaux des conseils des commissaires des commissions scolaires vérifiées pour une année, il conclut notamment qu'aucun travail d'analyse n'a été fait de leur part quant à l'opportunité de regrouper certaines activités administratives, de réviser l'organisation du travail et d'effectuer des achats regroupés. Pourtant, ces pistes d'économies potentielles ont précisément été examinées et mises en place au cours des dernières années afin de réaliser les efforts budgétaires exigés, et ce, dans un souci de gestion rigoureuse.

Économies potentielles

Nous nous interrogeons également au sujet de l'analyse du vérificateur quant aux économies potentielles qui pourraient être réalisées par les commissions scolaires. En effet, celui-ci utilise les frais d'administration les plus bas parmi les cinq commissions scolaires vérifiées pour les extrapoler aux autres et conclure que des économies potentielles de 4,6 à 8,1 millions pourraient être réalisées par ces cinq commissions scolaires. Cette façon de calculer ne tient pas compte de la taille des commissions scolaires, du nombre d'établissements, de leur dispersion sur chacun des territoires et des services rendus dans les activités administratives.

Enfin, en suggérant que l'encadrement des commissions scolaires par le MELS permette d'exercer une surveillance des frais d'administration dans une optique d'efficience et d'économie, le vérificateur général démontre qu'il a une méconnaissance profonde du rôle et des responsabilités des commissions scolaires. Nous lui rappelons respectueusement que les commissions scolaires sont des gouvernements locaux responsables et redevables envers la population qui les a élus. Elles se soumettent déjà à de nombreux processus de reddition de comptes avec diligence et transparence et laisser croire le contraire ne fait que nourrir le cynisme de la population envers les élus, ce qui est totalement inacceptable venant d'une institution comme le vérificateur général.

Il est important que le public sache que les commissions scolaires gèrent avec rigueur et responsabilité les fonds qui leur sont confiés en ayant toujours comme objectif principal la réussite du plus grand nombre d'élèves. Il y a toujours place à l'amélioration et la FCSQ est prête à réévaluer les façons de faire, surtout dans le contexte actuel de restrictions budgétaires.

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Josée Bouchard - Présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec
2 commentaires
  • Suzanne Marceau - Inscrit 15 mai 2010 09 h 47

    Et si on allait voir dans les directions régionales du Mels pour économiser

    Les commissions scolaires sont des organismes qui chapeautent l'organisation des services éducatifs dans leurs régions. Elles rendent un service de qualité. Elles s'attaquent à des défis de taille quant au partage des ressources financières, humaines et professionnelles dans leurs écoles. Elles répondent adéquatement aux obligations de reddition de comptes à toute la population.
    Ce sont des organismes qui doivent aller d'une consultation à une autre auprès des partenaires pour tous changements aux politiques, orientations, fermetures d'écoles et bien d'autres sujets.
    Trouvez d'autres organismes gouvernementaux ou municipaux devant se plier à de telles exigences? Efficacité et efficience sont au rendez-vous.
    Je dis qu'il faut regarder ailleurs que dans les commissions scolaires pour faire de réelles économies.
    Par exemple au Ministère de l'Éducation, cette tour remplie de fonctionnaires que se donnent à manger en concoctant de nouvelles règles ou des réformes qu'ils envoient par en bas.
    Ou alors ces 12 directions régionales, qui engloutissent plus de 75 millions de dollars et dont le travail pourrait être réalisé par les commissions scolaires et qui, elles, voient à ce que ces fameuses règles ou réformes soient appliquées.
    Comme si les commissions scolaires n'étaient pas assez matures.
    Méchante maladie que cette structurite aigue.

  • Jean-Louis Gauthier - Inscrit 15 mai 2010 10 h 13

    Ne pas voir la poutre dans son oeil

    Je trouve odieux de la part de la présidente qu’elle ose dire que le vérificateur général ne sait pas faire son travail. Elle devrait descendre de sa tour d’ivoire (avec son salaire de plus de 100 000 $) et revenir dans la réalité alors que les professeurs peinent à accomplir leur travail avec des moyens de plus en plus déficients. Elle devrait peut-être regarder le reportage que Radio-Canada avait présenté il y a quelques années où l’on pouvait voir une présidente d’une commission scolaire de Montréal dans son bureau en marbre et en acajou alors que des écoles devaient mettre des toiles au plafond de leur gymnase pour empêcher l’eau de tomber sur le plancher. Il est de plus en évident que cette structure enlève l’argent qui devrait être dans les écoles en plus d’imposer des règles stupides qui ne sont pas adaptées à la réalité que les directions doivent affronter chaque jour. Rendons cet argent là où il sera la plus efficace, dans les institutions elles-mêmes.