Financement de l'avortement à l'étranger : Gestion (bio)politique de l'avortement

Des femmes de Montréal avaient manifesté pour le droit à l’avortement, en 2008.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des femmes de Montréal avaient manifesté pour le droit à l’avortement, en 2008.

Faisant fi de tous les consensus internationaux, que ceux-ci soit en lien avec l'environnement ou les droits de la personne, par exemple, le Canada autrefois respecté sur la scène internationale a vu sa réputation se flétrir sous le gouvernement conservateur de monsieur Stephen Harper.

Le débat faisant actuellement rage au sein du Parlement canadien, et à l'extérieur de son enceinte, au regard de la position de ce gouvernement au sujet de la santé maternelle dans les pays sous-développés ou en voie de développement, s'ajoute à un palmarès déjà pitoyable et témoigne, une fois de plus, du caractère affligeant et rétrograde des politiques mises en place par un gouvernement conservateur, faut-il le rappeler, minoritaire, faisant face à une opposition incapable de le renverser.

Après avoir maladroitement tenté de cacher sa véritable position, le gouvernement du Canada a finalement confirmé sa volonté d'exclure l'avortement d'un plan du G8 visant à améliorer la santé maternelle dans des pays où les soins de santé sont pratiquement inaccessibles. Les Canadiens qui sont, comme nous, outrés de la position officielle du Canada devraient trouver un certain réconfort, voire une démarche citoyenne exemplaire, dans les efforts acharnés de mesdames Nita Lowey et Barbara Boxer, respectivement membre du Congrès et sénatrice des États-Unis. Ces dernières sont en fait responsables de la création du Global Democracy Promotion Act, un énoncé qui empêche un président américain de réinstaurer le Global Gag Rule.

Exemple américain

Le Global Gag Rule a été implanté par Ronald Reagan, retiré par Bill Clinton, réinstauré par George W. Bush et enfin, invalidé une fois de plus par Barack Obama. Cette règle, initialement mise en place par la droite conservatrice américaine, stipulait qu'un organisme humanitaire sans but lucratif recevant des fonds du gouvernement américain ne pouvait offrir des services d'avortement, pas plus qu'il ne pouvait en faire la «promotion» par le biais de programmes d'éducation à la santé.

La population américaine s'est vite rendu compte que cette politique conservatrice instaurée par Ronald Reagan entraîna des modifications au sein même du système de santé américain en ce qui concerne les stratégies de limitation des naissances. Les Canadiens risquent de voir le même type de logique s'installer insidieusement dans leur propre pays. Lors de son élection, le gouvernement Harper a publiquement nié avoir une politique antiavortement; manifestement, il ne peut plus aujourd'hui mentir impunément à la population canadienne.

Les résultats de plusieurs recherches nationales et internationales ont montré que l'avortement tout comme la contraception sont des interventions souvent nécessaires pour protéger la santé maternelle. Par ailleurs, d'autres recherches ont aussi rapporté que les femmes n'ayant pas accès à des avortements réalisés au sein du système sanitaire de leur pays, trouveront le moyen de se faire avorter dans des conditions sanitaires précaires alors que la santé et la vie de ces dernières seront menacées.

Bataille

C'est d'ailleurs pour cette raison, entre autres, que l'avortement est une des principales causes de décès chez les parturientes. Pendant des années, alors que l'avortement était illégal au Canada, les Canadiennes ont eu recours à cette intervention au péril de leur santé et de leur vie. Nous devons tous nous rappeler que le droit à l'avortement au Canada est le résultat d'une longue bataille menée par des femmes et des hommes engagés.

Il est temps de signifier clairement au gouvernement conservateur de monsieur Harper que les Canadiens n'ont pas besoin d'un Global Gag Rule, pas plus qu'ils ne désirent un retour en arrière. Nous estimons que l'avortement doit faire partie d'une stratégie globale en matière de santé maternelle ici, au Canada, comme ailleurs dans le monde.

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Christabelle Sethna - Professeure agrégée à l'Institut d'études des femmes et à la Faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa

Dave Holmes - Professeur titulaire à la faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa
7 commentaires
  • Yves Petit - Inscrit 29 avril 2010 07 h 23

    marketing de l'avortement

    Cette lettre me rappelle la façon dont l'avortement sur demande a été vendu au Canada et ailleurs en occident. On invoque les méthodes dangereuses auxquelles les femmes qui voulaient avorter avant sa légalisation avaient recours. On sait bien cependant que cet peine de mort pour innocent est maintenant utilisé comme méthode de contraception.

    Pourtant, ces petits êtres humains parfaitement innocents de tout crime pourraient être sauvés si on aidait les mères à les mener à terme, quitte à les donner en adoption si elles sont incapables de s'en occuper. Mais ça malheureusement, ca fait entorse à la sacro-sainte liberté des féministes à disposer de leurs corps...et de celui de leur foetus. Les conservateurs et beaucoup de pro-vie se contente malheureusement d'être bêtement contre l'avortement sans proposer d'alternatives de sauvegarde de ces êtres humains sacrifiés au nom de la liberté.

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 29 avril 2010 08 h 57

    Encore l'avortement

    M. Harper fait bien de ne pas vouloir subventionner l'avortement comme méthode de planning familiale ou de contrôle des naissance. Il y a d'autre moyens que cela. L'avortement ne doit être réservé que pour les cas extrême de vie ou de mort de la mère.

    On devrait revoir no loi ici.

    Vivement un référendum national sur ce sujet.

  • Jacques Picard - Inscrit 29 avril 2010 09 h 40

    avortement: 2 poids 2 mesures

    Madame La Ministre

    permettez-moi de m'insurger devant la politique que vous défendez en refusant de financer des programmes permettant aux femmes de pays en voie de développement de bénéficier de possibilités d'avortement.

    Les politiques qui s'appliquent aux femmes canadiennes, des politiques longuement combattues par les éléments les plus rétrogrades de la société canadienne, garantissent aux femmes le droit de choisir et c'est ce droit que vous refusez à des femmes qui ont grandement besoin de ce droit.

    Je travaille dans des projets de développement et, de plus en plus, je dois me dissocier des politiques défendues par ce gouvernement.

    Permettez-moi, Chère madame, de vous signifier à vous et au Premier Ministre, ma plus profonde déception.

    Veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de mes sentiments du moment, et ce ne sont surtout pas des sentiments de empreints de politesse.

    Jacques Picard
    jpicard@gmx.de

    St. Barthélémy
    Québec

  • Maurice Monette - Inscrit 29 avril 2010 11 h 57

    Il faudrait comprendre ou plutôt, conceptualiser quand le foetus devient un(e) être humain(e) autonome.

    Depuis des années qu'on ne cessent de perdre temps, argent$ et Énergies dans le futile débat sur l'avortement, sans toutefois s'être arrêtés(es) pour penser à quel instant un foetus devient un(e) être humain(e) Autonome. C,est-à-dire, l'instant où il / elle devient apte à recevoir l'esprit ou l'âme qui y est destiné(e).

    Alors, il commencerait à être temps que les gens se servent de leur intelligence et comprennent les "Vérités-de-La Palice" concernant le moment où un(e) esprit ou âme reçoit l'approbation Divine de s'incarner dans le véhicule charnel(le) ou le corps physique que deux géniteurs, ses Parents naturels, une femme et un homme, ont rendu à sa maturité physique.

    Bien sûr, toutes sortes de scénarios de naissance de ce "véhicule charnel(e)" peuvent intervenir soit, naissance prématurée, difformités diverses ou des foetus géminés(es) bref, tout ceci avant qu'un(e) ou des esprit(s) / âme(s) y soit destiné(s)(e/es). Mais, ne réalisent-on pas que, toutes ces énergies qu'on ne cessent de perdre autour de la culpabilité associée au fait d'avoir coupé court à cette gestation ou l'édification d'un(e) futur(e) véhicule charnel(le) dans lequel aurait pu s'incarner un(e) esprit ou âme, lorsque celui ou celle-ci aurait pu avoir sa propre circulation sanguine autonome et aussi, pu prendre ses "premières bouffés d'air libre", c'est complètement inutile...?

    Répétons le, tant qu'un foetus dépend de sa génitrice ou d'une quelconque machine incubatrice, aucun(e) esprit ou âme n'y est assigné(e). C'est pas si difficile que ça à comprenre...!

    Alors, c'est encore un autre "Noeud-d'Hartmann" ou une autre "Voie-sans-issue" dans lequel / laquelle on gaspillent plein d'argent ($, $, $) pour en faire bénéficier plein "d'avocats-du-Diable" qui se vautrent dans leurs richesses. Puisque, depuis juin 1989, depuis que karol wojtyla alias jean-paul II a abolie la limite $aine (saine) qu'il y avait à la cupidité Maladive Humaine, l'argent est devenu le seul objectif de plusieurs(es) nanti$(e$) et l'Édifice de la $ociété humaine $aine (société humaine saine / $. h. $.)) s'est écroulé. Les océans et les mers ont été vidés(es) de leurs ressources, les forêts ont été rasées, la couche d'ozone résultant de la respiration végétale a disparue, laissant les rayons ultra-violets du soleil être de plus en Plus nocifs, etc., etc., etc... et on gaspillent l'argent en frais de disciples de Démosthène pour "couvrir le tout sous un florilège légal" pour pouvoir extirper encore le plus d'argent possible à la $. h. $., puisqu'il n'y a plus de $aine Limite à respester.

    Donc, l'espèce humaine est sa propre Cause de dégénérescence et de la Dégénérescence de sa "Mère-la-Terre". Après tout Ça, il faudrait l'applaudir pour son semblant de grandeur d'âme qui s'indigne devant la pauvreté des esprits ou âmes qui se sont mérités(e) ces affres, dans des régions austères, et payer encore plus pour les faire avorter.

    Non mais, ÇA va pas la tête...!

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 29 avril 2010 13 h 05

    M Picard

    Le gouvernement Harper, et moi même ainsi qu'une vaste majorité de la population canadienne ne s'objectent pas à ce que ces femmes aient droit à l'avortement. juste que je ne veux pas payer pour. Différence!!

    L'avortement est une mesure de dernier recours, pas une mesure de planification familiale.

    Et au Canada les choses devraient changer aussi, et on devrait revenir à ce qui a déjà été, l'avortement seulement sous certaines conditions, il y a d'autre options disponible et une vie est une vie. Et la vie dans le corps d'une femme ne LUI APPARTIENT PAS. Désolé au féministe, mais votre corps vous appartient jusqu'à la conception après vous le partagé et vous n'aviez qu'à y penser (comme mon père disait, un petit marshmallow entre les genoux c'est efficace.