Enfin dédouanés!

Il y a quelques années, un de mes amis m'avait invité à l'assemblée de fondation du SPQ Libre. On m'avait présenté ce nouvel organisme comme un lieu de débats au sein du PQ, où il serait possible d'exprimer des opinions et des idées qui n'avaient pas à l'époque d'audience réelle dans cette formation politique.

Cela représentait une solution de rechange intéressante à l'assujettissement des personnes des groupes de gauche à l'objectif souverainiste. Nombreux étaient ceux qui étaient tentés à l'époque d'adhérer à des groupes de gauche qui défendaient les travailleuses et les travailleurs, les démunis de notre société et une juste répartition du bien public. On se disait qu'il n'y avait que le PQ qui pouvait nous mener à l'indépendance et que si le parti nous permettait de défendre nos convictions, c'était le meilleur des deux mondes.


Un parti dans le parti

En quelques années, le SPQ Libre a suscité de nombreux débats, a eu quelques succès et a subi de nombreuses défaites. En démocratie, c'est habituel: on perd, on gagne, c'est ce qui fait avancer les choses. Sans prévenir et sans y mettre les formes, les hautes instances du PQ ont décidé de congédier le SPQ Libre sous prétexte que cet organisme était un parti dans le parti. Le SPQ Libre représentait, avec d'autres, une voix importante dans notre société. En nous bâillonnant, le PQ nous dédouane.

Les défaites que nous avons acceptées solidairement, nous ne les accepterons plus. Vos luttes ne seront plus les nôtres. Notre soutien ne sera plus acquis, il sera parcimonieux et intéressé. Lorsque le PQ sera à la recherche de la justice et de la souveraineté, nous serons à ses côtés. Depuis au moins cinq ans, nous rongeons notre frein tellement ses projets nous irritent, ses ambitions et ses égoïsmes nous scandalisent. Au PQ, vous aspirez plus à toucher vos pensions (après six ans pour certains) que vous recherchez la justice et la souveraineté.

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Jean Baribeau - Trésorier du SPQ Libre - L'auteur s'exprime à titre personnel.

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