Avoir les moyens d'une véritable métropole

L’avenir de Montréal demande une reconnaissance sans équivoque de son rôle de métropole, ainsi que des responsabilités et coûts qui s’y rattachent.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir L’avenir de Montréal demande une reconnaissance sans équivoque de son rôle de métropole, ainsi que des responsabilités et coûts qui s’y rattachent.

La nouvelle taxe sur le stationnement au centre-ville de Montréal nous inquiète grandement. Le budget municipal 2010 a mis en évidence les vulnérabilités de la situation financière de Montréal. En augmentant fortement le fardeau fiscal des entreprises et des contribuables, ce budget fragilise une économie encore chancelante.

Cette nouvelle taxe sur le stationnement et la hausse marquée de la taxe foncière affaiblissent la base d'affaires montréalaise. Dans les faits, commerçants, hôteliers, propriétaires immobiliers et locataires devront tous faire face à une pression accrue alors que les effets de la crise se font encore sentir. Or, rappelons-le, plus de 35 000 emplois ont été détruits sur l'île de Montréal en 2009.

Bien sûr, nous avons tous de grandes ambitions pour Montréal. Nous sommes conscients que si nous voulons vraiment que notre ville préserve son statut de métropole, il faut investir dans un élément central de son développement: la modernisation du réseau de transport, et plus particulièrement du transport en commun. Selon la Ville de Montréal, plus de 8 milliards de dollars sont requis sur les 20 prochaines années pour financer son plan de transport. C'est une somme colossale.

Outils inadéquats

Devant les défis qu'il lui faut relever, la Ville a décidé d'utiliser les nouveaux pouvoirs de taxation rendus disponibles par le gouvernement du Québec. Mais, à l'évidence, ces outils sont inadéquats. Ils créent des augmentations fiscales qui touchent spécifiquement les entreprises montréalaises alors que les besoins à combler, notamment en transports collectifs, sont de nature métropolitaine.

L'appui du gouvernement du Québec est donc impératif si nous voulons que Montréal ait les revenus qui correspondent véritablement à l'impact économique d'une métropole. Certaines mesures méritent d'être considérées: que ce soit le rehaussement graduel de la taxe sur l'essence tel que proposé par le maire; l'attribution à la Ville d'une partie des revenus de la taxe de vente; ou encore l'augmentation des coûts d'immatriculation sur le territoire métropolitain. Ces options méritent une analyse en profondeur.

Un appui important

L'avenir de Montréal demande une reconnaissance sans équivoque de son rôle de métropole, ainsi que des responsabilités et coûts qui s'y rattachent. En générant 50 % du PIB et des emplois de la province, l'activité économique de la métropole crée une richesse qui profite à tous les Québécois.

Montréal nécessite et mérite un appui important. Pour se développer à sa pleine mesure, elle doit se doter d'un réseau de transport du XXIe siècle. L'opposition soulevée par la taxe sur le stationnement indique qu'il faut faire appel à d'autres sources de financement pour y arriver.

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Ont signé ce texte: Michel Leblanc (président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain), Jean Laramée (président du conseil d'administration de l'Institut de développement urbain du Québec), Sonia Trudel (présidente de BOMA Québec), Jocelyn Lafond (président du comité des affaires gouvernementales de BOMA Québec) et Gerry Girard (président de l'Association de l'industrie du stationnement Montréal).

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