Un cours dénoncé avec raison

La nouvelle étude de l'Institut de recherche sur le Québec de la sociologue Joëlle Quérin conclut que «le cours d'éthique et culture religieuse s'inscrit dans une stratégie d'endoctrinement de la jeunesse permettant l'imposition du multiculturalisme à l'abri du débat public et au mépris de l'opposition populaire. Cet enseignement est préconisé pour une seule raison: passer par les élèves pour transformer la société». Le but du cours, selon le sociologue Mathieu Bock-Côté cité dans l'étude, est de «neutraliser la conscience nationale par le virus d'une impuissance culpabilisante qui dissuade la majorité de vouloir poser sa culture comme norme de l'existence commune».

Fait surprenant, nos décideurs méprisent 76 % de la population, qui est pour le libre-choix (sondage Léger-Marketing, mai 2009) et qui souhaite que l'exemption de ce cours soit accordée. De plus, le 10 décembre dernier, Denise Bombardier réagissait à l'étude sur les ondes de la radio FM 98,5 (émission de Paul Arcand). Elle déclarait: «Je pense qu'il est temps qu'on se penche là-dessus. On a fermé les yeux sur ce qu'étaient ces cours-là et on a oublié que les gens qui s'y intéressent au point de créer ces cours-là ont ce qu'on appelle des "agendas cachés". Et ce sont des gens qui font de la politique aux dépens de la population en général. Je crois, effectivement, que ce sont des tenants du relativisme absolu. Tout est égal à tout et tout est pareil et tout est bon. Allez dire ça à des petits enfants. [...] C'est une nouvelle religion. Je vais vous dire, elle est pire que l'autre, car c'est une religion dont on ne voit pas la figure. [...]»


Collaborer avec les parents

«Non à la religion d'État» est justement un slogan qui se retrouve sur des pancartes de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ). À la suite de la publication de cette étude, j'imagine facilement le malaise grandissant de plusieurs enseignants devant ce cours controversé. Déjà que plusieurs limitaient grandement le temps attribué en classe à enseigner ces cours de «religion d'État». Pourraient-ils les négliger davantage à l'avenir?

D'ailleurs, maintenant qu'une étude sérieuse recommande de revoir l'éducation éthique et religieuse, les professionnels de l'éducation se doivent de collaborer non pas avec l'État, mais avec les parents. Il faut dorénavant que les enseignants, les directeurs d'école et les commissaires élus adoptent une nouvelle stratégie et dénoncent ce que leurs supérieurs leur ont imposé.

Continuer de refuser l'exemption de ce cours sous prétexte de devoir appliquer le régime pédagogique est inacceptable. Les parents doivent continuer de s'opposer au ministère et faire en sorte que ce cours soit optionnel ou aboli. Un moratoire doit être décrété. Appelons nos députés, nos directeurs et nos commissaires pour exiger un changement. Pourquoi l'éducation des enfants appartiendrait-elle ainsi à d'autres qu'aux parents?

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Patrice Gagnon - Parent et porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation en Haute-Yamaska

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