Lettres: Virus aigu d'assimilation

Quelques jours à peine auront suffi après la prise du pouvoir par le parti libéral pour que les manoeuvres visant à favoriser l'assimilation définitive des francophones du Québec ne réapparaissent. Faudra-t-il parler d'un nouveau SRAS québécois? Un syndrome récurrent d'assimilation systématique? Et proposer la quarantaine pour l'avocat Brent Tyler et ses «clients» francophones? Faire valoir la protection de la santé publique face à la revendication du libre choix des porteurs du virus de circuler sans contrainte où bon leur semble?

Est-il nécessaire de répéter à ces gens qui sont en mal d'anglicisation qu'il suffira à leurs enfants de vivre quelques années dans la région de Montréal pour devenir parfaitement bilingues? Et même unilingues anglophones s'ils le désirent? Une forte présence de la langue anglaise est assurée aussi bien dans plusieurs milieux de travail que dans les services publics et les commerces, de même que dans la vie quotidienne de certains secteurs de la ville. Les personnes qui le désirent peuvent aisément s'assimiler au monde anglophone au Québec. Alors où est le problème? En fait, ces gens voudraient non seulement pouvoir s'assimiler, mais exigent en plus que la majorité francophone paie pour leur assimilation en l'inscrivant dans le système d'éducation dès la première année du primaire! Et d'autres verront là aussi une belle occasion d'enfoncer à nouveau son statut de conquis dans l'inconscient de chaque francophone du Québec. Le SRAS linguistique est présent à l'état endémique chez nous et il faut savoir le contrer à chaque fois qu'il se manifeste.