Protection de Radio-Canada: un gouvernement au radicalisme suspect

À la suite des récentes compressions que le gouvernement conservateur a imposées à notre radiodiffuseur public, et en réaction aux menaces de privatisation qu'il lui laisse maintenant entrevoir, je me joins au mouvement SOS Radio-Canada pour manifester contre ce radicalisme suspect.

Pour la majorité d'entre nous, Radio-Canada représente le siège privilégié de notre culture, de notre voix aux multiples accents. Une société d'État qui assume depuis près de 90 ans son mandat avec pertinence, rigueur et intelligence, avec audace et créativité.

Comme beaucoup d'entre nous, j'ai grandi avec Radio-Canada et je suis encore aujourd'hui «branchée» sur l'une ou l'autre de ses multiples plates-formes pour m'informer, m'instruire et me divertir. C'est une source vive à laquelle je m'abreuve quotidiennement.

Radio-Canada est le berceau d'un nombre incalculable de créateurs, d'animateurs, de journalistes, de recherchistes, de réalisateurs et de comédiens répandus sur l'ensemble de notre vaste territoire. C'est une formidable fourmilière qui s'active nuit et jour pour façonner notre terreau en perpétuelle transformation. Nous avons fait le choix collectif de soutenir ce véhicule, essentiel à l'expression de notre culture, et qui représente aujourd'hui un acquis fondamental.

Cet extraordinaire outil identitaire et démocratique ne devrait absolument pas être considéré comme une entreprise et soumis aux diktats d'une logique marchande. Nos élus ont la responsabilité de protéger et d'assurer la pérennité de cet instrument public afin qu'il conserve son prestige et son indépendance.

Rejet en bloc

Le virage technologique, la désertion des publicitaires et la crise économique actuelle remuent sauvagement Radio-Canada, qui doit réajuster rapidement ses modes de fonctionnement. C'est précisément dans ce sens qu'une étude du comité permanent du patrimoine de la Chambre des communes proposait des solutions éclairées pour mieux négocier ce virage.

Or, les conservateurs ne semblent pas vouloir entendre ces propositions et rejettent en bloc toutes les solutions de sauvetage proposées par le comité. Pire encore, on envisage aujourd'hui une solution... assassine.

Devant cette posture idéologique, il est difficile de voir autre chose que le visage de la provocation, et le dessein inavoué d'affaiblir notre parole. Le coup de sabre qui s'abat actuellement sur notre société d'État pourrait s'avérer fatal, irréversible.

Aussi faut-il, de toute urgence, faire entendre nos voix dissidentes et sauvegarder ce que l'on tente ici de nous enlever grossièrement.

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