FIER: une inadmissible chasse aux sorcières

Des attaques sévères ont été portées ces derniers jours à l'endroit d'hommes d'affaires qui ont investi dans les Fonds d'intervention économique régionale (FIER). Par insinuation et recoupement d'informations parcellaires, on sous-entend que ces investisseurs ont eu des comportements douteux, voire répréhensibles.

Il est de l'ordre des choses qu'un parti d'opposition critique ouvertement une mesure ou un programme gouvernemental. Le Parti québécois s'est opposé à la mise en place des FIER. Il a parfaitement le droit de soulever aujourd'hui des questions sur l'efficacité de ce programme.

La Fédération des chambres de commerce juge toutefois inadmissible la chasse aux sorcières qui semble avoir cours à l'Assemblée nationale et dans d'autres milieux, sous le couvert des préoccupations éthiques. Elle s'inquiète des condamnations sans jugement qui s'ensuivent et du tort porté à des gens honnêtes qui investissent de bonne foi. Dans le cas des FIER, Investissement-Québec, qui a le mandat de superviser la gestion de ce programme, a clairement démontré que les personnes mises en cause n'avaient enfreint aucune règle. Il est donc inacceptable que ces gens soient montrés d'un doigt accusateur.

Les FIER sont des fonds d'investissement de nature privée. Le gouvernement a invité des investisseurs à «mettre de leur argent» dans des fonds régionaux. Pour chaque dollar versé par le secteur privé, le gouvernement a ajouté 2 $, pour un montant maximal de 10 M$. Les fonds régionaux ainsi constitués servent, par la suite, à la capitalisation des entreprises québécoises.

Au moins 50 % des investissements devraient être réalisés dans les entreprises de la région. Puisqu'il y a une contribution gouvernementale, des règles d'investissement, de gouvernance et des modes de surveillance ont été instaurés et c'est Investissement-Québec, une société d'État, qui est chargé de leur application.

Un peu tôt pour conclure

Il est important de comprendre que les fonds d'investissement ont généralement une durée de 10 ans. Les FIER ont été créés en 2004 et ont commencé à être mis en place en 2005. Il est donc un peu tôt pour tirer des conclusions. Les personnes qui voudraient prétendre aujourd'hui que les FIER sont ou bien une réussite totale ou un échec retentissant parleraient à travers leur chapeau. Il faudra attendre une véritable évaluation des FIER pour tirer des conclusions crédibles.

La Fédération des chambres de commerce juge très important que les FIER fassent l'objet d'une évaluation sérieuse et objective. Le gouvernement a fait le pari, en mettant sur pied les FIER, que des investisseurs privés, dans la plupart des régions du Québec, seraient désireux de participer activement au développement de leur région, au point de risquer des capitaux servant à soutenir la création ou l'expansion des entreprises. Lorsque les FIER auront établi une partie significative de leur parcours, il faudra en mesurer les effets.

En attendant, soyons vigilants certes, mais, de grâce, ne traînons pas les investisseurs dans la boue. On ne construit pas une économie en vilipendant ses bâtisseurs.

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