Fonds de solidarité FTQ - Rigueur et transparence

Il a été abondamment question dans les derniers jours de la gouvernance du Fonds de solidarité FTQ, que j'ai le privilège de diriger depuis 2006. Certains, peu ou mal informés, ont même soutenu que le Fonds serait géré par un petit groupe de gens qui ne rendent de comptes à personne.

Cette vision est non seulement fausse, mais démontre la méconnaissance totale des règles de divulgation, de reddition de comptes et de gouvernance qui sont appliquées au Fonds.

Rappelons d'abord que le Fonds est une entreprise publique soumise aux lois et règles en valeurs mobilières comme toutes les autres entreprises qui émettent des actions au grand public. Il est tendancieux de laisser croire le contraire. En plus des règles obligatoires de reddition de comptes à ses actionnaires, à l'Autorité des marchés financiers et au ministère des Finances, le Fonds s'est volontairement soumis aux règles canadiennes en valeurs mobilières afin de vérifier l'efficacité de ses contrôles internes. Non pas une, mais deux firmes de vérificateurs externes vérifient ses états financiers deux fois par année, en plus de ses dossiers d'investissement.

Comités décisionnels

Il est vrai que 10 des 17 membres du conseil d'administration du Fonds proviennent de la FTQ. Il est d'ailleurs souhaitable que l'organisation qui a eu la brillante idée de mettre le Fonds sur pied puisse encore aujourd'hui lui donner sa vision et sa force. Cependant, c'est dans un souci d'apport de spécialistes externes et de bonne gouvernance que des comités décisionnels ont été créés dans les années 90, composés d'une majorité de personnes non reliées à la FTQ.

Les investissements dans les entreprises doivent être approuvés par une de ces instances avant d'aller au conseil d'administration, le cas échéant. De plus, tous les membres du comité de vérification sont des personnes externes, indépendantes de la FTQ et du Fonds.

La FTQ, en collaboration avec la direction du Fonds, a ainsi mis en place, au fil des ans, des mécanismes visant à faire en sorte d'ajouter des membres externes ou non reliés à la FTQ, et ce, dans un souci de transparence, d'équilibre et de valeur ajoutée. C'est une recette qui fonctionne bien et qui n'est pas sans rappeler d'autres belles grandes entreprises où un contrôle est assuré par un actionnaire important ou une famille de fondateurs, mais en incluant des mécanismes pour encadrer ce contrôle.

Pas d'enquête au Fonds

La perquisition de la semaine dernière dans les locaux du Fonds ne touchait ni le Fonds directement, ni ses opérations, ni ses employés. Je tiens donc à rappeler que ni le Fonds ni ses employés ne font l'objet d'une enquête. Cette perquisition s'inscrivait dans une démarche de la Sûreté du Québec en vue d'obtenir des documents concernant une entreprise qui avait approché le Fonds pour un investissement, mais dans laquelle le Fonds n'a jamais investi.

Je souhaite que tous s'en tiennent aux faits et constatent que le Fonds de solidarité FTQ exerce quotidiennement son mandat de développement économique au profit des Québécois, et ce, depuis 25 ans. Le Fonds est plus qu'une institution financière; il est un créateur d'emplois, un véhicule d'épargne retraite qui au cours de ses 25 ans a procuré un rendement raisonnable de 4,1 % en moyenne annuellement.

Il est aussi un partenaire financier de plus de 1800 entreprises au Québec, le tout géré selon des valeurs et une saine gouvernance (avec des charges d'exploitation de moins de 1,8 % nettement sous la moyenne des fonds communs de placement canadiens), et un investisseur socialement responsable au service du Québec.

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