L'industrie du cheval de course doit survivre

Sylvain Filion, Colin Johnson, Jean Beaulieu, Richard Moreau, Simond Allard, Denis St-Pierre et René Allard ne paieront pas d'impôt au Québec cette année. Ils font partie des Québécois qui ont été forcés de s'exiler à l'extérieur du Québec pour gagner leur vie.

Ces professionnels figurent parmi les meilleurs conducteurs et entraîneurs de chevaux de course en Amérique du Nord et l'industrie pour laquelle ils travaillent est en pleine crise à cause de l'inertie et de l'incompétence du gouvernement.

Ces professionnels ont déménagé en Ontario et aux États-Unis. Cependant, les éleveurs de chevaux n'ont pas cette possibilité, car ils ne peuvent déménager leurs fermes et bâtiments. À la façon dont l'industrie fonctionne, la plupart des chevaux doivent être nés et élevés dans la juridiction où ils vont courir. Aussi, les propriétaires qui ont déjà acheté des poulains d'élevage québécois dans les dernières années n'ont aucune chance actuellement de courir au Québec et de récupérer leurs investissements.

Dans le communiqué diffusé le 20 février dernier par la ministre des Finances, madame Monique Jérôme-Forget, cette dernière mentionnait que le gouvernement avait subventionné l'industrie au coût de 400 millions depuis 1995. Elle ne donne aucun détail, mais j'imagine qu'elle parle des revenus des appareils de loterie vidéo (ALV) et du retour de la taxe du pari mutuel.

Sur les profits des ALV, 22 % vont aux hippodromes tandis que 78 % retournent dans les coffres du gouvernement par l'entremise de Loto-Québec de la même manière que les milliers d'ALV éparpillés dans les bars et restaurants du Québec, mais je n'ai jamais entendu la ministre des Finances mentionner que les bars et restaurants recevaient une subvention!

De plus, le retour de la taxe du pari mutuel n'est pas une subvention, mais seulement une écriture comptable.

La plupart des juridictions voisines ont opté pour des appareils de type machines à sous ou ALV à l'intérieur des hippodromes, et ce, avec beaucoup de succès. Cela est vrai pour l'Ontario, la Pennsylvanie, New York pour ne nommer que ceux-là. Par exemple, l'Ontario comprend dix-huit hippodromes qui possèdent tous des casinos avec des machines à sous. Cette formule se veut une base de win win pour le gouvernement et pour l'industrie parce que le gouvernement ontarien a la VOLONTÉ POLITIQUE de faire fonctionner cette industrie.

À Québec, le gouvernement libéral, et plus particulièrement la ministre des Finances, a traité l'industrie comme quelque chose qu'il voulait voir disparaître du décor. On n'a qu'à penser au peu de consultation entre le gouvernement et les associations des chevaux de courses lorsque l'on a privatisé l'industrie à Québec.

Des négociations avec les soumissionnaires et le candidat retenu étaient «confidentielles». Maintenant que le PPP qui impliquait le ministère des Finances, Loto-Québec et Attractions hippiques est tombé à l'eau, les hommes de chevaux attendent toujours d'être invités à participer aux négociations pour véritablement relancer l'industrie.

Je ne crois pas que la ministre responsable des courses de chevaux au Québec (ministre des Finances) ait déjà rencontré les véritables victimes de ce PPP mal fait même si l'avenir de 3000 personnes est impliqué directement en plus des milliers d'amateurs. Quelle honte!

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