Conflit Israël-Palestine - La maladie incurable

Le conflit Israël-Palestine. J'ai bien envie de dire l'«éternel» conflit Israël-Palestine. Je crois bien que ce conflit remporte la palme d'or de la polarisation à travers le monde. À lire les blogues et les commentaires dans les journaux, à entendre les discours à la télé, les harangues dans les manifestations, j'en éprouve une réelle douleur. Jusque dans mon âme... moi, l'athée (ai-je une âme?).

Je suis torturé par ce que je considère comme un manque de conscience, un manque d'honnêteté, même un manque de simple humanité.

À lire et à voir l'insensibilité totale devant la souffrance de certains êtres humains, je suis plongé dans un profond désarroi.

Lorsque je parle de terribles souffrances humaines, je ne vous dirai pas de quel clan je parle. Je vous laisse le choix de choisir vous-même le peuple qui à vous yeux souffre le plus. Vous avez le choix entre les Juifs ou les Arabes.

Peu importe qui souffre, la souffrance est bien réelle. Les morts le sont aussi. Les blessés sont nombreux. De nombreux amputés, de nombreuses personnes traumatisées à vie, de nombreux orphelins, de nombreux ex-parents. De nombreuses vies totalement bousillées, de nombreuses maisons détruites, rasées, de nombreux quartiers démolis... Un désastre humain!

Depuis des décennies, de longues décennies.

On parle de «légitime défense».

On parle de démocratie... On vote pour le mauvais groupe... Alors...

On parle de droits humains...

On parle de terrorisme...

Le terrorisme, la terreur... C'est bien dans ce coin du monde que, je crois, la terreur a été la plus constante depuis que je suis né, il y a plus d'un demi-siècle!

Est-il possible qu'un jour ces gens vivent sans l'épée de la terreur au-dessus de leur tête?

Où donc se cache le coeur des gens lorsqu'ils vocifèrent contre l'ennemi?

Lorsque je parle du coeur des gens, je ne parle pas du coeur des gens qui vivent en Israël ou en Palestine, je parle du coeur des gens qui lisent les journaux et qui habitent Montréal, Québec, Toronto, New York, Paris, des gens de partout, polarisés à l'extrême, prêts à se tuer, prêts à prendre les armes.

Un peuple, une race-religion, qui pendant près d'une décennie s'est fait éliminer systématiquement. Un peuple qu'on a mis en cage, qu'on a réduit à l'esclavage, qu'on a gazé, qu'on a brûlé.

Une inhumanité incroyable, invraisemblable, l'oeuvre d'un malade profond, l'oeuvre d'un fou dangereux qui a su entraîner d'autres fous et ainsi répandre sa maladie sur tout un continent et même sur la Terre entière.

Une douleur qui a marqué l'imaginaire collectif du monde entier. Une douleur qui s'est inscrite dans nos gènes.

Comment est-il possible que cette douleur, inscrite dans chacun de nos gènes, laisse tant de gens insensibles à la douleur actuelle?

Une race-religion qui fut menacée de disparition. Un des plus grands génocides de l'Histoire. Comme si les gènes de cette race-religion avaient été à jamais marqués par la peur de disparaître, la peur de se faire rayer de la carte.

Comment comprendre la sécheresse des coeurs quand l'Histoire, pas si lointaine, nous fait encore et nous fera toujours sentir l'immense inhumanité de l'injustice de l'oppression des peuples?

Comment faire, quoi dire, comment agir pour que ces frères ennemis — oui, malgré les apparences, frères avant d'être ennemis, parce que nous sommes tous des êtres humains, des frères et des soeurs de cette race humaine — se réconcilient, comment aiguillonner les coeurs vers la sainte paix?

Comment apaiser ne serait-ce que les propos et les accusations mutuelles?

Comment faire découvrir le bonheur de la paix?

Est-ce que le Proche-Orient est atteint d'une maladie incurable?

J'espère de tout coeur que non. Par contre, quand on entend les discours des simples citoyens, quand on voit cette polarisation qui aveugle littéralement, on a tendance à perdre espoir.

Comme si la Terre était vouée au terrorisme pour l'éternité.

Car, c'est bien connu, le terrorisme ne prend sa source que dans le désespoir. Terrorisme et religion prennent leur source dans l'inconnu, la peur, la souffrance et le désespoir.

Il faut que les peuples se connaissent et se respectent. Il faut que ceux qui se croient ennemis pour toujours réalisent qu'ils sont de la même race humaine et finissent par se donner la main, même si celles-ci sont encore souillées de sang.

Comment se donner la main pour faire tomber les frontières et les barrières d'Israël et de la Palestine?

Peut-être en commençant par cesser d'accuser l'autre et en sortant un grand miroir pour que chacun puisse bien se regarder.

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