Libre-opinion - L'intégrité d'abord, s'il vous plaît

Les campagnes actuelles de monsieur Dumont et de madame Marois me choquent terriblement et me font très peur. On en est rendu à avoir des partis qui, pour se faire élire, sont prêts à proposer de manière on ne peut plus populiste des plans que tous deux savent très bien violent toute logique économique. Je ne peux croire en leur intégrité lorsque je sais qu'ils ont accompli de brillantes études en économie et administration à Concordia et à HEC Montréal. Ces deux chefs vilipendent le premier ministre de déclencher des élections à des fins partisanes, alors que tous deux font campagne contre le bon sens qu'on leur a enseigné dans le seul but d'assouvir leur soif de pouvoir. Ces deux partis tentent de profiter de l'insécurité de la population face à la crise économique et exploitent le manque de connaissances des citoyens en la matière pour s'attirer leur vote.

Mme Marois souhaite inventer plus de 400 millions de dollars par magie pour assurer à tous les enfants une place en garderie à 7 $. Lorsqu'on lui dit que c'est irréaliste, son parti clame que ce sera «après la récession» pour ne pas tomber en déficit. Je la trouve très optimiste, surtout lorsqu'on sait que la dernière crise de cette ampleur avait duré plus de 15 ans. Serait-elle en train de nous proposer un mandat pour l'élire pour les deux prochaines décennies? Je ne nie pas que ce soient de nobles intentions, mais à l'heure actuelle, on veut connaître ses nobles intentions en temps de crise (chiffres compris, s'il vous plaît).

Ce qu'elle a dévoilé pour la crise jusqu'à présent, c'est qu'elle souhaite s'ingérer illégitimement dans la gestion de notre argent déposé dans notre Caisse de dépôt à nous, les citoyens. La Caisse de dépôt est un organisme indépendant qui a pour mission de faire fructifier l'épargne des Québécois, pas les campagnes électorales péquistes. Le seul référendum dont on aurait vraiment besoin au Québec consisterait à savoir si oui ou non les élus politiques ont le droit de même oser mentionner le nom de la Caisse lors d'une campagne. Mme Marois, avec son bilan économique, ne devrait même pas avoir le droit de se prononcer sur le caractère d'imprimerie du rapport annuel de l'institution.

Monsieur Dumont semble s'être assagi, le terme «girouette» ne lui colle plus vraiment, il donne des chiffres, mais malheureusement pour lui, il n'a toujours pas d'équipe, il s'est avéré un piètre chef de l'opposition et son ambition semble toujours primer sur son bon sens. De plus, il tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge ou le dérange. Je pense surtout ici à sa proposition de «privatiser» une partie d'Hydro-Québec. Tout d'abord, n'importe qui ayant fait les mêmes études que M. Dumont sait que présentement, c'est le pire temps pour vendre. En voulant vendre une partie d'Hydro dans la conjoncture actuelle et en limitant le profil des acheteurs potentiels à celui de résidants québécois (diminuer la demande), il va assurer les Québécois de réaliser la plus grande moins-value sur une privatisation de société d'État depuis celles effectuées par les oligarques russes à la chute de l'Union Soviétique. Mais pourquoi vendre? La mission d'Hydro-Québec est d'être un levier économique pour une nation et non une distributrice de dividendes pour des intérêts privés. Je me trompe?

Monsieur Dumont serait certes un mauvais choix le 8 décembre, mais engendrerait certainement un moins pire déficit que le ferait Mme Marois. En ce moment, le pire scénario de catastrophe pour l'économie serait un gouvernement péquiste.

Finalement, quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi Jean Charest ne serait pas le meilleur choix (et me donner une solution de rechange avec des chiffres, de grâce)? Notre premier ministre s'est montré transparent et efficace, et son équipe est en fait la seule qui mérite d'être considérée comme telle. Le gouvernement libéral ne peut mener un agenda dynamique sur le thème de l'économie en position minoritaire et c'est la raison pour laquelle on est en élection. Le meilleur moyen de traverser une crise est l'investissement dans les infrastructures et la création d'emplois qui en découle. De plus, s'il apparaît la possibilité que l'on doive s'endetter et afficher un déficit, je préfère que ce soit sous un gouvernement qui a su améliorer notre cote de crédit sur le marché des capitaux alors que celle de la majorité des institutions diminuait. En temps de crise, je veux également un gouvernement qui créera des opportunités d'augmenter notre richesse en ouvrant notre territoire économique à l'Ontario, à la France et à toute l'Europe. Je ne crois pas qu'une équipe de xénophobes populistes ou d'isolationnistes puisse nous proposer d'aussi ambitieux projets sur le plan international.

Une dernière question aux Québécois: Pourquoi M. Charest aurait-il pris la très impopulaire décision de déclencher des élections si ce n'était, comme le disent plusieurs, que pour des fins partisanes? N'est-ce pas là une accusation des plus paradoxales?