Itinérance : pour une suite à la commission parlementaire

Le déclenchement des élections a mis un terme à la commission parlementaire sur l'itinérance qui, après s'être déplacée à Montréal, Gatineau et Trois-Rivières, se poursuivait jusqu'à mardi à l'Assemblée nationale. Voici la conclusion du message livré par le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec lors de son passage à cette commission, la semaine dernière.

Mesdames et Messieurs les députés, depuis un mois, vous avez bien fait votre job, d'écouter le milieu, les organismes, les personnes concernées pour mieux connaître les réalités de l'itinérance, mais aussi les responsabilités de l'État eu égard à cette situation.

Le message a été clair que le gouvernement doit faire plus, faire mieux, faire autrement pour réduire et prévenir l'itinérance. Dans le rapport que vous produirez peut-être, dans les engagements électoraux que vous prendrez assurément bientôt, une question cruciale demeure en suspens. Quel outil le gouvernement doit-il se donner pour diriger son action?

À ce jour, pour le gouvernement, pour le ministre Bolduc, le sous-ministre Roger Paquet, la réponse privilégiée est celle d'un Plan d'action interministériel. Je cite le journal des débats lors du passage du sous-ministre à cette commission le 23 octobre dernier... «Lorsqu'il faut faire des choix qui s'appuient sur des nouvelles valeurs, de nouveaux paradigmes, une politique est un outil approprié. Lorsque l'on connaît assez bien le phénomène, lorsque les pistes d'action sont assez claires, lorsqu'il y a une volonté commune, je préfère très nettement les plans d'action pour différentes raisons. D'abord, ils sont à rendement rapide. Au lieu de travailler sur tout l'ensemble, on fait des choix et on met notre énergie sur des objectifs à atteindre rapidement. Et personnellement, dans le cadre de l'itinérance, je pense qu'on est davantage dans une approche de plan d'action que dans une approche de politique.»

Au Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), on n'est pas d'accord avec le sous-ministre, on veut une politique pour répondre aux besoins, pour agir de façon globale justement, oui, sur tout l'ensemble de l'action gouvernementale. Parce que, comme le dit le Cadre de référence en itinérance du gouvernement, un ensemble de causes se juxtaposent pour créer l'itinérance.

L'adoption de cette Politique, on ne la voit pas dans dix ans, on ne la voit pas comme un processus d'empêchement d'apporter des réponses d'ici là. On veut une Politique parce que, pour réduire et prévenir l'itinérance, cela prend de nouvelles valeurs, un changement de paradigmes.

Actuellement, même si différentes chartes et loi disent le contraire, il y a des personnes qui sont laissées à l'abandon, condamnées à l'itinérance, parce qu'elles sont trop pauvres pour se loger, aux prises avec de multiples problèmes, elles ne sont pas capables d'avoir les services de santé dont elles ont besoin, elles n'ont pas l'appui nécessaire lorsqu'elles sortent d'institutions. Cette réalité systémique, on vous l'a abondamment décrite dans les dernières semaines. Pour la changer, un plan d'action sera insuffisant.

Après le passage du ministère de l'Éducation, celui de la SHQ, celui du ministère de la Justice, avoir rencontré le comité interministériel qui travaille sur ce plan d'action, on est loin d'être convaincus au RSIQ que la volonté est là dans tous les ministères, que leurs pistes d'actions sont claires.

Cela va prendre une politique, avec une vision globale, un échéancier et, oui, des priorités, dont nous sommes disposés à débattre.

D'ici là, oui, il y a des réponses à apporter rapidement. Le prochain budget du gouvernement du Québec doit consolider le financement de l'action communautaire en itinérance, augmenter les prestations d'aide sociale, mettre en place un plan de relance du logement social, autant de pans d'une politique en itinérance que ce budget pourra commencer à construire.