Laissons sa chance au coureur

En mars dernier, en réaction aux incidents violents survenus dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), j'ai enjoint à la ligue de me soumettre des mesures visant à éliminer les batailles entre hockeyeurs et à assurer un environnement sain et sécuritaire pour tous les jeunes du Québec qui pratiquent le hockey sur glace. Des précisions s'imposent relativement à l'annonce faite cette semaine.

L'élimination des bagarres passe par un changement de culture et de paradigme. Près d'une quarantaine de changements sont apportés aux règles, dont la moitié constituent des modifications majeures concernant l'élimination de la violence et des bagarres. Pensons seulement à l'agresseur qui s'exposera à une suspension minimale de 15 parties ou à l'instigateur d'une bataille qui sera aussitôt expulsé du match et passible de suspensions.

De plus, il ne faut pas sous-estimer l'imposition, aux entraîneurs, d'un dossier disciplinaire qui, selon les incidents survenus, leur occasionnera des comparutions devant le préfet de discipline, des amendes imposées à eux et à leur équipe et des suspensions automatiques. C'est un changement inédit.

Les règles adoptées incluent également une série de mesures de prévention et de soutien, un sujet souvent tabou dans ce milieu, s'adressant aux entraîneurs et aux joueurs. Il s'agit là aussi d'une première dans l'histoire de ce sport.

La bagarre entre joueurs consentants est inacceptable, mais l'augmentation des sanctions et des mesures dissuasives lors de la répétition d'incidents, dont j'ai toujours prôné l'importance, demeure la voie la plus prometteuse.

J'estime que le «plan de match» proposé par la ligue démontre sa volonté d'agir pour éliminer les bagarres. Manifestement, certaines personnes considèrent que ces mesures sont insuffisantes, puisque la suspension automatique n'est pas exigée automatiquement

dans toute situation. De tels propos m'apparaissent prématurés.

Croyez bien que ma détermination à mettre un terme à la violence et aux bagarres n'a jamais été aussi vive. Le monde du hockey s'apprête à faire un grand pas en ce sens. Il nous affirme être capable de prendre les choses en main. Nous jugerons du résultat au moment opportun. Seule l'expérience nous permettra de vérifier si les nouvelles règles mises en place seront appliquées avec la rigueur nécessaire pour obtenir les résultats escomptés.

La bagarre n'a jamais fait partie du jeu. Elle est interdite officiellement dans les règles du hockey sur glace depuis les années 1920. La sanction n'était toutefois pas assez sévère pour empêcher son utilisation à des fins tactiques ou de spectacle.

Le milieu semble convaincu que le contrôle de la violence et l'élimination des bagarres passent par l'instauration de sanctions sévères à l'endroit des instigateurs et des agresseurs. Je demande à voir. J'ajouterai que le sérieux de la LHJMQ dans l'application et le renforcement des règles sera un élément déterminant, de même que la mise en pratique rigoureuse de ces mêmes règles par les arbitres.

Nous suivrons d'ailleurs de très près l'exécution de ces règles. Nous agirons si les résultats ne sont pas au rendez-vous, car notre détermination demeure la même. À cette étape, nous laissons la chance au coureur. La LHJMQ affirme que son plan changera cette «culture des bagarres». L'avenir nous le démontrera.

À voir en vidéo