L'hypersexualisation: la responsabilité des médias

De nos jours, les vidéoclips que l'on présente aux enfants et aux adolescents sont de plus en plus sexuels et, de plus en plus fréquemment, on entend des hommes déclarer fièrement que «c'est le genre de vidéoclip que l'on peut écouter "sans son"». Alors que la société prend de plus en plus conscience de l'hypersexualisation des jeunes filles et de la résurgence des vieux clichés sexistes, les médias tels Musique Plus et Much Music favorisent et tirent profit de cette tendance en faisant passer en onde des vidéos qui pourraient facilement être qualifiées de porno soft. Même si les médias ne sont pas les seuls responsables de l'hypersexualisation des jeunes, il serait grand temps qu'ils prennent conscience de l'influence néfaste qu'ils peuvent avoir sur les enfants et les adolescents.

Vidéoclips ou pornographie?

Que l'on soit honnête, rares sont aujourd'hui les vidéoclips qui ont réellement un lien avec les paroles des chansons qu'ils accompagnent. Le sexe est vendeur, nous dit-on, et certains ont vite compris comment se servir de cette prétendue liberté sexuelle pour faire du profit. On pense entre autres à la créatrice des Pussycat Dolls, qui a fondé un nouveau groupe musical de jeunes filles à peine majeures, Girlicious. À travers une compétition télévisée présentée à Musique Plus et à Much Music, les jeunes filles apprenaient à être «sexy» grâce à de multiples activités, tels des cours de «danse poteau» (poll dancing). Une des participantes, qui a refusé de se donner ainsi en spectacle sous prétexte qu'elle voulait devenir chanteuse et non strip-teaseuse, a été renvoyée chez elle. Quant aux vidéoclips de ce nouveau groupe, ils reprennent tous les clichés de la pornographie juvénile: les jeunes filles entament une vidéo en costumes d'écolières ultra-courts et ajustés et font virevolter leur mini-jupe pour laisser entrevoir leurs sous-vêtements. On assiste ensuite à une scène de strip-tease au ralenti, dans laquelle les filles se dévêtent jusqu'à ne garder que leurs sous-vêtements, et le tout se termine par la typique bataille d'oreillers dans une chambre d'enfant peinte en rose.

Des images qui influencent les jeunes

Mais les vidéoclips de Girlicious ne sont qu'un exemple du contenu sexuel des vidéos que l'on montre aux jeunes. Si tous ne sont pas d'accord quant à l'impact négatif que peuvent avoir les images pornographiques sur les relations hommes-femmes, il faut toutefois garder en tête que l'auditoire-cible de ces deux chaînes télévisées est les adolescents, voire les enfants. Les médias ne devraient-ils pas être plus responsables quant au contenu qu'ils proposent aux jeunes? Car ces derniers sont influencés par ce qu'ils voient à la télévision. On n'a qu'à regarder dans la cour de récréation d'une école pour prendre conscience que les enfants reproduisent, non seulement le style vestimentaire de leurs idoles, mais aussi leurs attitudes et leurs actions. Des histoires telles que celle d'adolescentes de deuxième secondaire qui proposent de faire des fellations en vendant des «cartes à pipes» ou d'autres de sodomie à l'école primaire sont de plus en plus répandues. On peut se demander où les jeunes ont appris ce type de comportement...

Responsabilité des médias dans

la banalisation de la pédophilie

En repoussant toujours plus loin les limites de ce qui est moralement acceptable, les médias normalisent les rôles de genre sexistes, la violence sexuelle et parfois même la pédophilie. D'un côté, les médias encouragent les jeunes filles à l'hypersexualisation, à se voir comme des objets du désir masculin, et d'un autre côté, ils valorisent subtilement la pédophilie en proposant aux hommes des images de plus en plus présentes d'adolescentes sexualisées. Si les images présentées à la télévision banalisent la pédophilie d'une façon très sournoise, la pornographie offre sans gêne une panoplie de films comportant des actrices «à peine légale» qui jouent à l'enfant, quand ce n'est pas tout simplement de la pure pornographie juvénile. Il y a ici une contradiction troublante: la société réprimande la pédophilie tout en permettant la création d'un environnement propice à la pédophilie, où on nous bombarde d'images de lolitas hypersexuelles. Certes, il serait ridicule de nier la responsabilité individuelle du pédophile, mais que la société ne joue pas à la vierge offensée et comprenne qu'elle contribue à la création de ces monstres.

Alors que Viacom, le géant des médias américain, a intenté récemment une poursuite contre YouTube, exigeant que ce dernier fournisse l'identité des usagers ayant mis en ligne des vidéos non conformes aux lois sur les droits d'auteur, rien n'est fait pour démanteler les sites Internet à nature pédophile. Tout le débat entourant YouTube nous démontre que les droits d'auteur, parce que rentables, sont d'une plus grande importance aux yeux de la loi que les droits des enfants.

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1 commentaire
  • star7 - Inscrit 27 mai 2010 19 h 46

    HYPERSEXUALISATION ET MUSIQUE

    L'industrie de la musique pop est un vaste bordel de nos jours. Cet article date de 2008 et maintenant en 2010 c'est encore pire. L'hypersexualisation se reflète surtout dans l'univers musical et les vedettes féminines de l'heure de la musique comme Lady Gaga, Beyoncé, Rihanna, Miley Cyrus, Britney Spears, Cristina Aguilera et tant d'autres mises toutes sur le côté d'exhibitionnistes pour hausser leur popularité. Je ne critique pas leur "talent" de chanteuse.mais je décrie et déplore leurs techniques irresponsables pour atteindre les sommets sur les palmarès. C'est plus on choque, plus on fait parler de soi et plus on dérange. Leur but c'est de compétitionner avec les rivales de la musique à qui ira plus loin que l'autre au point de vue indécence. Le danger c'est que ces chanteuses qui croient rendre service au statut de la femme, en essayant de faire accroire que le pouvoir féminin est reliée à la capacité d'agir en prostituée ou stripteaseuse, fait reculer la cause des femmes. Ça donne des mauvais messages aux jeunes filles qui les admirent. On leur fait accroire que l'hypersexualisation est une arme de pourvoir, de force, de beauté, d'indépendance et c'est pourtant tout à fait le contraire!!! Les filles qui ne font que se déshabiller pour attirer l'attention, ce sont des filles qui n,ont aucune confiance en elle même, qui ne vivent qu'à travers les yeux de leur copains ou des garçons. Ce sont des filles et des femmes qui n'ont pas d'estime d'elles-mêmes, ce sont des filles qui se cherchent, qui n'ont pas une vraie identité et qui sont dépendantes du regard masculin posé sur elle pour s'imaginer qu'elles existent. Ça fait dur et pourtant c'est le message qui est véhiculé aux filles, partout sur la planète.