Rien de concluant

La commission Bouchard-Taylor avait un mandat difficile. Le problème que l'on appelle «accommodements raisonnables» n'est pas celui engendré par les pratiques religieuses des immigrants. C'est une question soulevée par les personnes sans croyances religieuses, dites athées, qui cherchent à éliminer la présence de Dieu dans toutes les sphères de la société. Comme elles savent qu'il est impossible d'empêcher la population de prier en privé, elles ont choisi de l'éliminer de la place publique, ce qui aura pour effet d'affaiblir considérablement la foi en Dieu dans la population en général.

L'histoire, la langue, la culture, le territoire et les institutions sont des domaines qui relèvent de l'État. L'Église n'a pas à s'en mêler. Par contre, la foi en Dieu et notre façon de la manifester appartiennent à l'Église. L'État n'a pas à s'en mêler. Nous admettons tous que l'Église s'est longtemps ingérée dans les affaires de l'État et nous lui reprochons cette attitude. L'inverse est tout aussi néfaste. Rappelons-nous la base de cette distinction: «Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.»

L'État peut bien essayer de définir des valeurs, mais il faut se rappeler que c'est la Bible qui l'inspire (ne pas voler, ne pas tuer, l'honnêteté, le respect, etc.). Depuis 2000 ans, la foi en Dieu anime les sociétés qui ont marqué l'histoire et on ne peut s'éloigner trop longtemps de ces vérités sans tomber dans des débats qui ne mènent nulle part.

En quoi la société québécoise a-t-elle évolué en demandant le retrait du crucifix, la recommandation d'interdire la récitation d'une prière aux assemblées d'un conseil municipal ou en autorisant le port du hijab? Ce n'est pas à ces questions qu'il faut réfléchir, mais à celle de la foi en Dieu. La prière, le hijab et le crucifix n'en sont que les conséquences.

Ce que nous voulons, nous les Québécois comme le reste du monde, c'est vivre heureux et en harmonie, tout en convoitant une vie meilleure. Les croyants savent qu'ils ne l'atteindront pas ici, et c'est pourquoi ils croient en Dieu, lui demandent son aide et aspirent à une vie plus heureuse.

Les conclusions du rapport Bouchard-Taylor n'apportent rien de concluant et démontrent qu'il n'est pas facile pour l'État de s'aventurer sur un terrain qui n'est pas le sien (bien que certaines sections du rapport touchent aussi les affaires de l'État). L'Église catholique nous impose le plus grand respect pour les personnes qui ne partagent pas les mêmes croyances, mais elle nous demande d'être fermes dans nos convictions et de ne pas plier devant celles qui s'y opposent.